Un skiathlon pour remplir des objectifs
C’était annoncé et il commence bien : Johannes Høsflot Klæbo compte bien réitérer l’exploit de Trondheim l’an dernier en remportant 6 titres sur les 6 en jeu aux JO, un objectif bien engagé avec l’or sur le skiathlon.
« Je suis vraiment content, dit-il au micro de TV2 après la course. Commencer ainsi, c’est vraiment important, je peux me détendre un peu plus et profiter de ma quinzaine. » Dans les colonnes de Dagbladet, il ajoute : « je suis plus serein que l’an dernier, plus détendu, je profite plus et ça semble bien fonctionner aussi alors tant mieux. »

Mais attention, si son objectif d’obtenir au moins un titre est rempli, le Norvégien ne compte pas pour autant laisser les autres à ses adversaires. « Je ne suis absolument pas rassasié, c’était parfait aujourd’hui et j’ai vraiment envie de revivre ça », sourit-il. Il faut dire qu’avec l’avance qu’il a pris sur les dernières dizaines de mètres, le fondeur a pu profiter. « Quand je me suis retourné et que j’ai vu qu’il y avait un peu de marge, j’ai vraiment pu savourer, c’est une sensation incroyable quand ça se passe ainsi », explique-t-il à VG.
Son père, l’un des membres de son équipe d’entraînement, approuve : « c’était magique », confie un Haakon Klæbo aux anges.
Mais le clan Klæbo n’est pas le seul à être ravi dans l’équipe norvégienne aujourd’hui. « Obtenir une médaille dès mes débuts olympiques, c’est formidable, c’est une journée mémorable, déclare Martin Løwstrøm Nyenget qui n’oublie pas de préciser qu’il est content que Mathis Desloges ait pu garder sa médaille. J’espère pouvoir courir la prochaine distance et être encore plus à l’attaque. »
Mattis Stenshagen, la déception norvégienne du jour
C’est la grosse déception du jour : Mattis Stenshagen, quatrième homme de la Norvège, a terminé seulement à la 21e place du skiathlon. Un résultat difficile à accepter pour les experts et fans du ski de fond norvégien alors qu’ils pointaient avant la course qu’Emil Iversen aurait peut-être plus mérité sa place après ses résultats cet hiver.
« C’était une parodie de course, la deuxième partie a tout simplement été catastrophique, reconnaît Stenshagen au micro de TV2. Je n’ai pas d’explication, je n’étais juste pas en forme. » Pour le quotidien VG, le fondeur va même plus loin : « j’ai presque honte pour être honnête, je comprends les commentaires négatifs que je vais recevoir mais je dois digérer aussi ma propre déception. »

Les experts, évidemment déçus de ce résultat, ne le blâment pourtant pas. « Ce n’est pas la faute de Stenshagen, il a fait tout ce qu’il a pu, il passe déjà une mauvaise journée, on ne va pas en rajouter », dit l’expert TV2 Petter Skinstad.
Pour tous, le réel problème, c’est encore une fois la sélection des coachs, très souvent remise en question. « Iversen aurait dû être à la place de Stenshagen, il subit encore le fait de ne pas avoir été sélectionné dans l’équipe olympique dès le Tour de Ski, moment où les coachs ont décidé des sélectionnés pour aujourd’hui, la fédération norvégienne est totalement responsable de ce fiasco », affirme Skinstad.

Du côté de la fédération, Eirik Myhr Nossum, coach de l’équipe masculine, maintient son choix. « Nous avions défini des critères, nous avons respecté ceux-ci et personne ne peut savoir ce qu’il se serait passé si nous avions sélectionné Iversen ou un autre fondeur, rien n’indiquait non plus que Stenshagen ne serait pas en forme aujourd’hui », affirme Nossum.
Les déboires de Stenshagen, pour les experts, auront au moins un petit avantage : faciliter les prochaines sélections en laissant leur chance à d’autres que lui, et particulièrement à Iversen, plébiscité par tous, sauf par l’équipe nationale norvégienne.
L’effondrement de Maren Kirkeeide
« J’ai de la peine pour mes coéquipiers, ils méritaient mieux vu les relais qu’ils ont fait », se désole une Maren Kirkeeide au micro de TV2 après le relais mixte de biathlon. Première chose qu’elle a d’ailleurs fait en passant la ligne d’arrivée : s’excuser, comme elle l’explique au quotidien Dagbladet.
Car la jeune biathlète n’est pas déçue pour elle-même, elle accepte même assez bien de ne pas obtenir de médaille au vu de son tir plutôt mauvais. « Je ne sais pas vraiment ce qu’il s’est passé car j’étais confiante en arrivant sur le pas de tir, j’en ai manqué une et soudain, je me suis mise à trembler. Si ça m’était arrivé en individuel, je passerai à autre chose mais là, c’est rageant d’avoir fait couler l’équipe avec moi », confie-t-elle à la NRK.

Ses coéquipiers, eux, ne lui en veulent pas le moins du monde. « Nous étions un groupe de quatre nations, il y allait forcément y avoir des déçus. C’est nous, c’est comme ça, c’est le jeu. Ca nous est déjà arrivé à tous ce genre de raté », déclare Vetle Sjåstad Christiansen, deuxième relayeur. « J’avais peur que Maren soit anéantie mais heureusement elle a l’air de bien le gérer », rassure Martin Uldal. Karoline Knotten, dernière coéquipière de Kirkeeide, est du même avis que ses compatriotes : « c’est dur d’être quatrième mais en même temps, on a montré qu’on se battait avec les meilleurs, le public a dû apprécier et ça montre qu’on peut faire de très bons JO », estime-t-elle.
Marte Olsbu Røiseland, ancienne biathlète et désormais consultante pour la NRK, rappelle aussi que ce sont les tous premiers Jeux de Maren Kirkeeide. « Elle a seulement 22 ans, elle visait une médaille olympique et ça pourrait faire flancher n’importe qui », assure-t-elle. « Ce qui compte maintenant, c’est qu’elle analyse ce qui n’a pas été pour passer à autre chose, demain est un autre jour et la prochaine compétition arrive vite », conclut un Christiansen encourageant.
Vetle Sjåstad Christiansen privé d’individuel
Alors qu’il se remet de sa déception d’avoir perdu la médaille malgré son bon relais, Vetle Sjåstad Christiansen a confié à TV2 qu’il ne serait pas réaligné tout de suite au départ des Jeux de Milan/Cortina.

En effet, le Norvégien sait de longue date qu’il ne participera pas à l’individuel masculin mardi prochain. « La course d’Östersund était décisive pour se qualifier et même si j’ai lutté pour essayer d’avoir une place sur l’individuel olympique, j’ai dû l’accepter », confie Christiansen.
Inside
Pour chaque médaille, la délégation norvégienne fête l’évènement comme il se doit. Alors pour la première médaille d’or du pays, forcément, l’équipe de saut à ski a réservé un accueil émouvant à la gagnante Anna Odine Strøm sur l’hymne « We are the Champions » du groupe Queen.
Johannes Høsflot Klæbo, lui, a célébré sa médaille d’or avec Emil Iversen, dans leur chambre d’hôtel avec une danse de la victoire toute personnelle, brosse à dents comme micro y compris.
Et ailleurs ?
Journée brillante pour les nordiques norvégiens, moins pour une partie de leurs compatriotes.
En ski alpin, la seule Norvégienne engagée sur la descente féminine termine 7e.
En luge, en simple masculin, aucun Norvégien n’était aligné tout comme en snowboard féminin et masculin dans l’épreuve du slalom géant parallèle.
En curling double mixte, les espoirs de la Norvège d’atteindre les demi-finales semblent anéanties après leur défaite contre la République tchèque.
En patinage de vitesse en revanche, avec trois Norvégiens au départ du 5000m masculin, tous les espoirs étaient permis. Et en établissant un nouveau record olympique, Sander Eitrem remporte l’or haut la main et permet à la Norvège de garder la première place au tableau des médailles.
Au programme demain
Une seule épreuve nordique au programme : le petit tremplin masculin en saut à ski. Seront alignés les trois Norvégiens : Johann Andre Forfang, Marius Lindvik et Kristoffer Eriksen Sundal.

Parmi eux seront choisis les deux meilleurs pour sauter sur le par équipes mixte mercredi aux côtés d’Eirin Maria Kvandal et la médaillée d’or Anna Odine Strøm, annoncées dans la sélection ce dimanche.
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