Biathlon | Frédéric Jean : « progresser pour jouer devant le plus souvent possible »

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BIATHLON – Après une première année mitigée à la tête de l’équipe de France féminine, Frédéric Jean s’engage dans une nouvelle saison avec Franck Badiou, promu entraîneur du tir. Au terme du stage de préparation à Antholz, il livre ses impressions sur la forme, l’état d’esprit du groupe, avant d’évoquer les objectifs pour la saison prochaine.

 

Biathlon : « Le groupe filles est plutôt en forme »

  • L’équipe de France vient de terminer son stage en Italie à Antholz. Pouvez-vous nous faire un état des lieux de la forme de l’équipe avant la deuxième étape du Samse Biathlon National Tour à Arçon ?

>Effectivement, nous terminons un stage à Antholz qui s’est très bien déroulé. Le groupe filles est plutôt en forme au vue de la grosse période de travail effectuée. J’ai adapté l’entraînement pour Anaïs Bescond en fonction de son genou. Cela va dans le bon sens.  Les séances de skating ont été faites à plusieurs reprises. Elle a pu effectuer la totalité des séances spécifiques.

L’entraînement a été adapté en fonction des sensations de chacune afin de travailler au mieux. Nous entrons dans une nouvelle période avec le prochain stage au centre national d’entrainement à Prémanon ainsi qu’une semaine à Arçon avant la 2e étape du Biathlon National Tour justement. Le but de ces courses sera de valider le travail fait, mais aussi de remettre un dossard officiel suite à la première étape.

Le site d’Arçon est reconnu des athlètes et par l’engouement du club organisateur qui rassemble un monde fou chaque année. Donc à vos agendas, ça devrait être une belle fête du biathlon !

 

BIATHLON - Voilà 25 ans que l'équipe de France dames ne s'était pas imposée sur le relais de Ruhpolding. Retour en images sur une victoire nette et sans bavure de Julia Simon, Anaïs Bescond, Justine Braisaz et Anaïs Chevalier.

Julia Simon (FRA), Anaïs Bescond (FRA), Justine Braisaz (FRA), Anais Chevalier (FRA) – Tumashov/NordicFocus.

 

 

  • Ce stage à Antholz devait vous permettre de faire le plein d’infos avant les Mondiaux. Mission remplie?

Oui, le but de notre stage à Antholz était de s’entraîner à cette altitude. Un peu plus haut que 1 600 m, qui n’est pas commun par rapport aux autres stades que l’on a le reste de l’hiver. Cela nous a permit de voir comment évoluaient les athlètes et leurs sensations, en faisant des séances spécifiques.

Les coachs de tir ont pu également prendre le temps d’analyser le pas de tir en organisant des séances spécifiques. Car à la différence de l’hiver où on a très peu de temps pour analyser, on a le loisir de prendre toutes ces marques qui nous aideront pour février prochain, c’est sur !

Pour certains, c’était la découverte du stade, des lieux donc toujours bon à prendre. Un travail sur les logements a été également réalisé pour peaufiner tout ça et arriver dans les meilleures des dispositions.

 

« Avec Franck, l’entente est très bonne »

 

  • Après le départ de Vincent Porret, Franck Badiou est désormais l’entraineur du tir. Comment se passe votre collaboration. Qu’a-t-il apporté de différent à vos athlètes ? 

Cela faisait plusieurs saisons que je travaillais avec Vincent Porret. Nous constituions un binôme. On avait commencé ensemble sur l’IBU Cup puis découvert la coupe du monde l’an dernier. Mais au printemps dernier, Vincent est parti. Je suis maintenant avec Franck Badiou. Bien entendu il faut se ré-adapter car avec Vincent on se connait depuis 20 ans.

Mais avec Franck, nous sommes arrivés dans le Jura la même année, en septembre 2005. Nous nous connaissons bien et l’entente est très bonne. C’est important par rapport au groupe mais également pour tous les jours car nous passons plus de 200 jours par an ensemble !

Chaque entraîneur a sa méthode, sa stratégie, son discours donc il est évident que ça impliquera du changement. Les filles sont à l’écoute. J’apprends tous les jours des mots venus d’ailleurs avec Franck ! J’espère que les filles skieront vite et tireront bien, c’est le principal.

Franck Badiou entraîneur de l'équipe de France dame de biathlon

Franck Badiou (FRA) –  Manzoni/NordicFocus.

 

  • L’ouverture de la saison approche. Dans quel état d’esprit l’équipe aborde-t-elle la fin de la préparation qui sera marquée par les championnats de France à Arçon ?

La saison c’est demain ; donc chaque course est importante. Comme je l’expliquais plus haut, le championnat de France permettra de valider certaines choses mais nous serons encore en phase de travail pour l’hiver. J’ai la sensation que le groupe a progressé. Il me tarde de les voir évoluer. On fait un sport qui demande une préparation de sept mois pour une saison qui en dure quatre. Il faut tenir les athlètes en laisse car à l’approche de l’hiver, elles voudraient mettre le dossard tous les jours.

Les filles sont motivées, elles travaillent dur. Comme je me suis toujours dit, le travail paye donc je l’espère vraiment. L’ambiance du groupe est bonne, elles ont toutes des objectifs en tête. Nous, on est là pour les aider à les accomplir. Nous avons un groupe fort, en réunissant les deux domaines, ski et tir. Les filles seront capables de faire de grandes choses.

 

 « On a beaucoup discuté au printemps »

 

  • En termes de résultats, l’année dernière a été marquée par de belles performances mais aussi par une certaine inconstance de l’ensemble du groupe. Avez-vous modifié la préparation pour que les filles performent physiquement durant tout l’hiver et pas seulement au début ?

L’an dernier, nous avons vécu des super choses en décembre et janvier avec des podiums individuels et en relais. Des gagnes sur des relais et relais mixte aussi. Mais c’est vrai qu’à partir de février c’est devenu compliqué, voire très compliqué.

On n’a pas réussi à tenir toute la saison. Donc évidement, il faut se remettre en question, analyser les choses qui ont fonctionné, ce qui n’a pas marché. C’est ce que j’ai fait au printemps.  Il y a des choses que j’ai gardé bien sûr mais également apporté des nouveautés.

On a beaucoup discuté au printemps avec Vincent VittozStéphane Bouthiaux et l’ensemble du staff pour y remédier et établir un plan de bataille. On a travaillé de manière un peu différente que l’an dernier sur le côté musculation avec l’aide d’un préparateur physique, Edouard. Je l’en remercie car les séances étaient productives et essentielles. Son expérience nous a bien apporté! Le but de cette saison sera de gagner en régularité, de continuer à progresser pour jouer devant le plus souvent possible !

Justine Braisaz (FRA) – Manzoni/NordicFocus.

 

  • Quel regard portez-vous sur la popularité grandissante du biathlon en France, au moment d’accueillir une nouvelle étape de coupe du monde au Grand-Bornand ?

C’est vrai qu’aujourd’hui le biathlon est devenu populaire. De plus en plus de supporters se déplacent sur les coupe du monde aux quatre coins du monde. C’est toujours plaisant de se sentir soutenu au bord de la piste. Que ce soit pour les athlètes évidement mais aussi pour nous le staff.

Il m’est arrivé l’an dernier, en allant à mon poste en bord de piste de croiser des Français, d’échanger avec eux deux minutes. D’une certaine façon, ça permet d’évacuer un peu la pression. Il ne faut pas oublier que si c’est devenu populaire c’est aussi grâce a ces personnes !

Je pense que l’étape du Grand Bornand sera superbe. C’est un site que les gens affectionnent avec la proximité du village et pour les athlètes français un régal de courir « à la maison ». Il y a toujours ce petit truc en plus, le fait de courir à domicile. L’envie de bien faire, les proches présents. Mais pour les athlètes il ne faut pas tomber dans le piège de justement vouloir trop en faire et de tenter des choses qu’ils n’ont jamais faites. On sera là pour justement leur rappeler. Ce sera pour moi une découverte, une étape de coupe du monde en France. J’en suis très heureux !

 

Photo : Nordic Focus

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