Etienne Daille : « Je viens chercher l’or »

A 22 ans, le jeune kayakiste de l’Ain participe à Londres à ses premiers Jeux, en slalom. Mais ses récents résultats internationaux en font l’un des favoris pour le titre. Et il ne fait pas mystère de ses ambitions.

Etienne, êtes-vous le favori pour le titre olympique du kayak monoplace ?
Etienne Daille : Favori, ce n’est pas à moi de la dire, mais plutôt à la presse. Disons que je fais partie des candidats les plus sérieux à une place sur le podium. Ma discipline est extrêmement dense, au moins huit des vingt concurrents peuvent l’emporter. Mais je suis en tête de la Coupe du Monde de K1, j’ai gagné deux des trois dernières étapes de la Coupe du Monde. Et la troisième, je ne suis battu pour la victoire que de deux dixièmes de seconde. Même si une médaille me satisferait, je peux dire que je viens chercher l’or.

Et pourtant, vous êtes un peu l’invité-surprise de cette équipe de France de slalom…
C’est vrai. En début de saison, je ne faisais pas vraiment partie des gens les plus souvent cités pour la sélection olympique. Je n’avais jamais atteint une finale de Coupe du Monde. Mais, à partir du mois de septembre, j’ai demandé à mon père de m’aider à préparer la saison. Et aux sélections françaises, à Pau, j’ai gagné mon billet, devant des athlètes dotés de très gros palmarès, comme Fabien Lefèvre et Boris Neveu. Il faut croire que cette épreuve a constitué un déclic, car depuis je suis monté trois fois sur le podium en Coupe du Monde.

Chez vous, le canoë-kayak est une affaire de famille ?
Oui. Mon père a été international, mon oncle est l’actuel directeur de l’équipe de France. Et ma mère, d’origine tchèque, a également fait carrière dans le canoë-kayak. Mais je me suis démarqué de mon père et mon oncle, tous deux spécialistes du canoë, en optant pour le kayak monoplace. Sans doute par que je voulais affirmer ma différence. J’ai plutôt penché du côté maternel. Ma mère pratiquait le K1, sous les couleurs de la République Tchèque, la seule discipline olympique en canoë-kayak féminin.

BONUS :

Dans ce reportage de L’EquipeTV, Tony Estanguet (C1), d’abord, et Etienne Daille (K1), ensuite, évoquent leur motivation pour les Jeux olympiques qui ont débuté aujourd’hui à Londres.

« Je viens chercher l’or », ne cache pas le kayakiste de Poncin. Il revient notamment sur l’excellent début de saison qu’il vient de vivre : « Mon année est déjà plus que réussie. J’ai déjà fait un énorme bon dans ma carrière. » Aussi, « il n’y aura donc de grosses déceptions».

La feuille de route est chargée. En Grande-Bretagne, il se sait dans « une catégorie très dense où, dans chaque course, je suis obligé de prendre des risques ». Il dit toujours en garder pour la finale. On ne peut que l’espérer.