Jason Lamy Chappuis : « Il faudra être dans le coup dès le début de saison »

Quelques jours avant de s’envoler pour le tremplin de Kuusamo dans le nord finlandais, le champion du monde de combiné nordique a reçu Nordic magazine à Bois d’Amont pour évoquer la longue saison de coupe du monde à venir. Le double tenant du globe de cristal sera naturellement le combiné à battre pour les Frenzel, Kokslien et autres Rydzek : il le sait… mais ne se laissera pas faire. Entretien.


A une semaine de l’ouverture de la coupe du monde, comment vous sentez-vous ?
Plutôt bien : l’été s’est bien passé, on a beaucoup travaillé. On a d’ailleurs plus travaillé sur la partie ski de fond car on a encore vu à Oslo que ça se jouait souvent à pas grand chose. Le programme a évolué vers de l’endurance force en s’inspirant du programme de musculation des biahlètes et fondeurs, sans faire du copier coller non plus. On a conscience de ce point faible du collectif français. Il s’illustre par les deux concours par équipes d’Oslo où on part premier les deux courses et on finit à rien d’un podium mondial.

Comment abordez-vous cette saison après avoir décroché le titre mondial à Oslo et une seconde coupe du monde dans la foulée de l’or olympique de Vancouver. Pas trop compliqué de trouver la motivation pour aller se faire mal à l’entraînement ?
Bizarrement, je n’ai pas eu de petit coup de moins bien ou moins d’envie contrairement à l’après JO. J’ai pris de bonnes vacances aux Etats-Unis pendant un mois. Et le fait de se donner de nouveaux objectifs, à savoir améliorer globalement le niveau de ski au sein de l’équipe, nous force à travailler des petits détails à base de nouveaux exercices. Si on reste sur nos acquis, on se lasse et ne progresse plus alors que les autres cherchent à nous battre…

Kuusamo est un tremplin que j’aime bien, en général il fait froid
et il y a du vent”

Justement, la première compétition aura lieu ce week-end sur le tremplin de Kuusamo, en Finlande, qui vous a souvent souri…
Oui, à condition que les organisateurs puissent enneiger la piste de fond : a priori, la météo de cette semaine devrait leur permettre de produire de la neige artificielle… C’est un tremplin que j’aime bien, en général il fait froid et il y a du vent. C’est un peu stressant car c’est le plus grand tremplin de la saison alors qu’on aura que très peu de sauts sur neige… En tant que bon sauteur ayant une bonne stabilité au tremplin, il me réussit plutôt bien. Ce sera l’inconnu pour beaucoup car personne ou presque n’aura fait de sauts sur neige en ce début d’hiver étonnement doux.


Contrairement à l’an passé, la saison de coupe du monde sera très longue. Le vainqueur du classement général, dont vous êtes le double tenant du titre, sera forcément un numéro un régulier au top niveau…
Oui, il y a 13 week-end de coupe du monde avec 27 épreuves… Il va falloir durer, bien gérer la fatigue et être dans le coup dès le début en étant sur les podiums des trois ou quatre premières manches de coupe du monde. Ce sera important d’être devant pour soi-même, montrer qu’on est toujours dans le coup après un été de préparation. Ça peut mettre dans le doute les adversaires… Après ça fera déjà un groupe qui se détachera au niveau des points ensuite, il faudra bien gérer l’état de forme. Heureusement, le calendrier est bien fait avec une trêve Noël – Nouvel an, la période Ramsau-Seefeld-Chaux-Neuve puis la dernière ligne droite jusqu’au mois de mars. L’épreuve de Chaux-Neuve, qui ressemble à nos mondiaux à nous Français, sera l’objectif à ne pas manquer cet hiver, car c’est toujours un grand moment de courir à domicile.

Sans JO, ni mondiaux cette année, la coupe du monde sera très disputée. Quels adversaires craignez-vous le plus ?
Il y en plusieurs car la densité augmente chaque année. Mais j’en vois deux : les Allemands Rydzek et Frenzel qui ont finit très fort la saison dernière et qui ont bien tourné sur les grands prix d’été. Il y a aussi Kirchensein qui peut être dangereux. Ensuite, il faudra compter sur les Norvégiens avec Kokslien, les Américains… Les Finlandais n’ont plus grand monde, les Autrichiens feront sans Gotwald, les Italiens avec peut-être Pittin qui doit encore se régler au saut. Quant aux Français, on a bien travaillé cet été, on est bien en forme. On a souvent été 3 dans le top 10 aux grands prix d’été avec Seb (Lacroix) et François (Braud). Seb a fait de bons chronos en fond cet été et m’a souvent battu sur le tremplin.Tout le monde a bien sauté cet été : on verra cet hiver.