Vu de Norge aux Jeux #3 : Lundby sauve l’honneur

Olympique
JEUX OLYMPIQUES – Nouveau : durant la quinzaine olympique de Pyeongchang, Nordic Magazine vous propose un rendez-vous quotidien, Vu de Norge spécial JO. Ou quand les Jeux sont vus et décryptés par les médias norvégiens.

 

  • Retour sur… le premier titre norvégien

Jamais Simen Hegstad Krüger n’aurait pensé réussir l’exploit d’empocher l’or du skiathlon malgré une chute en début de course. Sa famille, elle non plus, n’y croyait pas. En fait, quand il est tombé, sa mère, Inger Krüger, a éteint la TV, ne voulant pas voir la fin de la course et préférant emmener sa fille sur une compétition de la coupe norvégienne. « Mais on écoutait quand même à la radio, dit-elle à la NRK. On en a pleuré avec sa sœur quand on a su qu’il était champion, on ne s’y attendait pas du tout puisqu’il avait dans l’équipe Sundby et Klæbo. On pensait qu’ils seraient avantagés par les stratégies des entraîneurs. »

Simen Hegstad Krueger (NOR) –  Modica/NordicFocus.

Son père, Lars Krüger, a quant a lui confirmé à Dagbladet à quel point il était fier de son fils. « Nous regrettons de ne pas y être, continue-t-il. Nous pensions que son format de prédilection était le 15 km et que c’était là où il avait le plus de chance de faire une bonne course, c’est pour ça que nous avons réservé notre voyage en Corée à ce moment-là. »

Pour ses parents, c’est une patience et un travail sans relâche qui ont finalement payé. « C’est quelqu’un de calme et humble, il se concentre sur ce qu’il aime mais sur le reste, il est très tête en l’air, décrit sa mère. Je crois que c’est son calme qui lui a permis de revenir de la sorte après sa chute. C’est sa grande force. »

Simen Hegstad Krueger (NOR) –  Modica/NordicFocus.

La famille du nouveau champion olympique fera le déplacement pour le 15km skate où, désormais, Krüger est vu comme un favori d’après Fredrik Aukland, expert NRK.

 


  • Une médaille en chocolat

En argent lors du sprint, Marte Olsbu espérait peut-être faire le doublé en remportant de nouveau une breloque sur la poursuite. Mais Anastasiya Kuzmina et Anaïs Bescond en auront décidé autrement, ne laissant que la 4e place et la très connue médaille en chocolat à la Norvégienne qui n’a pu lutter avec un 16/20 au tir. « Je n’ai pas su bien régler ma carabine, le vent tournait beaucoup, analyse Olsbu au micro de TV2. Mais au vu de mon tir, la 4e place est un bon résultat, j’en suis satisfaite. »

Marte Olsbu (NOR) – Modica/NordicFocus. 

En revanche, on voit un regain de forme chez Tiril Eckhoff, 24e il y a deux jours, qui termine 9e aujourd’hui, signant une belle remontée avec un 15/20. La forme sur les skis de la biathlète est prometteuse si le tir suit, ce sur quoi ses entraîneurs insistent encore et toujours.

« Laura Dahlmeier a été particulièrement impressionnante, elle est juste meilleure que nous, mentalement et sur les skis, commente Eckhoff. J’ai fait un bon début de course, offensif mais je n’ai pas su rester devant, je n’étais pas assez bonne sur le tir. Mais ça reste une bonne course si on enlève ce debout à 2/5. »

La biathlète évoque aussi le grand froid qui fait souffrir les coureurs en Corée : « je n’ai jamais porté autant de vêtements pendant une compétition, raconte-t-elle. Le vent accentue le froid et c’est ce qui rend le tout si difficile. Malgré tout, je pense être en forme alors on verra. »

Synnøve Solemdal et Ingrid Landmark Tandrevold, elles, font à peine mieux que sur le sprint, terminant 41e et 42e en partant 50e et 59e.

 


  • Et une seconde !

L’équipe masculine de biathlon ne fera pas mieux que ses coéquipières. Le seul à s’illustrer est Tarjei Bø, se battant pour l’argent jusqu’au dernier tir où il prend deux tours de pénalité. Il devra se contenter d’une 4e place arrachée à Schempp, Weger et Desthieux. Erlend Bjøntegaard fait encore une course correcte, terminant à la 9e position. En revanche, pour Emil Hegle Svendsen et Johannes Thingnes Bø, arrivés en favoris pour l’équipe norvégienne, rien ne va au tir. Avec respectivement un 15/20 et un 14/20, ils ne peuvent espérer mieux qu’une 20e et une 21e places décevantes.

Tarjei Boe (NOR) – Manzoni/NordicFocus.

La déception est unanime dans le clan scandinave. Siegfried Mazet insiste au micro de la NRK pour ne pas blâmer le vent : « il y a plus que ça, dit-il. C’est frustrant. » Le seul soulagement est de voir Tarjei Bø revenir près de son meilleur niveau après plusieurs années de maladie. « C’est triste et difficile de ne pas maîtriser la pression ou le vent, surtout que d’autres ont réussi », a réagi l’aîné de la fratrie du biathlon norvégien.

« C’est vraiment ennuyeux de faire autant de fautes, confie Svendsen. Les conditions sont difficiles mais certains s’en sortent très bien. Il faut que l’on réagisse car, pour le moment, nos débuts de JO sont mauvais. »

Johannes Thingnes Boe (NOR) – Manzoni/NordicFocus.

Ola Lunde, expert du biathlon pour la NRK, abordait le sujet du vent avant les poursuites du jour : « tout le monde savait que le vent serait un problème sur ce pas de tir, peut-être n’ont-ils pas assez travaillé», affirmait-il alors. Pour lui, l’important est de savoir “lire” le vent mais aussi prendre les décisions en accord avec cette lecture pour mettre toutes les chances de son côté.

Les Norvégiens auront l’opportunité de prendre leur revanche dès jeudi sur l’individuel.

 


  • Une médaille d’or comme une évidence

Elle était attendue et elle n’aura pas déçu. Malgré des conditions difficiles, comme lors du concours masculin, Maren Lundby a assuré le show tout en confirmant son rang de n°1 mondiale. Se jetant dans les bras de sa coéquipière Silje Opseth (16e du concours) après son deuxième saut à 110m, la Norvégienne exulte : elle est championne olympique.

Pourtant, si elle arrivait en grande favorite, tout n’a pas toujours été simple sur le tremplin de Pyeongchang. Samedi, Maren Lundby était en effet victime d’une chute à l’entraînement après avoir atterri à 111m. Heureusement, plus de peur que de mal pour la Norvégienne qui n’a souffert d’aucun contre-coup.

Maren Lundby (NOR) – Thibaut/NordicFocus.

Mais la sauteuse doit aussi faire face à la pression. « Toutes les pensées négatives imaginables me passent par la tête, expliquait-elle à la NRK avant la compétition. C’est tellement incertain : on a deux sauts tous les quatre ans pour l’emporter. Ca arrive souvent que les favoris n’obtiennent pas le titre olympique, je sais qu’il faut que je reste concentrée sur le saut, seulement le saut. » Grâce à quelques secrets qu’elle ne révèlera pas, la jeune fille réussit à garder son mental de championne lorsqu’elle s’élance en dernière position en deuxième manche, sautant pour la victoire et la médaille d’or.

« C’est fantastique, je crois n’avoir jamais travaillé avec une athlète réussissant aussi bien que Maren, s’émerveille Clas Brede Bråthen, directeur national du saut. Elle a une telle pression sur les épaules et elle sort des sauts si incroyables. On peut juste la remercier pour ce qu’elle fait, c’est beaucoup d’émotions pour toute l’équipe. » Lundby, elle, est très réaliste sur sa performance : « je n’étais pas bien sur le premier saut, je ne me sentais pas au mieux de ma forme mais ça allait bien mieux sur la deuxième manche, explique-t-elle. J’avais décidé de tout donner aujourd’hui et c’est ce que j’ai fait mais jamais je n’aurais réussi sans tout le soutien de tous ceux qui travaillent avec moi. »

Après le podium, c’est avec émotion que la nouvelle championne de saut retourne aux interviews : « je crois que je ne réalise pas encore, c’est tellement incroyable, c’est magique, c’était mon plus grand rêve, mon plus gros objectif et j’y suis parvenue », s’exclame-t-elle.

Silje Opseth, de son côté, est elle aussi satisfaite de sa compétition. Ravie pour son amie et coéquipière, elle se dit aussi contente de ses propres performances, très bonnes techniquement. Les Norvégiennes du saut repartiront donc avec des souvenirs plein la tête et une médaille d’or en poche à la maison.

 


  • Et ailleurs ?

En curling double mixte, les Norvégiens n’accèderont pas à la grande finale, éliminés par les Canadiens en demi-finale 8 à 4. Ils affronteront pour le bronze les athlètes olympiques de Russie qui ont échoué face à la Suisse.

En snowboard slopestyle, comme en biathlon féminin, la Norvégienne Silje Norendal doit se contenter de la 4e place. La snowboardeuse était particulièrement déçue d’être passée si près d’une médaille. Le directeur national de la discipline, lui, était mécontent que la compétition ait été maintenue, avec seulement deux manches, dans des conditions difficiles et presque dangereuses pour les athlètes.

 

Pas de médaille non plus en ski bosses chez les hommes où Vinjar Slatten termine 6ou bien chez les patineuses de vitesse où Ida Njatun finit 7e du 1500m.

 


  • Hors piste

Même quand tout le monde pense que Petter Northug Jr. sera absent des Jeux, le fondeur réussit à se faire une petite place. C’est ainsi qu’on a pu le retrouver en Corée cette semaine… ou presque. Les journalistes suédois d’Expressen étaient apparemment déçus que Northug ne puisse être aux JO et ils l’y ont donc amené sous forme de carton ! L’effigie du Norvégien a alors donné une petite conférence de presse, devant les micros des médias, en attendant que les athlètes arrivent pour les vraies interviews et l’annonce des équipes pour le skiathlon.

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