Le bronze, l’or et l’argent puis la retraite ?
« Le 50 km classique, c’est mon point faible, j’aurais pu faire mieux en style libre mais de toutes façons, je trouve cette distance trop longue », confie Heidi Weng à l’issue de sa course, au micro de la NRK.
Il faut dire qu’après 30 km, Ebba Anderson s’est échappée sans elle et que la Norvégienne a ensuite fait la course seule. « J’en ai profité pour parler avec les techniciens sur le bord de la piste, je leur ai même dit d’encourager Kristin pour moi », continue Weng.

Alors qu’elle était en grande forme et pensait enfin décrocher la médaille d’or individuelle qui lui manque, Heidi Weng a subit son changement de ski. « Je me suis dit directement que ça avait été une mauvaise idée, je m’amusais beaucoup plus sur la première paire, ça a été trop difficile avec la deuxième », révèle la Norvégienne au quotidien VG.
Mais même si ce n’est toujours pas l’or pour Heidi Weng (qui attend une nouvelle victoire depuis 1510 jours, comme elle le rappelle à Dagbladet), cette médaille d’argent est belle pour celle qui a connu quelques saisons difficiles à cause d’une commotion cérébrale. « J’avais le sentiment ce matin que ce serait une bonne journée, je suis vraiment heureuse », conclut la fondeuse qui repart avec les trois couleurs de médailles ce soir.
La question est de savoir si elle continuera après ça ? Les experts TV2 le souhaitent en tous cas : « le ski de fond norvégien a besoin d’Heidi Weng, nous espérons qu’elle continuera encore quatre ans pour les Mondiaux de Falun, Lahti puis les JO en France », dit Petter Skinstad.
« Je suis dans l’équipe de 17 ans et ce n’est pas toujours facile, je dois y réfléchir, ça commence à me peser un peu d’être absente toute l’année », a répondu Weng, n’excluant pas de s’arrêter à la fin de la saison.
Le malheur d’Astrid Øyre Slind
Après 10 km, la grande favorite norvégienne du 50 km, Astrid Øyre Slind, se résignait à abandonner la course. « Je ne peux pas dire que je sois heureuse, c’est difficile de voir l’objectif d’une saison, voire d’une vie, s’effondrer ainsi », confie-t-elle, les larmes aux yeux, à la NRK après son abandon.
Des skis peu adaptés aux côtes de la piste de Tesero et voilà une Slind contrainte à l’abandon, avant même d’avoir le temps de changer de paire de skis. « On leur avait donné comme consigne d’éviter de changer de skis avant le troisième tour car c’était des paires très agressives, explique le coach de Slind, Chris Jespersen. Elle a donc abandonné, ce qui est vraiment dommage quand c’est la course de sa vie, le travail des techniciens n’a peut-être pas été parfait. »

« On ne peut pas les blâmer entièrement, j’ai ma part de responsabilité, c’est un coup du sort, pas du mauvais travail de leur part », nuance la fondeuse. « Il y a eu une erreur d’appréciation de notre part à tous avant le départ, estime le chef du fartage norvégien. Et nos techniciens ont été très tristes de voir que Slind avait d’aussi mauvais skis, ils sont très fatigués et stressés eux aussi. »
Leur travail ayant été parfait tout au long de ces JO, difficile de leur en vouloir. Se pose aussi la question de la longueur de la course, rendant la piste changeante. « 30 kilomètres seraient suffisants, redit Karole Simpson-Larsen à la NRK. On met bien plus de temps que les garçons, les écarts sont énormes, on en est capables mais ce n’est pas amusant pour nous ou à regarder. »
2038 en Norvège ?
« Le gouvernement norvégien est ouvert à ce que notre pays pose sa candidature pour l’organisation des Jeux d’hiver, a annoncé le premier ministre Jonas Gahr Støre à la NRK lors de son séjour aux JO de Milan/Cortina. La ministre de la culture des sports et moi-même sommes disposés à dialoguer avec les différents acteurs du sport norvégien et olympique et nous avons le temps de planifier des Jeux à notre manière. »
Les deux prochaines éditions sont en effet déjà attribuées à la France et aux Etats-Unis, ce qui laisserait au minimum 12 ans à la Norvège pour préparer sa candidature puis ses infrastructures au mieux.
Après des Jeux d’hiver records pour la Norvège, une candidature serait plutôt bien accueillie par tous les dirigeants, politiques comme sportifs. Reste à savoir ce qu’en pense le peuple norvégien. « Nous avons un rôle à jouer quand on voit notre rôle à l’international dans ces sports et évidemment, cela aiderait aussi à développer tous ces sports en Norvège grâce aux infrastructures qui seraient créées ou rénovées », dit la présidente de la fédération norvégienne des sports, Zaineb Al-Samarai.

« On se conduit comme des vikings à aller voler toutes les médailles en métal précieux dans un autre pays, il est temps de les inviter à notre propre fête, renchérit le directeur de l’Olympiatoppen, Tore Øvrebø. De plus, la Norvège dispose déjà de la plupart des installations nécessaires. »
Une candidature norvégienne intéresserait aussi le CIO, comme l’a confirmée Kirsty Coventry. Le principal souci à cette candidature ? La garantie financière demandée à l’Etat organisateur. De plus, la Suisse semble bien partie pour obtenir les JO 2038, ce qui ferait attendre l’édition 2042 voire 2046. « Et quel sera l’engouement d’ici là ? » s’interroge un expert de la NRK.
Un mot d’ordre en tous cas : des Jeux durables avec réutilisation de structures existantes ou réutilisables. La Norvège devra alors décider si elle préfère imiter l’Italie et ses Jeux dispersés sur plusieurs villes ou si elle choisira une seule ville comme Tromsø, Trondheim ou Oslo pour récréer l’ambiance des JO de Lillehammer en 1994.
Inside
Ingrid Landmark Tandrevold rentre peut-être sans médaille à la maison mais elle aura plein de souvenirs dans sa pellicule photo.
Une fois devenue remplaçante après le fiasco de la poursuite, la biathlète comptait bien profiter de ce que l’Italie avait à offrir et elle n’a pas été déçue, tout cela aux côtés de ses amis du circuit mondial de biathlon.
Au total
41 médailles. 18 en or, 12 en argent et 11 en bronze. Le bilan de la Norvège au final de ces Jeux de Milan/Cortina est impressionnant.
Mais si la Norvège est bel et bien la plus grande nation des sports hivernales, elle peut remercier le ski nordique. Avec 14 médailles en ski de fond, 11 en biathlon, 5 en saut à ski et 3 en combiné nordique, c’est plus des trois quarts des médailles ramenées qu’on doit à ces athlètes.
Evidemment, le roi de ces JO, c’est bel et bien Johannes Høsflot Klæbo qui, avec ses 6 médailles d’or, se classerait à lui tout seul neuvième nation, devant l’Autriche, le Japon ou encore le Canada.
Jens Lurås Oftebro a lui aussi réalisé une performance incroyable en prenant les trois titres possibles en combiné nordique. Avec ses 5 médailles, Sturla Holm Lægreid aura également marqué les esprits, tout comme Anna Odine Strøm en saut à ski féminin qui repart avec trois médailles (dont deux en or) sur trois épreuves.
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