Vu de Norge aux Jeux #5 : record battu pour Klæbo

Olympique
JEUX OLYMPIQUES – Nouveau : durant la quinzaine olympique de Pyeongchang, Nordic Magazine vous propose un rendez-vous quotidien, Vu de Norge spécial JO. Ou quand les Jeux sont vus et décryptés par les médias norvégiens.

 

  • Retour sur… Dæhlie à Nagano

En 1998, aux Jeux olympiques de Nagano, le Kenyan Philip Boit donne tout sur la piste de ski de fond. A l’arrivée, il est 92e et bon dernier du 10km classique. Mais peu importe, il reste la belle image de ces Jeux en fond lorsque dans l’aire d’arrivée, Bjørn Dæhlie qui était sacré vainqueur de l’épreuve depuis bien longtemps vient le saluer et le féliciter de sa course. En hommage, Boit nommera son fils Dæhlie. Il participera ensuite aux Jeux de Salt Lake City et Turin mais ne se qualifiera pas en 2010 à Vancouver. Jusqu’ici, il était le seul Kenyan à avoir participé à des compétitions olympiques d’hiver.

 

Mais 20 ans après cette image, Philip Boit est ravi : sa compatriote Sabrina Simader prendra le départ des courses d’alpin. « Je suis tellement heureux, confie l’ancien fondeur à Dagbladet. Je pensais que plus jamais le Kenya ne serait représenté aux Jeux d’hiver. Maintenant, Sabrina doit faire mieux que moi et amener plus de nos compatriotes à s’intéresser aux disciplines des sports d’hiver. » Un exploit qui serait possible puisque la jeune fille a grandi dans les alpes autrichiennes alors que Boit n’a vu de la neige pour la première fois qu’en 1996, deux avants ses premiers JO. « C’était plus dur pour moi, confirme-t-il. Je me suis vraiment demandé ce que je faisais là la première fois. » Sabrina Simader, quant à elle, est ravie de vivre cette aventure coréenne : « c’est un rêve devenu réalité, c’était très émouvant à la cérémonie d’ouverture », confie-t-elle.

 


  • Falla se contente de l’argent

Les Norvégiennes dominaient leur sujet. Il n’était pas rare de les voir truster toutes les places du podium. Pourtant cette saison, elles perdent quelques couleurs. Pour preuve, il n’y a qu’une de leur représentante en finale du sprint classique des Jeux.

Mais ce n’est pas l’adversité qui fait peur à Maiken Caspersen Falla. La Norvégienne se battra jusqu’au bout pour aller chercher un deuxième titre olympique qui lui échappera au final face à Stina Nilsson.

« Elle le mérite tellement, c’était une belle bataille mais Stina était meilleure, confie Falla à l’arrivée. J’ai choisi de m’économiser en première partie et d’attaquer sur la fin mais ce n’était pas la bonne stratégie avec le vent, j’aurais pu faire mieux mais l’argent c’est déjà tellement bien. J’ai passé une très bonne journée, une très bonne compétition, c’était super. »

Heidi Weng, elle, s’arrête en demi-finale, 11e de la compétition. La championne 2016-2017 pourra de nouveau tenter d’aller chercher la médaille lors du 10km skate afin de se rassurer. Après le prologue, la Norvégienne se contentait de raconter les difficultés tactiques qu’elle rencontrait sur la piste, ne sachant où se placer pour récupérer des secondes précieuses.

Quant à Ingvild Flugstad Østberg, gênée lors de son quart par Justyna Kowalczyk, elle n’ira pas plus loin, tout comme Kathrine Harsem. « C’est vraiment ennuyeux, réagit Østberg au micro de la NRK. Je me sentais tellement bien, j’aime beaucoup la piste. Mais je pense que Kowalczyk est allée à l’encontre des règles, j’ai perdu beaucoup de vitesse et ça m’a empêché de rattraper et de me qualifier. Ca reste prometteur pour jeudi ! » Harsem, elle, tente de relativiser malgré quelques larmes : « je me sentais 100 fois mieux en quart que pendant la qualification alors c’est déjà très bien. Mais j’étais incapable de rester assez proche de Stina Nilsson.  »

 


  • Klæbo en maître

Même constat chez les hommes : on pouvait s’attendre à ce qu’ils fassent de nouveau une démonstration de force sur le sprint après le triplé sur le skiathlon. Finalement, ils ne pourront compter que sur Johannes Høsflot Klæbo qui confirme son statut de numéro 1 mondial en remportant avec la manière le sprint olympique. S’il a échoué sur sa première épreuve, il se rattrape de la meilleure des façons en prenant la médaille d’or. « C’est le meilleur sprinteur du monde, se contente de dire Fredrik Aukland, expert NRK. Je n’ai même pas les mots pour le décrire, c’est un modèle fantastique pour les jeunes fondeurs et il amène de vraies nouveautés techniques, c’est génial. »

Le grand-père et entraîneur du nouveau champion était présent à Pyeongchang pour soutenir sa star. Emu, il ne peut que s’émerveiller de ce qu’a fait son petit-fils. Arild Monsen, coach de l’équipe de sprint, est lui aussi ravi : « c’est tellement incroyable, fantastique, c’est tout ce que je peux dire ! » Emil Iversen, 8e du sprint, ne peut que se réjouir pour son jeune compatriote : « je suis plus qu’heureux pour Johannes, confie Iversen avec le sourire. Je ne crois pas que les gens réalisent la pression qu’il doit supporter, ce qu’il a fait est juste merveilleux, il a très bien géré son stress. »

Johannes Høsflot Klæbo, désormais plus jeune champion olympique de ski de fond à 21 ans, a le même sentiment que tous ses prédécesseurs : « c’est inimaginable, c’est à peine descriptible ce sentiment que j’ai eu quand j’ai vu que j’avais gagné, affirme-t-il. Je peux enfin me détendre et profiter, je n’ai plus ce poids sur les épaules pour les courses à venir. »

Johannes Hoesflot Klaebo (NOR) –  Modica/NordicFocus.

Pål Golberg, qui a aussi accédé à la finale, prend lui la médaille en chocolat, à 3sec de son coéquipier. « J’avoue être un peu déçu, j’étais tout proche et je n’aurais peut-être plus jamais cette opportunité, confie-t-il après la course. Je suis en forme mais je n’ai pas bien géré la première partie de la piste. »

Emil Iversen (NOR) – Thibaut/NordicFocus.

Paal Golberg (NOR) –  Thibaut/NordicFocus.

Emil Iversen s’arrête en demi-finale alors que Erik Brandsdal n’a pas pas passé les quarts. « Ce n’était pas un très bon jour pour moi, explique Iversen à Dagbladet. Je suis déçu de ne pas faire mieux alors que c’était le point d’orgue de la saison mais je n’étais juste pas le meilleur. » Brandsdal fait le même constat, expliquant n’avoir pas pu profiter d’une forme correcte pour aller en demi-finale voire plus loin.

Arild Monsen aura désormais la dure tâche de choisir qui accompagnera Klæbo sur le team sprint mercredi prochain.

 


  • Et ailleurs ?

Pas de médaille pour la Norvège en curling double-mixte. Après avoir été battu en demi-finale par le Canada, les scandinaves n’ont pas réussi à vaincre les athlètes olympiques de Russie pour la médaille de bronze.

Sverre Lunde Pedersen, patineur de vitesse, est lui aussi passé à côté, terminant 9e du 1500m masculin alors que son coéquipier Sindre Henriksen est 7e.

En alpin, les descendeurs n’auront pas pu lutter face aux slalomeurs lors du combiné. Kjetil Jansrud, meilleur Norvégien du jour, est 7e. Aksel Lund Svindal n’aura pris part qu’à la descente, pas au slalom.

 


  • Hors piste

Nicolay Ramm est de retour ! Cette fois, il ne parodie pas un tube coréen mais les athlètes de son propre pays. Bjørndalen, Sundby, Bjørgen, Klæbo, tout le monde a droit à sa petite parodie !

 

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