Ep. 1 : « Le Tour avec des ambitions élevées »

J’ai découvert le Tour de France en 2013 sous les couleurs de l’équipe Sojasun. Six mois plus tôt, j’étais encore vététiste, loin, si loin de la Grande Boucle et de cette passion incandescente qui embrase les routes de juillet.

Enfant, avec mon père, mes cousins et des voisins, nous avions l’habitude de planter la tente sur les pentes de l’Alpe d’Huez. C’était le milieu des années 90 et Richard Virenque était mon idole. J’adorais cette ambiance de fête, avant de voir, enfin, le peloton passer devant nous.
J’ai posé mes roues sur le Tour 2013 sans trop savoir quoi en attendre avec la foi du débutant et l’envie de ne pas laisser filer cette chance unique. J’en garde un souvenir émotionnellement fort. Dès la troisième étape, en Corse, je m’étais glissé dans une échappée. Moi, le novice, je me retrouvais à l’avant de la plus grande course du monde, entre deux haies de spectateurs hilares qui m’encourageaient. Même concentré sur mon corps, mon cœur et mes jambes, j’ai pu sentir ce que signifiait la ferveur populaire du Tour.
J’ai aimé, aussi, grimper au sommet de l’Alpe d’Huez car c’était un lien direct avec mon enfance, mon père et ces moments de partage et de bonheur. Enfin, j’ai eu la chance de terminer la course et de déguster la dernière journée et le tour d’honneur sur les Champs Elysées.

 

Comme beaucoup de coureurs, je rêve d’une victoire d’étape.

 

Dans quelques jours, je participerai à mon deuxième Tour de France. Le contexte est nécessairement différent. J’évolue désormais sous le maillot de l’équipe AG2R LA MONDIALE et nos ambitions sont élevées. Romain Bardet et Jean-Christophe Péraud, nos deux leaders, espèrent figurer au sommet du classement et, pour ma part, je dois être là pour les épauler dans la montagne, là où se joue le sort de la course.
Lors du dernier Critérium du Dauphiné, j’ai senti que j’étais en forme et que je pouvais me retrouver à la bagarre avec Nibali, Froome et les autres même s’ils ont encore de l’avance sur moi. Ce qui est important, c’est de savoir que le meilleur niveau est humain et qu’il n’est pas surréaliste d’avoir des ambitions.
Ces derniers jours revient souvent la question de mes ambitions. Comme beaucoup de coureurs, je rêve d’une victoire d’étape, d’un maillot distinctif, de rouler dans une équipe soudée qui se bat durant trois semaines pour des leaders qui jouent avec les plus grands.

Durant ces trois semaines, je vous donnerai régulièrement de mes nouvelles, très heureux de permettre aux internautes de Nordic Magazine de partager mon quotidien.
Car même si j’ai la chance de pratiquer mon sport aux quatre coins du monde, mon petit coin de Jura est toujours présent dans mon cœur.

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