Entre mer et montagne

Monter dans une navette pour rejoindre le Parc olympique d’Adler, c’est entrer dans un autre monde, comme si on passait en moins d’une heure de la Vallée de la Maurienne à la Côte d’Azur. Le contraste est saisissant. D’un côté, Krasnya Polyana ou Rosa Khutor, longues vallées étroites qui s’ouvrent sur les pentes escarpées du Caucase. De l’autre, Adler la Balnéaire où les installations des sports de glace sont posées à un ricochet de la Mer Noire.

Sochi

Un peu plus loin, Sochi, la ville, où nous ne mettrons certainement jamais les pieds. La douceur est printanière et le choc de culture total. On reconnaît ceux qui descendent de la montagne à leurs chaussures crottées et leurs épais blousons. Les gens d’en-bas passent d’une patinoire à l’autre en tenue de ville et mocassin.

Hockey sur Glace

Pour les Russes, le cœur des Jeux bat en bord de mer. C’est là que tombent les médailles. C’est là que se jouent les plus beaux épisodes de leurs sports préférés. L’Iceberg Skating Palace a fondu, dimanche, lorsque la Russie a remporté, sous les yeux de Vladimir Poutine, l’épreuve par équipes de patinage artistique. Le Bolshoy Ice Dome, demi-lune métallique avec vue sur la mer, est en ébullition avec l’ouverture du tournoi de hockey sur glace.

L’enjeu des Jeux, pour la Russie, c’est la médaille d’or en hockey, ce sport qui, tant de fois, s’est mélangé avec les symboles politiques. La bataille de tranchée gagnée par les Tchèques face aux Soviétique en 1968 était plus qu’un simple match. A Grenoble, il y eut du sang sur la glace avant que les chars ne pénètrent dans Prague.

Sochi

Le « miracle sur glace » des Américains  face à l’URSS en 1980 eut pour les deux pays une évidente portée stratégique.

L’heure n’est plus à la Guerre Froide mais Vladimir Poutine et tout un peuple rêvent de voir leurs colosses terrasser Américains et Canadiens pour conquérir une médaille d’or qui les fuit depuis… 1988. Vladimir Ovechkin, l’arme fatale des Washington Capitals, est le Zidane du hockey russe et la pression est terrible sur ses épaules de dur à cuire. L’ambiance, sous les tubulures d’acier de l’impressionnante. Des « Rou-Ssi-A, Rou-Ssi-A » multipliés par 12 000 les poussent et les transcendent. Ici, il fait torride.

Mais remontons là-haut où, pour nous, l’or est à Laura. La lumière y est tendre et, sous la pleine lune, Fourcade est un Martien.  Chacun ses Jeux. Les nôtres ont un petit air du nord qui nous plait.

Sochi
Photos : Yves Perret/YPM

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