François Gonon : « Etre champion du monde ? ça fait plaisir ! »

Le coureur d’orientation installé à Lamoura, sur la station des Rousses, sportif de haut-niveau en contrat avec la Gendarmerie et licencié à O’Jura a décroché l’or mondial sur l’épreuve par équipes, en plus de sa médaille de bronze glanée sur l’épreuve longue distance. Il est sacré aux côtés de Thierry Gueorgiou qui obtient son dixième titre planétaire et Philippe Adamski. Il commente pour skinordicmagazine.com cet exploit réalisé sur le site de Savoie – Grand Revard.

  François, être champion du monde de course d’orientation, ça fait quoi ?
Ça fait d’abord plaisir ! D’un point de vue personnel, c’est un aboutissement par rapport à mon investissement dans ce sport que je pratique en équipe de France depuis 1993 : c’est le sentiment de récolter les fruits du travail effectué toutes ces années.

A 31 ans, vous affichez une sacrée expérience en course d’orientation !
Oui, j’ai commencé très tôt à m’investir sérieusement dans ce sport qui correspond vraiment à l’idée que je me fais du sport nature. Nous ne sommes pas dans les sentiers battus, parfois dans des lieux secrets même et quand on ajoute le côté ludique de la navigation mentalement très exigeante avec carte et boussole, on obtient une complémentarité qui me passionne.

Ça a même presque été facile cette fois”

Avant cette médaille d’or, vous avez brillé la semaine dernière sur l’épreuve longue distance individuelle.
Oui, tout comme les copains de l’équipe, j’ai fait l’impasse sur une des trois épreuves individuelles. Sur la longue distance, malgré une erreur de plus de 5 minutes, j’ai réussi une fin de course exceptionnelle pour décrocher la troisième place ! Et sur la moyenne distance, je prend la 6e place à 45 secondes de la seconde. C’était très serré.

Comment s’est passée cette épreuve qui sourit enfin au trio français après être passé tout près pendant nombreuses années ?
C’est vrai qu’il nous est arrivé des trucs impensables ces dernières années sur cette course. Il y a trois ans, nous sommes en tête du dernier relais, la course est quasi gagnée mais notre dernier relayeur marche sur un essaim d’abeilles et se fait piquer dans la gorge ! L’année suivante, France et Suède se tirent la bourre mais en chutant, le Suédois se plante une branche dans la cuisse : mon collègue lui porte logiquement assistance et l’an passé, en oubliant un poste, on termine 8e au lieu de gagner… Mais cette année, le sort ne s’en est pas mêlé et la course s’est bien passé. Avec une belle médaille dorée à la clé, ça a même presque été facile !

Notre équipe est parmi les meilleures du monde”

Vous êtes titré aux côtés d’une légende de votre sport Thierry Gueorgiou. Que vous a-t-il apporté ?
C’est en effet le numéro un mondial et dix titres planétaires à son actif ! Nous avons une histoire particulière tous les deux : nous avons grandi ensemble dans le même immeuble à St-Etienne, découvert la CO en même temps au pôle France où son papa était entraîneur et on a progressé ensemble en équipe de France. Et aujourd’hui, après des années de travail individuel et collectif, notre équipe est parmi les meilleures du monde avec les Scandinaves, des pays où ce sport est roi.

Vous êtes originaire de Saint-Etienne et êtes venu vous installer à Lamoura pour vous préparer au mieux. On dirait que l’air jurassien vous réussit bien !
Je suis venu en 1994 faire la course “des cinq jours de France” et j’ai accroché tout de suite car pour moi, le massif jurassien, c’est la Scandinavie française. Après un an passé en Norvège pour préparer les mondiaux de Trondheim, la question ne s’est pas posée longtemps pour savoir où je poserais mes valises ! J’ai pu préparer au mieux les mondiaux de la Féclaz et suis bien placé pour peaufiner ceux de 2012 à Lausanne.

Quelle est la suite du programme ?
Un peu de repos… avant de repartir deux semaines en Suède en septembre où je cours pour mon autre club, l’IFK Goteborg. C’est d’ailleurs intéressant de baigner dans cette double culture : là-bas, je suis très connu et quand je rentre en France, je retombe dans un anonymat idéal pour travailler sereinement.


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