Vu de Norge #179 : Bjoerndalen absent d’Oslo ?

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CHRONIQUE – Avec Vu de Norge et nulle part ailleurs, retrouvez toute l’actualité nordique norvégienne.

Les championnats norvégiens à Holmenkollen n’attirent pas les foules

Avant de se rendre à Lahti, les sauteurs à ski norvégiens se sont affrontés sur le tremplin d’Holmenkollen lors des championnats nationaux. C’est Robert Johansson, le moustachu volant, qui a remporté la compétition devant Johann Andre Forfang et la nouvelle sensation Marius Lindvik.

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« C’était vraiment une très bonne journée pour moi, sourit Johansson. C’est bien de faire ça après les Jeux, je me sens en forme avant la fin de saison. » Anders Fannemel, déçu de ne pas avoir participé à une des compétitions olympiques bien qu’il comprenne le choix qui a été fait de sélectionner Stjernen qui avait mieux sauté, est arrivé 5e et espère que c’est de bon augure avant le Raw Air, la tournée norvégienne.

Daniel Andre Tande, lui, a terminé 6e. Il a refusé de répondre aux médias et c’est Clas Brede Bråthen, directeur sportif du saut norvégien, qui s’en est chargé : « il avait manifestement l’ambition d’être mieux placé et de remporter ces championnats », explique-t-il.

Mais au-delà des ambitions déçues ou des résultats qui ravissent les sauteurs, le commentateur de la NRK Arne Scheie s’interroge surtout sur l’idée de tenir ces championnats sur le grand tremplin d’Holmenkollen. « Y avait-il plus de 20 spectateurs pour y assister ? s’interroge-t-il. C’est plutôt embarrassant, c’était loin de ressembler au festival habituel et il faudrait faire attention à ne pas se ruiner en organisant les championnats nationaux. »

Les organisateurs, eux, ont évalué le nombre de spectateurs à 200 mais admettent qu’ils auraient aimé en avoir plus et que ces championnats rassemblent plus de monde. « C’était mieux avant, les championnats nationaux ne sont plus un vrai événement et c’est dommage », affirme Scheie.

L’organisation en milieu de semaine n’aide pas non plus mais avec des compétitions de coupe du monde tous les week-end, les organisateurs n’ont pas eu d’autres choix. Holmenkollen pourra peut-être faire le plein de spectateurs lors du Raw Air les 10 et 11 mars prochains.

 

Iversen cherche des solutions techniques

Après une olympiade décevante, Emil Iversen a décidé de se prendre en main et de faire souffler un vent de changement sur sa technique. « J’ai fait une plutôt bonne saison, commente le fondeur. Mais je n’ai pas du tout évolué, je ne suis pas allé plus loin alors que je sais que je peux le faire. »

Et sa principale inspiration n’est autre que son coéquipier Johannes Høsflot Klæbo et son style bien particulier. « On a une nouvelle star et je crois qu’il s’entraîne un peu différemment de nous, j’aime sa philosophie alors peut-être que la solution est là », affirme Iversen.

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Emil Iversen (NOR) lors des Jeux de Pyeongchang 2018.

Mais le Norvégien se tourne aussi vers d’autres nations après sa 4e place sur le 15km classique de Lahti où il a été le meilleur représentant de sa nation. « Le résultat de cette course reflète ce qui s’est passé en classique cette année, explique-t-il à la NRK. Nous ne sommes plus les meilleurs et je crois qu’on pourrait apprendre de Niskanen et Poltoranin. »

Iversen a donc décidé d’espionner ses concurrents en visionnant au plus vite et en analysant la technique de ses adversaires pour améliorer son style en classique. Même constat pour Martin Johnsrud Sundby : « ce n’est pas du tout amusant de se faire battre mais ça motive énormément à s’améliorer », assure-t-il, concluant qu’après avoir observé leurs adversaires, les Norvégiens devraient pouvoir riposter dès l’hiver prochain.

Bjoerndalen absent d’Oslo ?

Pas de Jeux olympiques et maintenant, peut-être pas de courses à Holmenkollen non plus pour Ole Einar Bjoerndalen. C’est en tous cas que ce que le biathlète a confirmé à la NRK la semaine dernière, après avoir apparemment reçu un sms de l’équipe nationale. Per Arne Botnan, directeur sportif du biathlon norvégien a répondu que pour le moment, rien n’était sûr, préférant ne pas confirmer ou infirmer les déclarations de la légende de la discipline.

Mais hier, Emil Hegle Svendsen étant toujours malade, l’équipe nationale a affirmé que le vétéran serait finalement au départ du sprint de Kontiolahti. Une chance d’essayer de se qualifier pour l’étape d’Oslo.

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Ole Einar Bjoerndalen au micro de la NRK (capture d’écran NRK).

Si Bjoerndalen n’obtient pas de place sur la coupe du monde d’Holmenkollen, il pourra tout de même espérer terminer la saison à Tyumen en Russie, selon si tous les athlètes s’y rendent ou non, s’ils tombent malades ou restent en forme.

De leur côté, les experts NRK admettent qu’ils auraient adoré voir Bjoerndalen courir à Oslo pour ce qui pourrait bien être sa dernière saison. « Mais c’est compréhensible de laisser la place aux 6 athlètes qui ont de meilleurs résultats », complète Halvard Hanevold. Liv Grete Skjelbreid, l’ancienne championne de la discipline, espère que du coup, son ancien coéquipier ne prendra pas sa retraite et continuera encore au moins un an.

 

« Ecoute ton cœur » : le conseil de Johaug à Bjoergen

C’est le conseil que Therese Johaug a donné à son amie et coéquipière Marit Bjoergen : « écoute ton cœur ». C’est ainsi qu’elle pourra décider de continuer ou non pour une année supplémentaire. « J’ai été très touchée qu’elle dise que j’avais participé à son nouveau titre olympique, confie Therese Johaug à la NRK. Je n’aime personne plus que Marit dans l’équipe, c’est mon modèle depuis longtemps, elle a fait de moi la fondeuse que je suis. C’est peut-être une athlète incroyable mais c’est aussi une personne magnifique et une très bonne amie. »

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Marit Bjoergen (NOR) et ses 15 médailles olympiques est la Mickael Phelps des Jeux d’hiver.

 

Mais Johaug, quand elle reviendra en coupe du monde, pourrait bien ne plus être accompagnée de son accolyte puisque Bjoergen n’a pas encore décidé si elle prendrait sa retraite ou non après l’étape de Falun. « Je crois qu’elle doit avant tout écouter son cœur, elle doit avoir la motivation et l’envie de revenir », lui conseille la jeune femme, rappelant qu’elle adorerait continuer avec elle et de nouveau se battre contre elle sur les pistes.

Si elle arrêtait sa carrière, Marit Bjørgen pourrait tout de même avoir un tout nouveau poste qui lui tendrait aussitôt les bras : celui de coach de l’équipe nationale norvégienne. C’est en tous cas l’idée de Fredrik Aukland, expert NRK. « Elle pourrait contribuer à de nombreuses victoires, de nombreuses médailles en tant qu’entraîneuse, affirme-t-il. Elle s’y connaît vraiment, elle sait quoi faire pour gagner et puis ce serait bon d’avoir une femme aux commandes pour changer. »

Ragnhild Haga, championne olympique du 10 km, aime elle aussi beaucoup cette idée : « mais peut-être qu’il lui faudra faire une pause loin du haut niveau avant, en revanche il est certain qu’elle est de bon conseil et que ça ne ferait pas de mal de voir plus de femmes dans l’équipe », conclut-elle.


 

Moan comme Northug ?

Avant les Jeux olympiques, Magnus Moan a décidé de laisser sa place à Magnus Krog en tant que remplaçant de l’équipe de combiné nordique. Le Norvégien a en revanche d’ores et déjà annoncé qu’il continuerait jusqu’aux mondiaux de Seefeld en février 2019.

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Magnus Hovdal Moan (NOR) à Val di Fiemme.

 

Mais peut-être le fera-t-il en dehors de l’équipe nationale, imitant Petter Northug Jr. « Si ça doit être ma dernière année, je veux me préparer comme je l’entends, explique Moan à TV2. Je n’ai pas besoin de faire partie de l’équipe nationale pour m’entraîner du mieux possible. Je sais que je suis mieux en saut qu’avant ce qui me permet de partir de moins loin lors de la course de fond. »

Désormais, le combiné norvégien attend avec impatience la fin de la saison pour faire de nouveau ses preuves et repartir sur de bonnes bases avant d’attaquer la préparation estivale.

 

 

Les JO se rapprochent de la Norvège

C’est encore et toujours le même débat : quand les Jeux olympiques reviendront-ils en Norvège ? Pas dans quatre ans puisqu’Oslo avait retiré sa candidature avant les résultats. Peut-être dans huit ans, en 2026 ? La ville de Trondheim était en tous cas prête à sauter le pas. Et le peuple norvégien était-il prêt aussi ? Un sondage a été réalisé après Pyeongchang et les résultats fabuleux de l’équipe norvégienne et désormais, seul 47,8% de la population est contre l’organisation des Jeux d’hiver 2026.

 

Ancien membre du CIO, Gerhard Heiberg est optimiste : « je sais que beaucoup pensent que ça va coûter trop cher à la Norvège mais je suis agréablement surpris des résultats de ce sondage, explique-t-il. Il nous faut donc trouver un concept qu’il serait possible de mettre en œuvre et qui plairait aux Norvégiens, qui nous permettrait de proposer notre candidature à l’organisation des JO. » « On pourrait aussi convaincre la population grâce à la nouvelle volonté du CIO de créer des installations durables, plus respectueuses de l’environnement, ajoute Tom Tvedt, directeur du comité olympique norvégien. Oui nous voulons vraiment ces Jeux, mais quand nous serons prêts. »

 

Le CIO, de son côté, serait ravi d’approuver la candidature de la Norvège. « Le moment est venu de ramener les JO vers les racines du sport d’hiver, vers les pays qui ont une tradition, a déclaré Thomas Bach. Pour les trois dernières olympiades de Sochi, Pyeongchang et Pékin, nous avons planté de nouvelles graines mais on ne doit pas oublier les racines, nous voulons retourner aux sources. » Au-delà de ce souhait, le CIO souhaite en effet que les Jeux ne soient plus un gouffre financier comme ils ont pu l’être à Rio et à Sochi. « Paris et Los Angeles montrent que c’est possible en ayant déjà 90% des installations nécessaires construites. Nous voulons la même chose pour les Jeux d’hiver », explique Bach. La Norvège serait alors l’une des candidates idéales.une, Thomas Bach, CIO, Norvège, Norge

 

 

Klæbo, nouveau Justin Bieber norvégien

Homme fort des Jeux olympiques en remportant trois médailles d’or à seulement 21 ans, le nom de Johannes Høsflot Klæbo a traversé les frontières et atteint les Etats-Unis. Dans un reportage, CNN ose même cette comparaison : il est le Justin Bieber norvégien.

Pour la NRK, la comparaison peut se justifier : comme le chanteur canadien, Klæbo a percé au niveau mondial très jeune. On pourrait même pousser la comparaison en mentionnant leur coupe de cheveux… Mais ce qui est surtout important, c’est l’ouverture du fond en Amérique avec un fondeur norvégien invité sur le plateau de CNN. « C’est vraiment sympa d’avoir eu cette opportunité de parler de notre sport devant plein de monde », raconte le jeune athlète à la NRK.

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Johannes Hoesflot Klaebo (NOR) triple champion olympique à Pyeongchang.

 

En parallèle, Johannes Høsflot Klæbo pourrait aussi de nouveau faire de l’ombre à celui à qui on le compare le plus souvent : Petter Northug Jr. En effet, avec déjà 9 victoires sur une saison, le jeune fondeur n’est qu’à un succès d’égaler le record de son aîné qui est à 10 victoires en un hiver. Seul Sundby a fait mieux en remportant 16 courses lors de la saison 2015/2016.

 

 

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