Jean-Marc Gaillard… dans La Maille du filet

suisse, biathlon, coupe du monde de biathlon , Benjamin Weger

CHRONIQUE – Tous les athlètes redoutent de tomber dans La Maille de son filet. Chaque jeudi, Clément Mailler ne les épargne pas quand il s’agit de leur poser les bonnes questions. Point d’échappatoire pour eux : ils doivent répondre. Victime du jour : Jean-Marc Gaillard.

 

Il dit de lui qu’il n’est pas une star de la discipline et que les interviews ne sont pas monnaies courantes en ski de fond… il a quand même dû tomber dans La Maille du filet. Son côté aventurier bridé par des séjours enfermés dans une chambre plutôt qu’au camping ne l’a pas amené jusqu’à Koh-Lanta. Séance d’intervalles de questions sérieuses/moins sérieuses avec Jean-Marc Gaillard qui n’a rien de vieux jeu… même s’il admet être une catastrophe des réseaux sociaux.

  • Avec tous les Gaillard qu’il y a dans le milieu du nordique, est-ce qu’on vous confond souvent ?

Je ne sais pas si on confond mais on m’a souvent posé la question si c’était de ma famille. Mais je n’ai aucune famille du côté Gaillard donc la question est vite réglée. Pour moi, c’est plus une coïncidence, mais c’est vrai qu’il y a quelques Gaillard dans le milieu.

  • On entend souvent dire que tu es le doyen ou le « papi » de l’équipe de France. C’est marrant ou c’est énervant ?

(rires) C’est vrai que ça fait un petit moment ! Je le vis assez bien, c’est tout sauf un problème mais… ça me rend d’un côté un peu triste parce que je me rends bien compte que je suis plus proche de la fin de ma carrière que du début, mais d’un autre côté tous les jeunes de l’équipe me taquinent avec ça et moi sur leur jeunesse…

Mais tant que c’est dans un bon esprit, ça ne me gêne pas du tout. Au contraire je l’assume complètement. Il faut vivre avec mon temps et mon expérience. Ce n’est pas courant d’avoir cet âge là sur la coupe du monde de ski de fond, et ce n’est pas pour aller chercher des records, c’est juste que je continue à me faire plaisir ! (rires)

  • Une chose que tu n’aimes pas que les journalistes rabâchent ?

Euh… non pas spécialement. On me reparle souvent de l’attache qui était restée sur mon ski aux Jeux olympiques de Vancouver. Mais pareil je le prends bien. Après il n’y a pas quelque chose en particulier mais forcément quand ça fait plus de 15 ans que tu es sur le circuit il y a beaucoup de questions qui reviennent souvent.

Mais l’avantage de faire du ski de fond et de ne pas être une star de la discipline, c’est que les interviews ne sont pas monnaies courantes non plus donc… (rires). Je le vis bien quand même !

 

Je suis capable de manger n’importe quoi à n’importe quelle heure

 

  • Dans l’équipe il y a Maurice le geek, Robin le déconneur, Chanavat le mangeur par exemple… quelle est ta particularité qui te colle à la peau ?

Un peu comme Chanavat avec le côté bouffe. Ce n’est pas que je mange énormément, mais j’ai tendance à grignoter pas mal de saloperies pendant la journée. Ça énerve un peu certains (rires) !

C’est mon côté gourmand et je suis capable de manger n’importe quoi à n’importe quelle heure. Ça ne fait pas très pro comme ça (rires)… mais je crois que j’en ai besoin. Ça fait partie de ma ligne de conduite et c’est plus fort que moi. Je veux bien faire des sacrifices mais pas là dessus (rires) !

 

  • Tu préfères une semaine enfermé dans une chambre à hypoxie ou une semaine en camping à 3500m d’altitude ?

Ah… je crois que je prends quand même le camping ! (rires) Je suis assez montagne, et même si j’ai utilisé pas mal cette chambre à hypoxie, c’était pour l’aspect pratique. Tout est facile avec les chambres. Dès qu’on sort on est tout de suite à la bonne altitude pour s’entraîner. Mais pour le côté sympathique et aventurier… c’est pas ouf ! (rires)

 

  • Tu n’es pas très présent sur les réseaux sociaux alors que la majorité des athlètes le sont de plus en plus. Tu n’aimes pas ça ou tu ne maîtrises pas ?

(Rires) alors… c’est Clément Parisse mon idole alors je fais tout comme lui ! (rires) Non franchement je suis partagé. Des fois je me dis que ce serait bien d’en mettre plus… et puis après je me dis pourquoi en fait ! J’ai mis du temps à venir aux réseaux sociaux, j’ai un site internet que je n’alimente plus du tout… je suis une catastrophe je le reconnais !

C’est plus de me dire si ça sert à quelque chose de mettre encore une photo du stage que tout le monde a déjà mise. Est-ce que c’est vieux jeu, je ne sais pas… mais on ne m’a jamais trop mis la pression là dessus. J’ai l’impression de perdre pas mal de temps sur pas mal de choses donc… ça suffit (rires).

  • Si on t’offre le droit de participer à une émission télé, il y en a une qui te tente ?

Euh… Koh-Lanta non ! (rires) ça me ferait partir encore trop longtemps de chez moi. Je ne sais pas… Fort Boyard pourquoi pas. Je pense que ce n’est pas l’émission la plus sympa à regarder mais ça doit être sympa à faire.

  • Tu as connu plusieurs générations de coureurs durant toute ta carrière. Est-ce que tu peux dire qu’il y a un changement dans les mentalités ?

Oui oui, c’est assez euh… Oula d’un coup c’est plus sérieux comme question ! (rires) Mais oui il y a un changement de mentalités un peu. Dès le plus jeune âge il y a plus d’implication, de sérieux. Ça a évolué depuis la période où j’étais jeune, et ça déteint forcément sur le haut niveau. C’est un cran au dessus sur le professionnalisme.

C’est peut-être plus décomplexé maintenant aussi. La génération est moins impressionnée par la coupe du monde, par les noms et… je pense que comme les jeunes Français sont déjà bons sur les championnats du monde juniors et moins de 23 ans, ça les décomplexe un peu. Quand j’étais jeune, on s’en faisait plus une montagne. Mais au final, je n’ai pas l’impression que ça ait changé énormément, et aussi sportivement et médiatiquement.

  • On voit quand même de plus en plus d’athlètes comme Klaebo ou Northug qui font plus les « marioles » qu’avant !

C’est vrai que Northug l’a amené, avant ce n’était pas tellement dans « l’image » ou dans le paraître. Les jeunes s’identifient plus à ça maintenant. Mais je n’ai pas l’impression que ça prenne plus que ça la grosse tête. C’est une autre époque aussi, comme les réseaux sociaux, c’est la nouvelle tendance. Pour exister il faut raconter des histoires, il faut se montrer. Ça reste assez sain.

  • Et pour les supporters, fans, personnes qui suivent ?

Non ça c’est bien resté. Il y a peut-être un peu plus de « groupies » qu’avant surtout pour les Chanavat ou Klaebo. Je ne trouve pas sinon un énorme changement, dans l’influence et l’ambiance non plus. Ce n’est pas devenu de la folie comme le biathlon et ça n’a pas trop baissé non plus.

  • Et enfin, tu penses à quoi là tout de suite ?

Je pense qu’il va falloir que j’y aille parce que j’ai une soirée cinéma avec ma chérie et que quand tu as des enfants ce n’est pas souvent que tu as une soirée.

Photo : Nordic Focus photo agency

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