Guillaume Lalevée : pourquoi je fais moins de vélo

6/7. Suite de notre série consacrée aux relations qu’entretiennent les athlètes nordiques avec le vélo. 

•••

 

Amateur voire boulimique de cyclisme qu’il pratiquait en compétition durant la trêve estivale, Guillaume Lalevée a décidé de lever le pied en 2014 et de tenter l’aventure du trail. Avec ce choix, le Vosgien, professeur dans la vie et vainqueur du Nordic Classic Tour, souhaite diversifier son entraînement pour améliorer ses performances l’hiver.

 

Durant des années, vous avez fait beaucoup de vélo et cette année vous avez décidé de vous tourner vers le trail. Pourquoi ?

Au début, je faisais du vélo plus en complément afin de rompre avec la routine du ski. Après une saison complète, je ressentais le besoin de changer de geste car j’en avais marre. Par ailleurs, je trouvais que le vélo m’apportait un bon volume d’entraînement. L’avantage, c’est qu’on peut accumuler un grand nombre d’heures sans avoir trop de chocs et donc en limitant les blessures. Pour en revenir à la question, je faisais beaucoup de compétitions de vélo (UFOLEP et FFC) et l’an dernier, j’ai décidé d’arrêter car c’était trop demandeur. Ca me prenait trop de temps. Pour évoluer à ce niveau, j’étais obligé de ne faire que du vélo et ce n’est pas compatible à ce degré avec la pratique du ski. Si on ne fait que ça pendant 4-5 mois jusque fin août, en septembre, le haut du corps est trop faible par rapport à quelqu’un qui aura fait de la musculation et de la course. Il y a trop de pertes musculaires sur le haut du corps en vélo. En septembre, si on n’a fait que ça, on arrive avec les bras et les abdos en compote.

 

C’est donc pour ça que le trail se présente comme une alternative ?

Oui. Il faut savoir qu’en mai 2012, j’ai fait une lourde chute en vélo et je me suis cassé la clavicule. Au niveau où j’évoluais, il y avait beaucoup de chutes, au moins une par course. Après ça, j’ai choisi d’arrêter et de courir. Or l’an dernier, sans faire de vélo, j’ai vécu ma meilleure saison hivernale depuis des années. Je me suis dis qu’il y avait un rapport avec le fait que j’avais sérieusement diminué les doses en vélo et fait une préparation plus complète et varié. Je pense que pour un fondeur, la course à pied est l’idéal.

 

Mais la course à pied n’est-elle pas plus traumatisante ?

La course à pied est plus traumatisante. J’ai couru 15 km, il y a deux jours, et j’ai encore des courbatures et mes genoux endoloris. Un fondeur est habitué à un sport doux où il n’y a pas de choc, notamment pour les genoux et les autres articulations. Après, je trouve que la course n’apporte pas la même chose et offre d’autres bénéfices. Il ne s’agit pas que de faire de la course à pied, au contraire, mais mixer avec d’autres activités.

 

Finalement, vous allez essayer de mieux équilibrer votre entraînement en vous diversifiant ?

Oui. J’ai dit que je ferais du trail mais je ne vais pas faire que ça non plus. Ce qui me plaît, c’est le fait de courir en forêt. Je pense que mon approche de l’an dernier était plutôt bonne donc je vais m’appuyer dessus et l’adapter pour l’améliorer. L’idéal, c’est vraiment de faire du vélo et de la course à pied. Avec le trail, je n’y vais pas pour me confronter au meilleur et les concurrencer mais c’est vrai que je vais essayer d’en faire quelques uns.

 

Qu’est-ce qui vous plaisait et vous plaît encore dans le vélo ?

J’en parlais avec un copain récemment et je lui disais que ma première séance d’entraînement au moment de la reprise, c’était toujours du vélo car aller courir après 3 semaines d’inactivité c’est hyper traumatisant. Le plaisir, c’est simplement de monter sur le vélo. C’est une sensation extrêmement particulière. Si on compare, la première séance de ski n’est jamais très agréable car il ne fait pas bon, il n’y a pas beaucoup de neige alors qu’avec le vélo… Il suffit de ne pas mettre un braquet trop dur, de tourner les jambes et c’est tout de suite plaisant, si on excepte le mal de fesses. Sur la route, on a tout de suite cette sensation de vitesse facile presque sans effort. Après, on peut aussi courir en équipe. Ainsi quand on court avec quelques copains, on passe d’un sport très individuel l’hiver avec le ski, à quelque chose de plus collectif où on peut raisonner en équipe, établir des stratégies. Ce côté stratégique est plaisant. En cyclisme, ce n’est pas toujours le plus fort qui gagne contrairement au ski de fond.

 

Vous entraînez-vous seul en vélo ou en groupe ?

Ca dépend des moments. C’est difficile d’avoir le même créneau que les copains donc en général je sors seul. De fait, dès que je trouve 2-3 amis pour courir avec moi, je saute sur l’occasion. C’est aussi lié à ma situation. J’ai un travail et je dois adapter mes séances en fonction de mes horaires. Une chose qui n’est pas le cas quand on fait partie d’un Team où les séances et les programmes sont planifiés à l’avance. Si je pouvais, je m’entrainais toujours avec du monde aussi mais c’est compliqué. Cette année, je vais faire un travail de musculation plus spécifique et j’essaye de trouver quelqu’un avec qui je vais pouvoir me bloquer des créneaux car ce sont des séances très dures et on les accepte mieux en groupe. Le vélo, c’est vraiment un excellent complément qui sert à plein de choses notamment en récupération. Après une séance de footing, il n’est pas rare que je prenne mon vélo juste histoire de faire tourner les jambes.

 

Photo : Noémie Geisen
Demain : Mathieu Legrand

A LIRE1 sur 1OU ENCORE

Retrouvez cet article et bien d’autres sur l’application de Nordic Magazine.
Pour plus d’informations, cliquez sur la bannière ci-dessous :

Ski nordique, ski de fond, biathlon, combiné nordique, saut à ski, hiver, coupe du monde, Martin Fourcade


 

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.