Où en est le projet suisse pour les Jeux olympiques d’hiver 2038 ?
Le parallèle avec le dossier des Alpes françaises 2030 est frappant. À 12 ans des JO 2038, la candidature suisse semble presque autant avancé que le comité d’organisation des Jeux olympiques d’hiver prévus dans quatre ans. Carte des sites bien avancée, soutien de l’exécutif et projet de financement élaboré : le dossier helvète affiche de sérieuses garanties. Et se rapproche d’une attribution officielle qui devrait advenir en 2027, à 11 ans des Jeux. Bien plus tôt que les Alpes françaises, qui n’ont eu confirmation qu’à cinq ans et demi de l’échéance.

Après avoir longtemps attribué les JO à une ville (Vancouver, Sotchi, Pyeongchang…), puis à un territoire (Alpes françaises, Utah), les JO 2038 deviendraient les premiers à être organisés par un pays. Mais la superficie de la Suisse n’excède pas celle du projet des Jeux de Milan/Cortina, des Alpes françaises ou de l’Utah.
Quand la Suisse obtiendra officiellement l’organisation des Jeux 2038 ?
Après avoir été écarté des Jeux olympiques et paralympiques 2030 (Alpes françaises) et 2034 (Utah), la Suisse a été retenue en 2023 par le Comité international olympique (CIO) pour un dialogue ciblé pour ces JO 2038. Ce mode de fonctionnement remplace les votes en session plénière, permet d’évaluer la solidité des candidatures, et évite les dizaines de millions d’euros dépensés dans une campagne d’influence. Les JO d’été 2024 et 2028, et ceux d’hiver 2030 et 2034 ont ainsi été attribués de cette façon.

Si cela n’a pas été confirmé officiellement, la tendance est à ce que la Confédération helvétique obtienne l’organisation lors de la 146e session du CIO, prévue à Punta Cana (République dominicaine) au printemps 2027 (le dialogue privilégié s’étend jusqu’à fin 2027). D’ici là, le parlement suisse doit assurer de son soutien d’ici à fin 2026. Une étape majeure a été franchie lorsque le Conseil fédéral (équivalent du gouvernement) a assuré de son soutien le 14 janvier.
Quelle est la carte des sites envisagée par Suisse 2038 ?
C’est la principale différence avec les autres éditions des Jeux olympiques. « contrairement aux candidatures précédentes, plusieurs sites de compétition sont délibérément prévus dans tout le pays. Cela permet non seulement d’impliquer toutes les régions linguistiques et de leur faire bénéficier de l’impact des Jeux, mais aussi de mieux répartir les charges et de rendre ainsi les Jeux globalement plus supportables et plus durables », présente le comité de candidature.

Dans les faits, la première répartition des sites a été présentée lundi 12 janvier. Ceux-ci s’organisent autour de trois pôles, une demande du CIO. Tous les sites ont déjà accueilli des compétitions majeures et ne nécessiteront pas de constructions spécifiques, un critère non négligeable alors que le mouvement olympique se réclame durable. OPWS2038_Venue_Masterplan
Dans ce schéma, le biathlon se déroulera à Lenzerheide, site des championnats du monde 2025. Le saut à ski, le ski de fond et le combiné nordique seront organisés à Engelberg, site habituel de la coupe du monde de saut à ski. Par ailleurs, les épreuves de glace se disputeront à Genève (curling, patinage de vitesse) et Lausanne (patinage artistique, short-track). Le ski alpin se tiendra à Crans-Montana, site des Mondiaux 2027. Les épreuves de ski freestyle, de snowboard, de bobsleigh, luge et skeleton sont prévues à Saint-Moritz. Enfin, le hockey sur glace sera répartie entre Zurich, Zoug et Lugano. « Compte tenu de l’échéance encore lointaine jusqu’en 2038, des ajustements restent toutefois possibles », prévient Switzerland 2038.

Aux Jeux paralympiques, le para biathlon et le para ski de fond sont envisagés à Lenzerheide. Genève devrait accueillir le curling fauteuil, Lausanne le hockey fauteuil et Saint-Moritz le para ski alpin et le para snowboard. Toutes les cérémonies, des JO comme des Jeux paralympiques, sont pour le moment attribuées à la capitale Berne.
Comment seront financés les JO 2038 ?
C’est le principal enseignement du soutien du Conseil fédéral. Celui-ci annonce une « contribution fédérale maximale de 200 millions de francs [215 M€], sans responsabilité en cas de déficit ». Ce qui promet des échanges animés avec le CIO, qui demande explicitement aux pays hôtes de s’engager à assumer les surcoûts d’une organisation par nature déficitaire.

Cette somme relativement faible (l’État français a budgété 362 millions d’euros pour les JO 2030) devrait empêcher l’organisation d’une votation, qui aurait pu sonner le glas de la candidature. Elle ne prend pas en compte les coûts de sécurité publique, et le quart de cette somme sera consacrée aux transports. Au total, 82% des coûts seront assurés par des apports privé, sur un budget de 2,2 milliards de francs suisses (2,3 milliards d’euros). Une somme similaire à celle des Alpes françaises 2030 (2,1 milliards d’euros).
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