JO 2026 : ce que vous n’avez pas vu à la télé de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Milan/Cortina
Comment succéder à l’inoubliable cérémonie d’ouverture des JO d’été de Paris 2024, peut-être la plus belle des 55 organisées dans l’histoire ? Milan/Cortina 2026 a choisi le contre-pied, pour éviter toute comparaison. Retour dans un stade, avec peu de séquences enregistrées, et à un programme plus classique. Sans nommer l’édition française, le comité d’organisation italien a assumé de rentrer dans le rang.

À trop tenter d’être consensuelle, là où Paris avait cassé les codes, la cérémonie des 25es JO d’hiver est restée trop sage, vendredi 6 février. Les moments marquants étaient attendus : l’hymne Fratelli d’Italia entonné par Laura Pausini, Andrea Bocceli reprenant Nessum Dorma lors de l’arrivée de la flamme (en écho à Luciano Pavarotti deux décennies plus tôt à Turin) et Mariah Carey interprétant Nel blu, dipinto di blu. Autant de prestations qui avaient été annoncées en amont, et qui n’ont pas surpris grand monde.

Pas de larme lors de l’allumage trop mécanique de la flamme, pas de piste de danse improvisée en gradins lors des tableaux : tout était trop cadré, dans les standards d’une cérémonie d’ouverture de JO au XXIe siècle.
Un stade quasiment comble, malgré les prévisions
Aucun couac n’est venu bousculer la soirée, et le CIO comme le comité d’organisation pourront scander à dessein que ce show était mémorable. Pourtant, celui-ci aurait pu être gâché par une enceinte à moitié vide. Les prix prohibitifs (260€ à 2 026€) ont freiné les ardeurs des suiveurs, et San Siro a tardé à se remplir. Milan/Cortina 2026 a alors accéléré ses campagnes de publicité, et fini par se contraindre à brader ses places.
-50% pour ceux qui prenaient leur billet durant la dernière semaine et même -90% pour les bénévoles, avertis quelques jours seulement avant la cérémonie de cette opportunité. Alors que 10 000 places restaient encore à vendre à la veille de l’événement, le stade était finalement plein à au moins 90%, et les sièges vides n’étaient pas observables à la télévision. Pour éviter les espaces creux, certains ont été surclassés, pour mieux répartir les spectateurs.

Ceux-ci étaient d’ailleurs incités à arriver (très) en avance, avec une succession de notifications et de mails les jours précédents. Les portes ont ouvertes plus de quatre heures avant le début de la cérémonie, pour éviter la congestion aux entrées. Une sage décision au vu du plan de transports milanais. Deux heures après la fin de la cérémonie, ils étaient encore plusieurs milliers à attendre devant l’entrée du métro, où les entrées étaient filtrées par sas de 450 personnes. Loin des facilités du Stade de France et ses deux lignes de RER et trois de métro.
JD Vance hué, l’Ukraine acclamée
Durant les 3 h 29 de spectacle (contre 2 h 17 à Pyeongchang ou 3 h 00 à Vancouver), les spectateurs lombards ont été bien mieux lotis que ceux de Cortina d’Ampezzo (où défilaient les biathlètes) et de Predazzo (fondeurs, sauteurs, combinés), car la majorité des événements se passaient devant eux. Seul moment de flottement : le défilé des athlètes. Si le rendu télévisuel de ce qui deviendra la norme est étonnement bon, ces défilés parallèles ont donné lieu à des images particulières. Il a ainsi fallu attendre le sixième pays pour voir des athlètes défiler dans le stade.

Outre l’Italie, le Brésil, la Jamaïque et l’Ukraine ont été particulièrement salués. Il en fut de même des États-Unis… jusqu’à ce que son vice-président JD Vance apparaisse sur les écrans géants. Des sifflets sont alors descendus des travées. Quelques secondes plus tôt, le colistier de Donald Trump s’était abstenu d’applaudir le Venezuela. Mais les principales huées ont été adressées à Israël, même si elles ont été atténuées sur la retransmission. Nation mineure des sports d’hiver, l’état hébreu se voit reprocher sa politique dans la bande de Gaza jugée génocidaire par l’ONU.
La longueur des discours fait décrocher le public
Alors que les sifflets envers Emmanuel Macron avaient rythmé les cérémonies des Jeux olympiques et paralympiques de Paris, le président Sergio Mattarella a lui été plusieurs fois acclamé. La foule s’est même mise à scander son prénom au moment où il a annoncé l’ouverture des Jeux. À ce poste depuis 10 ans, il n’occupe cependant que des fonctions honorifiques et ne mène pas la politique intérieure.

Sa prise de parole fut brève, à l’inverse de celles de la présidente du CIO Kirsty Coventry et du président du comité d’organisation Giovanni Malago. Intangibles aux cérémonies d’ouverture, ces discours cassent le rythme et ont un intérêt très limité, tant ils se ressemblent d’édition en édition. Les spectateurs se sont alors réfugiés sur leurs téléphones, d’autant plus qu’ils étaient prononcés en anglais…

Mariah Carey, une des principales stars de la soirée, s’est justement essayé à l’italien pour son apparition. Si son impeccable prestation a même laissé penser à du play-back pour certains, il en était tout autre. L’Américaine est la seule artiste à avoir utilisé un prompteur lors de la soirée. Placé face à elle, celui-ci lui permettait de suivre le fil de son interprétation. Et de se rendre compte que la langue de Verdi n’était pas encore sienne : les paroles étaient écrites en phonétique… Et s’il était là, le moment inoubliable d’une soirée bien trop classique ?
[à Milan]
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