Vu de Norge aux Jeux #2 : entre joie et larmes

Olympique
JEUX OLYMPIQUES – Nouveau : durant la quinzaine olympique de Pyeongchang, Nordic Magazine vous propose un rendez-vous quotidien, Vu de Norge spécial JO. Ou quand les Jeux sont vus et décryptés par les médias norvégiens.

 

  • Retour sur… le moustachu volant

En remportant la médaille de bronze, Robert Johansson a gagné la plus grande récompense de sa carrière jusqu’ici. Comme ses compatriotes, il sera l’un des favoris sur grand tremplin et encore plus en compétition par équipe. Pourtant, aux Etats-Unis, ce ne sont pas ses résultats qui émerveillent mais bien sa moustache.

 

Robert Johansson (NOR) –  Modica/NordicFocus.

Tous les sites américains s’en sont donnés à cœur joie, vantant les mérites de l’attribut du moustachu volant, the flying moustache. Le Washington Post assure ainsi que c’est grâce à cette moustache flamboyante que Johansson a réussi de si beaux sauts, particulièrement en seconde manche tandis que le site USA Today en a profité pour interroger le sauteur norvégien sur sa grande fierté. « Oui, je passe du temps à m’en occuper, j’utilise de la cire et j’ai même un peigne spécial moustache, explique-t-il. En revanche, je n’ai pas vraiment de modèle en terme de moustache mais il est certain que l’on en voit parfois en photo qui sont très belles et très cools. »

Robert Johansson (NOR) – Thibaut/NordicFocus.

En conclusion, le site américain convie ses lecteurs à venir admirer cette moustache qui sautera de nouveau vendredi lors du concours sur grand tremplin.

 

 

 


  • Les trois fantastiques

Tomber dans les premiers mètres, raccrocher le peloton puis aller empocher l’or, c’est presque une histoire surréaliste. Et si personne n’aurait pu prédire ce scénario, c’est pourtant ce qui s’est passé sur le skiathlon. Simen Hegstad Krüger l’emporte après une course intense et pleine de suspens devant ses compatriotes Martin Johnsrud Sundby et Hans Christian Holund. Un triplé qui fait du bien au fond norvégien et permet à la nation reine du nordique de ramener son premier titre coréen. « C’est tellement incroyable d’être là, sur la première marche ! réagit Krüger à l’arrivée. Je pensais que c’était fini pour moi après ma chute… Le classique a été difficile mais quand on est passé en skate, j’ai retrouvé la forme. J’ai vu ce que Kalla a fait hier et j’ai voulu tenter de faire de même, que c’était ma chance d’aller prendre l’or. » Une tactique qui paye puisque le fondeur de 24 ans remporte son premier titre olympique.

« On s’est beaucoup regardé, commente quant à lui Sundby. On a été un peu surpris quand Simen est parti mais on s’est dit que, du coup, il fallait qu’on assure le triplé. Bien sûr, je voulais l’or mais je suis tellement content de notre résultat d’ensemble, nous habitons au même endroit, nous nous entraînons ensemble… C’est émouvant de monter sur le podium avec ces deux garçons. »

Hans Christer Holund lui aussi dit avoir été surpris par l’attaque de son compatriote puisque Sundby et lui avaient prévu depuis le départ de tenter de creuser l’écart là où ils se sont détachés du groupe, quelques centaines de mètres avant l’arrivée. « Cette idée était incroyable, Tor Arne Hetland a fait un super travail avec cette tactique sur laquelle personne n’aurait parié », affirme Fredrik Aukland, expert du fond pour la NRK.

Simen Hegstad Krueger (NOR), Martin Johnsrud Sundby (NOR) – Modica/NordicFocus.

C’était pourtant Johannes Høsflot Klæbo que tout le monde attendait en tête à l’arrivée. « Il sera difficile de le décrocher à cause du vent qui souffle aux endroits stratégiques, affirmait Emil Iversen la veille de la course. Ceux qui resteront au chaud dans le peloton auront l’avantage et ça correspond au profil de Johannes. » Au contraire, Klæbo imaginait déjà que ce serait dur pour lui de rester dans le groupe de tête, ses concurrents sachant très bien qu’il ne vaut mieux pas l’avoir contre soi au sprint final. Résultat, aucune tactique norvégienne n’a été mise en place avant la course, le seul mot d’ordre étant de ne pas gêner ses coéquipiers et que l’un des quatre athlètes réussisse à créer l’écart avec les autres.

Johannes Hoesflot Klaebo (NOR) –  Modica/NordicFocus.

Klæbo, incapable de suivre, a donc terminé seulement 10e. « Ce qu’ils ont fait aujourd’hui était incroyable, conclut le jeune fondeur. Mais je n’avais aucune chance de garder le rythme. »

Martin Johnsrud Sundby (NOR), Simen Hegstad Krueger (NOR), Hans Christer Holund (NOR) – Modica/NordicFocus.

 


  • La débandade norvégienne

Contrairement à leurs homologues du fond, les biathlètes norvégiens ne réussissent pas le triplé, loin de là ! Comme les autres favoris de ce sprint, l’équipe scandinave passe à travers, tournant encore et encore sur l’anneau de pénalité. Celui que l’on attendait peut-être le moins, Erlend Bjøntegaard, est celui qui figure le mieux à la 5e place avec seulement deux tours.

Erlend Bjoentegaard (NOR) –  Manzoni/NordicFocus.

Le grand favori, le grand adversaire de Martin Fourcade, Johannes Thingnes Bø se manque totalement avec un 6/10 et la 31e position, bon dernier chez les Norvégiens. Son frère fait un peu mieux, 13e après s’être mis en difficulté au tir couché. Emil Hegle Svendsen, porte-drapeau de la délégation, finit 18e pour l’ouverture de ses Jeux. Siegfried Mazet, entraîneur de tir de la Norvège, fait un bilan sans concession : « c’est peut être notre pire course de la saison, il y a bien trop d’erreurs. »

Johannes Thingnes Boe (NOR) –  Manzoni/NordicFocus.

« J’étais bien en ski mais j’ai mis trop de balles dehors, analyse le cadet de la fratrie Bø. C’est dur mais ce sont les Jeux olympiques, c’est toujours dur. Surtout qu’il y en a toujours pour faire le 10/10, c’est comme ça, j’ai trop souffert des conditions. » Erlend Bjøntegaard est lui plus satisfait de sa course, malgré deux erreurs au debout. « J’étais si prêt de la médaille alors même si je suis heureux de ma course, je suis déçu de la manquer de si peu », termine-t-il au micro de la NRK.

Et pourtant, tout souriait à cette équipe en regain de forme. Depuis le début de la saison, seul Tarjei Bø a su détrôner son frère et Martin Fourcade de la plus haute marche du podium. « C’est Martin et moi depuis le début de l’hiver, affirmait Johannes Thingnes Bø à VG avant la course.

Même si ce sont les Jeux, ça ne changera rien à ça. » Son frère, avec une victoire au compteur, espérait lui aussi pouvoir jouer devant, se sachant capable de montrer de belles choses. Svendsen, enfin, confiait en conférence de presse qu’il attendait avec impatience que les deux hommes forts de la saison fassent une erreur pour en profiter et se glisser dans la brèche. Il n’aura pas réussi ce coup sur le sprint.

 


  • Et ailleurs ?

La Norvège se qualifie in extremis en curling double mixte après avoir remporté son deuxième match contre la Chine 9 à 7.

En revanche, en patinage de vitesse, la Norvège remporte une médaille de bronze sur le 5000m masculin grâce à Sverre Lunde Pedersen qui manque l’argent de seulement deux millièmes. Pas grave, le patineur espérait une médaille et il l’empoche dès le deuxième jour des Jeux.

En snowboard slopestyle, les Norvégiens se classent et manquent les breloques de peu. Staale Sandbech est 4e, Marcus Kleveland 6e, Torgeir Begrem 8e, Mons Roisland 12e.

En ski bosses, enfin, Hedvig Lessel se classe 15e.

 


  • Hors piste

Nicolay Ramm est de tous les grands évènements du ski norvégien. Ses parodies et ses vidéos humoristiques diffusées par la NRK sont désormais bien connues, les skieurs se laissent faire avec plaisir alors pour Pyeongchang 2018, il a encore frappé.

Parodiant le célèbre tube coréen Gangnam Style, le Norvégien a invité les fondeurs dans son clip assez… particulier. A vous de juger.

 

 

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