François Bailly-Maitre : « Ça va être difficile de gagner la Forestière dimanche »

François Bailly-Maitre, double tenant du titre de la Forestière qui se déroule ce dimanche, aborde le 100 km avec modestie. Il détaille le parcours et l’ambiance de cette course qu’il connaît par coeur dans ce long entretien accordé à Nordic magazine.

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François Bailly-Maitre, dans quelques jours, vous défendrez vos deux victoires acquises en 2009 et 2010 sur le 100 km de la Forestière. Dans quelle forme êtes-vous actuellement ?
En effet, je serai au départ à Prémanon Dimanche. Je ne suis plus au même niveau que les années précédentes. Donc, sauf surprise, je ne m’attends pas à gagner une nouvelle fois. Je travaille aujourd’hui au Parc Naturel régional du Haut-Jura et il est plus difficile de s’entrainer, je suis donc moins confiant.

Cette épreuve marathon se déroule un peu dans votre jardin, cela doit donner des ailes de courir sur “vos” sentiers et devant le public jurassien ?
Il est vrai que c’est très sympa de courir sur ses terres et d’être encouragé par les gens que l’on connait, c’est en avantage par rapport aux autres concurrents. Je pense aussi qu’il est aussi pour les locaux qui n’ont pas l’habitude de nous voir, d’avoir un aperçu de ce qu’est une épreuve de VTT.
Je n’ai pas envie de décevoir les spectateurs qui se sont peut être habitué à voir gagner un jurassien sur la Forestière, mais ça va être difficile pour moi !

Quelles sont les spécificités de ce 100 km dans l’univers des courses marathon ?
Le profil de l’épreuve est assez atypique, avec une itinérance, partir d’un point pour arriver à un autre, qui permet de découvrir des paysages variés. Mais au niveau du circuit, la Forestière reste une épreuve assez courante avec de nombreuses portions roulantes ! Cependant, l’époque à laquelle se court la forestière implique un terrain glissant quelque soient les conditions climatiques : même s’il ne pleut pas, avec la rosée automnale, les galets de calcaires sont très glissants. Autre chose, je me souviens l’année dernière où j’étais fier que la course se fasse sous un ciel tout bleu, ce qui a permis à tous les concurrents de découvrir le décor que le circuit nous offre, je pense que c’est un facteur de la réussite de cette épreuve et j’ai plaisir à y participer lorsque le soleil est de la partie.

Quand on a remporté une fois cette épreuve, on a envie de recommencer”

Après deux victoires, on peut imaginer que l’objectif sera la passe de trois ?
Évidemment lorsqu’on a remporté une épreuve, en plus d’une si belle renommée, qui plus est à domicile, on a envie de recommencer. Malheureusement la loi du sport est dure, et sans un entrainement au niveau de l’épreuve il est difficile de défendre un titre : on verra dimanche. La surprise ne peut être que bonne !

Quels seront vos adversaires les plus sérieux ?
Il y en aura beaucoup : je ne sais pas qui sera présent, mais je pense à Alexis Vuillermoz pour qui la saison a été difficile, je pense qu’il sera en forme et aura envie de se faire plaisir à domicile. Il pourrait bien être le vainqueur à Oyonnax. Sinon, je pense à Thomas Dietsch, l’habitué…
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Il y a encore peu de temps, vous tourniez sur le circuit coupe du monde de cross-country avec les Absalon, Marotte, Tempier, Vuillermoz (…) sur des formats courts d’environ 1h45. Qu’est ce qui vous a attiré vers le VTT marathon ?
J’ai toujours couru en Marathon à la fin de chaque saison. Maintenant je pratique plus le marathon puisque je m’y retrouve plus au niveau de mes qualités intrinsèques (endurance, pilotage) : en XCO aujourd’hui il n’y a de la place que pour un profil de pilote ! ET j’avais du mal à trouver du plaisir à toujours tourner en rond sur les circuits pas souvent plaisants !

En enduro, j’ai le plaisir du pilotage avec une pointe de physique”

Votre technique très pointue vous permet également de vous aligner (avec succès) sur les coupes de France d’enduro ou sur la Transvésubienne (la référence ultime) que vous avez remporté cette année et en 2009. Cela présage-t-il d’une reconversion ?
Je le crois bien, je me fais davantage plaisir sur ce type d’épreuve qui correspondent plus à ce que je recherche en VTT, profiter du paysage, de la nature,… et garder des notions de pilotages en d’endurance sur des dénivelés assez importants ! En enduro, j’ai le plaisir du pilotage avec une pointe de physique, ça me convient d’autant plus que je trouve moins de temps pour m’entrainer ! Mais du coup, je serai moins saignant sur une épreuve comme la forestière où le XCO représente une excellente préparation !

Côté matériel, quel vélo utiliserez-vous pour la Forestière ?
J’utiliserai mon vélo habituel en XC cette année, un SCOTT Spark RC, il s’agit d’un VTT tout suspendu bien adapté aux épreuves marathon, équipé en Sram XX, avec une fourche SID 120 mm amortisseur DT SWISS 90 mm.

Serez-vous, début octobre, au départ de l’Extrem’ sur Loue, l’autre marathon de renom du massif jurassien ?
Je ne pense pas, cela fait plus de 6 ans que je suis au départ tous les ans, et mon manque d’entrainement cette année ne me pousse pas à m’y aligner. L’épreuve est difficile autant physiquement que moralement. La décision n’est pas encore prise et je sais que je peux changer d’avis au dernier moment, on verra !


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