Fabrice Guy : « Le vélo, c’est mon oxygène »

5/7. Suite de notre série consacrée aux relations qu’entretiennent les athlètes nordiques avec le vélo. 

 

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A l’heure de la reprise de l’entraînement, les champions de l’hiver ressortent les vélos avant d’attaquer le travail spécifique. Un réflexe qui n’en était pas un du temps de Fabrice Guy. A son époque, le champion olympique de combiné nordique 1992 faisait du cyclisme à l’encontre de ses coachs qui le considérait comme inadapté.

 

Pourquoi faisiez-vous du vélo l’été quand vous étiez athlète ?

Comme on faisait 6 à 8 séances d’aérobie par semaine, le vélo me permettait de faire une discipline un peu différente. J’ai toujours aimé faire du vélo. Je sortais beaucoup au printemps avant de reprendre le saut. Là, j’abandonnais la roue et je m’accordais du VTT, une fois par semaine. Contrairement au vélo de route, on puise moins dans les fibres rapides en VTT, ce qui fait qu’on a un peu plus de jus pour le saut.

 

Pourquoi aimez-vous le vélo ?

Peut-être parce que j’en ai toujours fait avec mon père et mes oncles. Ca me changeait du ski ou de la course à pied et puis, j’avais la chance d’être dans une région où les routes ne sont pas trop dures mais vallonnées et variées.  Le vélo, c’était mon oxygène. Je faisais 1 500 kilomètre par an à peu près. Sans ça, je saturais.

 

Qu’est-ce que ce sport vous apportait en vu de votre saison hivernale ?

Une endurance différente, obtenue avec moins de chocs qu’en course à pied ou en ski à roulettes qui tape toujours avec les bâtons. Je sentais que ça me faisais du bien. Je le sentais au fond de moi.

 

A votre époque, les préparations étaient très différentes. Est-ce que le vélo était déjà utilisé par les entraîneurs pour mettre en condition les athlètes ?

Les coachs ne voulaient pas qu’on en fasse car ils disaient que ce n’était pas adapté. Dans le temps, on avait tendance à tirer des gros plateaux, alors qu’en fait, il aurait suffit de mouliner petit plateau. On s’en est rendu compte depuis qu’en fait, le vélo était utile dans la préparation.

 

Ce sont donc vous les athlètes qui avez fait comprendre aux coaches l’intérêt du vélo ?

Au début, mon coach Jacques Gaillard était amateur de vélo donc il ne nous freinait pas trop. C’est ensuite notre préparateur physique qui préférait qu’on n’en fasse pas trop.

 

Aujourd’hui, le vélo est privilégié pour la récupération. Etait-ce le cas  votre époque ?

Non. Je sais qu’après une grosse séance de course à pied, j’allais faire du vélo. Personne ne le faisait mais, je le privilégiais déjà comme une séance d’aérobie plus facile. Aujourd’hui, ça a changé et tout le monde s’y est mis. C’est une question de cycle. A un moment, il ne fallait pas faire de musculation puis on est arrivé et on en a fait des tonnes. Avant on était fou d’une technique particulière maintenant on l’a oublié car elle détruisait le dos et les fibres. Fut un temps, il ne fallait pas faire d’étirements non plus. En 20 ans, la préparation a vachement évolué. C’est beaucoup plus pointu.

 

Faites-vous encore du vélo aujourd’hui ?

Plus que jamais. Maintenant que j’ai arrêté d’entraîner les grands, c’est le seul sport que je pratique encore et qui me permet encore de faire des courses. Le ski de fond, je n’ai plus le temps ; courir, ça casse trop le dos donc le vélo est la dernière chose qui me reste pour me changer les idées et me faire du bien.

 

Vous arrive-t-il de sortir avec les combinés lors de leurs entraînements ?

Ça arrive. J’essaye de leur montrer que j’ai encore des bonnes jambes mais l’âge et puis le poids  ne sont pas à mon avantage. Du coup, j’essaye de me montrer un peu plus malin, à l’expérience.

 

Photo : Nordic Magazine
Demain : Guillaume Lalevée

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