Biathlon : Yvon Mougel raconte le sprint masculin des JO 2026
J’ai vu Quentin Fillon-Maillet s’échapper de la chasse norvégienne.
Partageant ce sprint avec mon entraîneur de l’époque Daniel Claudon et l’ex-photographe Gaston Curien, nous avons vu les pénalités tomber pour les premiers partants. Nous attendions Fabien Claude, notre Vosgien local. Toutes les voix se sont tues après ses deux fautes au tir couché, déçus pour lui. Le Finlandais Olli Hiidensalo, étant le premier à faire un sans-faute, nous a ainsi servi de repère.
Au vu de la liste de départ, le tirage au sort semblait plus favorable aux Norvégiens partant derrière. Les écarts sont parfois minces, le renseignement dans les derniers hectomètres apporte souvent l’énergie pour gagner la seconde nécessaire à déborder un concurrent direct.

Après les passages de Quentin Fillon-Maillet et d’Emilien Jacquelin au tir couché avec le sans-faute, on a senti le potentiel. Nos discussions commencent à couvrir les paroles des commentaires de la télévision. Eric Perrot nous semble avoir tiré avec plus d’engagement que d’habitude et la pénalité est là, de même que Johan-Olav Botn et Tommaso Giacomel qui, lui, laisse deux cibles. Les autres Norvégiens s’assurent le sans-faute aux tirs couché.
« Tous autour de moi, nous exultions d’un nouveau doublé français »Yvon Mougel à Nordic Magazine
La chasse aux Français est ouverte, d’autant plus fortement que nos deux leaders ont assuré un score parfait debout. Quentin Fillon-Maillet dans un tir serein, rapide et précis tandis qu’Emilien Jacquelin nous a coupé le souffle de son rythme effréné, presque impossible à suivre avec ces cinq coups matraqués en pleine cible. Sebastian Samuelsson, aussi bon sur les skis qu’au tir avec le sans-faute, était aux trousses pour redorer le score des Suédois un peu décevants depuis l’ouverture des JO.

Tous autour de moi, nous exultions d’un nouveau doublé français. Attention, un Norvégien peut en cacher un autre. Johannes Dale-Skjevdal s’éliminait avec deux tours de pénalité debout. Cependant, Quentin reprenait du temps sur Emilien dans la dernière boucle. La ligne est franchie avec tant d’avance que l’or est quasi en poche. Nous attendions avec impatience les tirs debout des Norvégiens. Sans pénalité, Sturla Holm Lægreid frappe alors d’un rythme endiablé, glissant plus vite d’une dizaine de secondes dans le dernier kilomètre qu’Emilien Jacquelin, battu de deux dixièmes. Vetle Sjaastad Christiansen sort lui aussi avec un sans-faute. Nous guettons les chronos, j’explique à mes camarades : « Regardez, c’est un tueur sur les fins de course. » L’arrivée s’approche, les secondes s’égrènent, oui, non ? Avant, après ? Eh si, le Norvégien Vetle Sjaastad Christiansen est en argent.
« Quentin Fillon-Maillet a pesé de ses poids parfaits dans les deux exercices pour nous faire partager des émotions de rêve »Yvon Mougel à Nordic Magazine
Emilien Jacquelin, premier sans médaille, excellent, impérial face aux cibles mais en manque de « jus » en fin de course, perd le podium. Eric Perrot doit se contenter de la neuvième place, certainement déçu, tout comme l’Allemand Philipp Nawrath ou Tommaso Giacomel, attendu par l’Italie et hors du coup ce vendredi. La poursuite sera nerveuse dimanche.

Avec nos années passées, nous avons vu l’évolution mais conservons l’idée que le biathlon reste avec un rapport entre les deux disciplines équilibré comme une balance. Quentin Fillon-Maillet a pesé de ses poids parfaits dans les deux exercices pour nous faire partager des émotions de rêve.
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Tarrago
19/02/2026 à 15 h 50 min
Bonjour,
Mougel, Curien, Claudon… Merci de faire suivre à ces messieurs que j’aimerais avoir de leurs nouvelles. Llibert Tarragó 06 76 28 30 60 (laisser un message si vous n’obtenez pas de réponse) et courriel [email protected].
J’ai devant moi le ski court signé d’Yvon à Lahti en 1981. Cela ne fait que 40 et quelques années.