Individuel : Domracheva aime l’or, Anaïs 5e

Sochi_Biathlon

Une nouvelle fois impériale sur les skis, Darya Domracheva (19/20) remporte sans trembler l’individuel. La Biélorusse décroche ainsi sa seconde médaille d’or consécutive dans ces Jeux olympiques de Sochi, après la poursuite. Première française, Anaïs Bescond échoue à 1 minute de l’argent (5e).

 

« On serait en Coupe du monde, je sauterais de joie car une 5e place, c’est toujours bien mais là… », explique Anaïs Bescond, un rien désabusée. Là, on est aux Jeux olympiques et seules les trois premières places comptent, pas celles qui sont derrières. Or, c’est bien à ces dernières qu’Anaïs Bescond est abonnée depuis le début de cette quinzaine olympique à Sochi. Déjà toute proche de grimper sur le podium lors du sprint inaugural (5e) et après une poursuite moins aboutie (12e), la Jurassienne était repartie au combat pour l’individuel, pour cette course réservée aux tireuses auxquelles elle n’appartient pas. Malgré tout, c’est pleine d’espoir qu’elle s’est lancée dans cette quête vers cette breloque qui la nargue mais la fuit, comme un amour impossible qui se refuse à nous.

 

Deux minutes qui font mal

Anaïs Bescond  finit 5e à moins d'une minute de l'argent. Elle s'effondrera à l'arrivée

Anaïs Bescond finit 5e à moins d’une minute de l’argent. Elle s’effondrera à l’arrivée

Dossard 45 sur les épaules, la meilleure biathlète française de la saison partait derrière les principales favorites que sont Domracheva, Makarainen ou encore la championne olympique et du monde en titre Tora Berger. Un atout pour se situer au regard de la concurrence et juger de ses chances dans la course aux médailles. A ce petit jeu, la Française de 26 ans ne s’en sortait d’ailleurs pas si mal. Réalisant un sans faute à son premier tir couché, elle repartait dans le sillage chronométrique des meilleures à seulement 7 secondes de la Russe Anatazia Kouzmina. Encore 5e à l’aune du second tir, la tricolore allait craquer. Debout face aux cibles, elle se déconcentrait et laissait échapper deux balles. Deux fautes qu’elle allait payer chères. Pénalisé de 2 minutes, Bescond reculait au classement mais refusait d’abandonner, trop indécise étant cette épreuve où tout peut basculer en un instant.

Vingt-troisième à la mi-course, c’est alors qu’elle commençait sa remontée. Vaillante, Bescond se remobilisait et se montrait intraitable. Sur les deux derniers passages au tir, cette dernière abattait les dix cibles pour rendre une bonne copie à 18/20. Ses bonnes dispositions carabine en main faisaient leur effet au classement, où elle reprenait un grand nombre de rivales. Ses jambes allaient s’occuper du reste. Encore 17e après le troisième tir, elle ressortait dix rangs plus haut lors du 4e. Ne restait plus qu’à finir le travail. Donnant tout ce qu’elle avait, Anaïs Bescond coupait la ligne d’arrivée et s’écroulait. Cinquième, elle échouait à seulement 35 secondes de Skardino, médaille de bronze et 59 de Selina Gasparin, médaillée d’argent. Rageant. « 18/20 à l’individuel, ça ne suffit pas », analyse Bescond fataliste avant de donner rendez-vous sur la mass-start. « Je peux et je vais y faire un truc », affirme-t-elle pleine de détermination.

 

Brunet n’avait pas les jambes

Marie Dorin-Habert a explosé et termine 39e.

Marie Dorin-Habert a explosé et termine 39e.

Derrière Bescond, le clan tricolore a déchanté. Malgré un sans-faute au tir, Marie-Laure Brunet a étalé ses limites du moment. Pas au point physiquement, la vice-championne du monde 2012 a concédé un temps considérable sur les skis. La Pyrénéenne, qui avait fait l’impasse sur la poursuite, devait se contenter du 17e rang. Une performance qui suffisait pour la classer deuxième française du jour, 9 positions devant Marine Bolliet, partie avec le dossard 80, et finalement 26e avec un très bon 18/20 au tir. La déception est venue de Marie Dorin-Habert. En bonne forme depuis le début des épreuves olympiques, la petite blonde a complètement raté sa course (39e). « Je ne sais pas ce qui s’est passé. C’est facile de rater une course et aujourd’hui, c’est mon cas… », déplorait-elle.

 

Je t’aime Sochi

Darya Domracheva devance Selina Gasparin et sa compatriote Skardino

Darya Domracheva devance Selina Gasparin et sa compatriote Skardino

Loin des désillusions, Darya Domracheva vit un rêve. En cette journée de Saint-Valentin, la Biélorusse a même commencé à tisser ce qui ressemble à une belle histoire d’amour entre elle et cette piste de Sochi. Déjà victorieuse en décembre 2012 lors de la pré-olympique, la fille de Minsk a réédité sa performance. Titrée lors de la poursuite, elle a confirmé qu’elle était la biathlète la plus forte sur les skis. Malgré une petite faute au tir, elle a largué ses adversaires sur les parties de fond. Impériale, elle finissait en s’octroyant le droit de saluer la foule d’un petit geste de la main. La piste était encore pleine de concurrentes à ce moment-là mais elle savait au fond d’elle-même que rien, ni personne ne pouvait lui prendre cette médaille d’or, la deuxième de ses Jeux et de sa carrière. Si Martin Fourcade règne sur le biathlon masculin, les filles ont également leur impératrice avec Darya Domratcheva. La belle histoire russe de l’enfant de Minsk se poursuit.

A un peu plus d’une minute de la double championne olympique, c’est un morceau d’histoire que Selina Gasparin a écrit. En effet, en réussissant un sans-faute au tir, la Grisonne a offert sa première médaille olympique en biathlon à la Suisse. Une breloque en argent pour saluer la légende et entrer dans l’éternité de sa discipline. Le bronze, lui, revient à une autre Biélorusse Nadezhda Skardino, pour un doublé inattendu. En cette fête des amoureux, de nombreux cœurs se sont brisés mais de belles histoires sont nées.

Les résultats de l’individuel

Photos – Agence Zoom

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