Biathlon : l’individuel olympique de Camille Bened vu par ses proches
Mercredi après-midi, les proches de Camille Bened, sixième de l’individuel de biathlon des Jeux olympiques de Milan/Cortina 2026, ont suivi la course de leur championne, avec passion, stress et tension.
Pour la Chablaisienne, cette course était tout simplement la première de sa carrière aux JO. A la clé, un 19/20 avec une dernière balle manquée lui coûtant la médaille d’argent olympique. Nordic Magazine a demandé à sa petite soeur Chloé Bened, ancienne biathlète devenue esthéticienne, et à son compagnon Hugo Pandolfo, rugbyman professionnel an Nationale 2, de raconter comment ils ont vécu cette course.
Chloé Bened, sa petite sœur au travail pendant la course
« Depuis le relais mixte où l’équipe de France a remporté la médaille d’or, j’étais très stressée à l’idée qu’elle allait courir l’individuel. Je me disais que ça allait être exceptionnel ! Je faisais carrément le compte à rebours des jours jusqu’à la course et, le jour même, je comptais les heures… C’était tellement long jusqu’à 14h38. Pendant la course, j’étais au boulot et je travaillais ! Entre les clientes, quand je sortais de cabine, j’essayais de regarder où ça en était sur l’ordinateur où ma collègue avait mis le direct. »
« Au fur et à mesure de la course, je me disais que c’était incroyable, qu’elle jouait devant avec Lou Jeanmonnot et Julia Simon ! Quand est arrivé son dernier tir, j’ai d’abord vu Julia Simon faire le 5/5, puis c’était à son tour. Il fallait qu’elle mette les balles ! J’étais très stressée parce que, même si je connais ses capacités au tir, les balles coûtent très cher sur un individuel. Elle s’est reprise à la troisième, elle a mis la quatrième et, malheureusement, la cinquième ne bascule pas… De mon point de vue, il n’y a pas de déception du tout, mais plutôt de la fierté de voir ma grande sœur aux JO. »

« Il y a eu beaucoup de larmes aux yeux pendant la course et beaucoup de stress ! Je tremblais comme une feuille tellement j’étais stressée pour elle. J’ai vécu la course avec elle. Comme je lui ai dit par message, je vis à travers elle le rêve que j’ai toujours voulu réaliser et que je n’ai jamais réussi à atteindre. Tout ce qu’elle ressent, je le ressens. »
« J’en ai les larmes aux yeux et la gorge serrée de parler d’elle »Chloé Bened à Nordic Magazine
« J’en ai les larmes aux yeux et la gorge serrée de parler d’elle. Je n’ai pas pu aller la voir aux JO sur place, c’est beaucoup de tristesse et d’incompréhension parce que ça aurait été incroyable d’y être. C’est compliqué d’être loin d’elle parce que Camille, c’était mon idole pendant toutes les années où j’ai fait du biathlon. Tout le temps, je voulais faire comme Camille, obtenir les mêmes résultats. Je suis passée complètement à travers mes JOJ en 2020 parce que je n’avais qu’un objectif : ramener trois médailles comme Camille l’avait fait lors de son FOJE. À part Camille, je n’ai pas eu de grande idole. Ma sœur, ça a été mon coup de pouce. Ne pas être à ses côtés, c’est compliqué pour moi ! Je ne lui souhaite que de réussir et qu’elle nous annonce qu’elle aura un dossard sur le dos la semaine prochaine. »

« Comme tout le monde l’a vu, donc, elle fait deuxième si elle fait le 20/20, et c’était donc une médaille. Pour moi, qu’elle ramène une médaille ou qu’elle fasse sixième, c’était déjà exceptionnel ! Le plus important était qu’elle se fasse plaisir sur cette première expérience olympique. Je ne suis pas frustrée ni déçue pour elle. C’est une fierté de voir sa grande sœur aux JO et de voir qu’elle y performe. Maintenant, ce n’est plus du tout une surprise ! Camille, c’est une battante qui a la gnaque et qui va toujours tout donner pour être la meilleure. »
Hugo Pandolfo, son petit ami présent à Antholz avec les parents de Camille Bened
« Comme on avait pu avoir des places, j’étais sur le bord de la piste avec Fred et Valérie, ses parents. J’étais énormément stressé avant la course et, en fait, c’est monté petit à petit depuis le réveil jusqu’au moment du départ. En même temps, il y avait beaucoup de fierté et d’envie de la voir sur cette piste. »

« Sur le dernier tir, elle arrive à 15/15, donc on était comme des fous et transcendés ! On sait tout de même qu’il y a quatre tirs sur cette course et que tout peut être remis en question jusqu’au bout en biathlon. Au niveau des écrans, on n’avait pas le visuel de son tir parce qu’il y avait Julia Simon et Franziska Preuss en même temps… On a essayé de suivre sur le data, mais ça a sauté à un moment. On a vu cette dernière balle qui ne rentrait pas sur le téléphone, avec ce grand écran rouge qui apparaît. On a surtout été déçus pour elle, mais très fiers de la course qu’elle a faite. Elle s’est battue du début à la fin. Pour une première course olympique, c’est fou ce qu’elle a réussi à faire. »
« On a essayé de remettre les choses dans leur contexte et de lui montrer les points positifs, en lui disant notamment que sa course était énorme »Hugo Pandolfo à Nordic Magazine
« Il y avait de la frustration après la course, mais, encore une fois, c’était surtout pour elle. On sait le travail que c’est pour en arriver là. Pour le voir au quotidien, elle met énormément de choses en place pour y arriver. Ce qu’elle fait lors d’une première année de coupe du monde, puis sur une première course olympique, c’est juste énorme. Il faut être sacrément bien câblée dans la tête et en avoir dans la tronche (sic). Elle a prouvé qu’elle était capable, même sur un grand événement comme les JO, de répondre présente. Maintenant, elle apprend à vitesse grand V et cette dernière balle, elle s’en souviendra. C’est une course pour apprendre, même si ce qu’elle voulait, c’était une médaille, surtout qu’elle y a touché du doigt. »

« Après une bonne attente, parce qu’elle a eu le contrôle antidopage, on a pu la voir. C’était important pour ses parents et pour moi de pouvoir lui parler. Vu le scénario, elle était très attristée et avait l’impression d’avoir tout raté et d’avoir déçu les personnes qui la regardaient. Au-delà de ça, on a essayé de remettre les choses dans leur contexte et de lui montrer les points positifs, en lui disant notamment que sa course était énorme. Mais, mercredi soir, elle ne pouvait pas entendre ce discours-là, ce qui est normal. C’est une sorte de mini-deuil d’une médaille olympique à faire. Il faut passer par cette étape de tristesse et de déception pour repartir au travail. »
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