Grand-Bornand : les Bleues se confient

BIATHLON – A quelques pas du stade qui, sous les flocons, s’anime avec les entraînements officiels, l’équipe de France féminine se prêtait au jeu des questions-réponses. Au grand complet pour cette première conférence de presse et entourées par leur entraîneur Julien Robert les Bleues ont ouvert officiellement cette semaine tant attendue.

 
Dans les yeux des Bleues, on sent beaucoup d’impatience, cette semaine française est attendue par tous et elles ont hâtes d’en découdre. Face à l’engouement suscité par cette étape haut-savoyarde, le staff a décidé de protéger au maximum les athlètes. Un choix pas forcément facile mais nécessaire assure Julien Robert :  « on aimerait bien faire plaisir à tout le monde. Aujourd’hui, lors des entraînements, on a déjà des demandes d’autographes. Il y aura 16 000 personnes aux bords de la piste chaque jour, donc on ne peut pas satisfaire tout le monde. La décision c’est de protéger au maximum les athlètes, la communion aura lieu avec le public qui pourra voir les athlètes devant eux au lieu de le suivre devant leur télévision. Pour le reste, on a été obligé de verrouiller un peu, c’est pour cela qu’on a trouvé un hôtel dans la zone accréditée pour être un peu au calme ».
 

 
Une ferveur partagée par toutes les sportifs mais qui peut s’avérer déstabilisante, notamment sur le pas de tir, comme le confie Marie Dorin-Habert : « Sur l’arrivée au pas de tir, ça peut faire une vraie différence d’entendre le commentateur français nous annoncer, ça peut nous faire sortir un peu de notre bulle, et puis il y aura beaucoup de bruit pour nous. »Blessée en 2013, la Dauphinoise n’avait pas pris part à la première étape bornandine et avance donc dans l’inconnue. Un manque de repère partagé par les autres filles de l’équipe qui, à l’exception des deux Anaïs (Bescond et Chevalier), n’étaient pas de la fête il y a quatre ans.

Destins croisés

Autre paramètre important à prendre en compte, l’étape du Grand Bornand arrive en troisième semaine. Les athlètes sont parties de la maison depuis plus d’un mois et les corps sont émoussés. Pour Justine Braisaz, le début de saison s’apparente à un ascenseur émotionnel entre une étape quasi parfaite à Oestersund où elle enchaîne le podium et décroche le dossard jaune de leader et l’étape d’Hochfilzen où la Savoyarde « s’est un peu perdue ».

Pour autant, la biathlète des Saisies confirme que « l’état physique va plutôt en s’améliorant en ce début de saison ». Elle avait abordé l’étape autrichienne « sans réelle pression, avec juste l’envie de bien faire, de confirmer ». Mais elle s’est « un peu trompée dans la façon d’aborder les choses, tout s’est joué au tir. Je me suis un peu perdu dans le résultat. Même si je ne me sentais pas leader de la coupe du monde, j’avais quand même envie de le garder ce dossard ! ».
 

 
Pour la benjamine du groupe, Chloé Chevalier, les choses sont différentes. Appelée pour compléter la sélection suite à son podium en IBU Cup à Obertilliach, la biathlète des Sept Laux est toute heureuse de retrouver le circuit mondial : « j’étais trop contente, je ne m’y attendais pas spécialement, j’attendais la décision des coachs. J’étais contente de mes courses, j’avais fait 30/30 au tir (sprint et poursuite), j’avais fait un podium, donc j’étais dans cette euphorie-là. Avec la saison que j’ai eue l’an dernier, j’étais très contente de revenir sur un podium en IBU Cup, mais je ne m’étais pas focalisé sur le Grand Bornand ».

 

J’arrête de me focaliser sur les résultats.

 

La petite sœur d’Anaïs avoue avoir rebondi après un hiver compliqué : « je pense que j’ai changé. Dans la tête j’aborde différemment les choses, j’arrête de me focaliser sur les résultats. Je cherche à me faire plaisir, à profiter de ma carrière à fond, car c’est une grande chance. Mon approche de la compétition a changé ».  Pour elle, l’objectif assumé, « c’est de prendre part à la poursuite. Et de prendre du plaisir, parce que je manque de repères pour me situer par rapport aux autres filles. Donc l’objectif premier, c’est de faire la poursuite,. Après j’aimerais bien rentrer dans les points ».

Si les autres Bleues se gardent bien d’avancer des objectifs chiffrés en terme de place et de résultats, et qu’elles abordent toutes cette semaine de compétition avec des costumes différents, toutes sont unanimes sur l’envie de bien faire devant le public français. Devant les 16 000 personnes attendues chaque jour le stade Sylvie-Becaert n’a pas fini de vibrer…

 

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