Les larmes d’Heidi Weng
Heidi Weng participe cette année à ses troisièmes Jeux olympiques. Si son palmarès est très complet avec deux gros globes de cristal et des médailles aux Mondiaux de toutes les couleurs, elle n’en avait pour le moment remporté qu’une seule aux JO : à Sochi, en 2014, sur le skiathlon.
Alors même si la couleur et le format sont les mêmes cette année, le soulagement est immense pour la Norvégienne quand elle passe la ligne d’arrivée à la troisième place du skiathlon féminin, remportant ainsi le bronze. « Je ne pensais pas que ça aurait autant d’importance et pourtant, c’est incroyable », dit-elle, émue, au micro de la NRK.

Sa mère, présente avec son père, a elle aussi fondu en larmes. « Elle a travaillé si dur pour en arriver là, peu importe quelle médaille elle obtient, chacune est difficile à avoir, je suis si fière d’elle », confie May Bente Weng.
En entendant les mots de sa maman, la fondeuse a elle aussi versé quelques larmes. « Le chemin pour en arriver là a été long et difficile, admet Heidi Weng. J’ai pu entendre ma mère m’encourager sur la piste, je regrette juste de ne pas avoir pu entendre aussi mon père car il m’aide tellement au quotidien pour l’entraînement. Mais cette médaille, c’est tellement génial », continue-t-elle.
Accueillie en grande pompe par ses coéquipiers à son retour à l’hôtel, les confettis et le prosecco ont plu sur Weng qui a de nouveau versé une larme. « J’espère que ça se reproduira tous les jours, je n’ai jamais eu un si bel accueil, c’était bouleversant », termine la fondeuse.
Anna Odine Strøm : la fièvre olympique
Sur petit tremplin, Nika Prevc, ultra-favorite, a dû se contenter de l’argent face à Anna Odine Strøm.
La quinzaine olympique n’avait pourtant pas bien commencé pour la Norvégienne. Malade, fiévreuse, elle ne s’était pas présentée à l’entraînement vendredi. « Je ne suis pas en pleine forme, disait-elle à TV2 avant la compétition. Ne pas participer à l’entraînement, c’était une précaution pour être reposée en vue de la compétition. »
Un pari gagnant pour la sauteuse à ski qui empoche la première médaille d’or de la délégation norvégienne. « Je n’en reviens pas, je n’y crois pas, c’est absolument fantastique, réagit Strøm au micro de la NRK après l’annonce de sa victoire. Assise seule en haut, j’entendais les cris du public, j’ai compris que les filles avaient bien sauté et que je devais faire de mon mieux. »

Pari réussi pour la Norvégienne qui ramène l’or à la maison, comme son ancienne coéquipière Maren Lundby en 2018. « Je suis sans voix, Anna est championne olympique ! C’est absolument incroyable ! » se réjouit celle-ci dans la cabine des commentateurs NRK.
Marit Bjørgen absente, Therese Johaug bien présente
Si Therese Johaug a bel et bien pris ses quartiers à Predazzo avec la chaîne NRK, moins d’un mois après son accouchement, il y a une grande absente en Italie : Marit Bjørgen. L’une des coachs de l’équipe féminine de ski de fond norvégienne n’a en effet pas pu faire le voyage.
« J’ai dû changer mes plans à cause d’un petit problème de santé dans ma famille mais les filles sont entre de bonnes mains », assure-t-elle au quotidien Dagbladet.
Le dernier scandale du saut à ski
C’est LA grosse rumeur en saut à ski en ce début de Jeux olympiques : certains athlètes auraient recours à des injections pour agrandir la taille de leur pénis et ainsi gagner quelques précieux centimètres sur leur combinaison et donc peut-être quelques mètres lors du saut. Une théorie que des médias comme The Guardian auraient tenté de prouver quand la FIS affirme que cette pratique est impossible et n’a jamais eu lieu.
Les Norvégiens, d’abord bien silencieux sur la question, ont finalement dû s’exprimer avant le début de leurs Jeux. « Ca fait vendre dans les médias », sourit Marius Lindvik au micro de la NRK. « Il n’y a surtout rien de concret, ce sont juste des rumeurs amusantes », ajoute Kristoffer Eriksen Sundal.
Quand on demande plus sérieusement si la chose semble envisageable, tous ont la même réponse que le chef de leur équipe, Jan Erik Aalbu : « c’est difficile à imaginer », dit-il au quotidien Dagbladet. « Ca ne vaut même pas la peine qu’on s’attarde sur cette rumeur, ça semble tout simplement impossible », commente quant à lui Johann Andre Forfang. « Ca devient ridicule », confirme Christian Meyer, entraîneur féminin, au quotidien VG.

Plus grand regret de l’équipe et des spécialistes : que ce soit la seule chose dont on parle concernant le saut à ski alors que les Jeux promettent de belles performances. « Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer, j’aurais préféré qu’on se concentre sur les performances des sauteurs plutôt que sur leurs pénis », se lamente Johan Remen Evensen, ancien sauteur, toujours dans les colonnes de Dagbladet.
« En revanche, si cela s’avère véridique, il faudra sévir, il serait inacceptable de changer son physique pour gagner un quelconque avantage, le saut à ski ne peut pas se permettre cela », continue Evensen. L’AMA (Agence Mondiale Antidopage) a elle promis d’enquêter sur ces rumeurs, lancées par un tabloïd allemand.
La cantine de Milan/Cortina meilleure qu’à Pékin ?
Il y a quatre ans, la nourriture servie aux Jeux de Pékin avait énormément fait parler, entre autres chez les Norvégiens. Un véritable problème au point que la fédération avait fait venir de la nourriture spécialement pour ses athlètes. « C’était assez horrible », se souvient Emil Iversen au micro de la NRK. « C’est peut-être mon pire souvenir de ces Jeux », ajoute Johannes Høsflot Klæbo qui révèle avoir subi une intoxication alimentaire à la veille du 50 km, comme beaucoup d’autres athlètes tout au long de la quinzaine des Jeux.
« Nous n’aurons pas ce souci en Italie car la plupart des athlètes logent dans des hôtels où nous avons nos habitudes et nous restons en Europe avec une cuisine à laquelle nous sommes habitués », rassure la fédération en ce début de campagne olympique. « Ce sera forcément mieux, c’est de la nourriture italienne après tout », conclut Iversen.
De l’intérieur : les tenues norvégiennes
Vous l’avez sûrement vu sur les réseaux sociaux car les athlètes s’en donnent à coeur joie : faire des reveals des tenues officielles de chaque équipe. Pour la Norvège, c’est le combiné nordique Einar Lurås Oftebro qui s’en charge !
Et ailleurs ?
Les Jeux commencent plutôt bien pour la délégation norvégienne, première ex-aequo avec l’Italie et le Japon.
Depuis jeudi, les Norvégiens concourent en curling double mixte avec des résultats mitigés. La Norvège a d’abord perdu contre le Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Canada lors des phases préliminaires. « C’est difficile, la glace n’est pas bonne mais c’est le cas pour tout le monde et nous devons absolument faire mieux pour nous qualifier », commentaient les curleurs au micro de la NRK. Après s’être ressaisis, ils ont gagné leur match samedi contre la Suède, l’Estonie avant de perdre contre l’Italie, les mettant en difficulté dans la course à la médaille avant leurs trois derniers matchs préliminaires.
En ski alpin, le seul Norvégien engagé n’a pas terminé la descente et se classe dernier. Au big Air masculin, les Norvégiens ne font pas mieux : ils ne se sont pas qualifiés vendredi et n’ont donc pas participé à la finale ce samedi.
Le patinage de vitesse rattrape quant à lui ce bilan mitigé dans les disciplines non-nordiques. La Norvégienne Ragne Wiklund remporte en effet l’argent sur le 3000m.
Au programme demain
La Norvège alignera sur le skiathlon masculin Johannes Høsflot Klæbo, Mattis Stenshagen, Martin Løwstrøm Nyenget et Harald Østberg Amundsen, pourtant malade. Emil Iversen, lui, a été laissé sur la touche malgré ses performances de l’hiver dont son podium sur le même format à Trondheim en décembre où il avait devancé Stenshagen et Nyenget.
« La sélection a été difficile mais nous sommes satisfaits de notre équipe, dit le coach Eirik Myhr Nossum à Dagbladet. Emil Iversen était prêt, il aurait pu comme d’autres faire un bon résultat mais il fallait choisir, il a toujours ses chances pour d’autres formats. » Iversen visera donc certainement désormais la médaille aux 50 km.

Au relais mixte de biathlon, la Norvège a sélectionné Martin Uldal, Vetle Sjåstad Christiansen, Karoline Knotten et Maren Hjelmeset Kirkeeide. Le grand déçu ? Johan-Olav Botn. « C’est toujours embêtant de ne pas être sélectionné mais ça nous est déjà arrivé à tous alors je pense que je ne le gère pas trop mal », réagit-il au micro de TV2.
Du côté des sélectionneurs, on explique ce choix par la forme récente des athlètes. « Si nous avions choisi avant Noël, évidemment Botn aurait été pris », dit ainsi Per Arne Botnan.
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