Biathlon : « fiasco » chez les Norvégiennes
La Norvège a fait grise mine sur les pistes de biathlon aujourd’hui. Après deux médailles hier, la première Norvégienne est seulement 16e aujourd’hui avec Marthe Johansen. Karoline Knotten est elle 25e et la grande favorite de l’équipe, Maren Kirkeeide, termine 49e. Pire, Ingrid Landmark Tandrevold est 71e. « Un fiasco », titrent les médias nationaux.
« C’est extrêmement décevant », juge Ola Lunde, expert NRK. « Ce n’était pas beau à voir pour Tandrevold », confirme son ancienne coéquipière Marte Olsbu Røiseland. « Elle est prise dans une mauvaise spirale psychologique en ce qui concerne le tir », juge Ole Einar Bjørndalen pour TV2.

Et il est vrai que ce qui a gêné les deux Norvégiennes les moins bien classées aujourd’hui, c’est le tir. Kirkeeide a en effet fait 5 fautes et Tandrevold a comptabilisé 7 ratés, dont 4 sur un seul tir. Sur les skis, en revanche, elles signent respectivement le 5e et 4e temps. « Aujourd’hui, j’aurais dû changer de discipline, je me sentais comme une reine sur la piste, c’était fantastique et ensuite, je me suis complètement étalée sur le tir, je doutais, j’étais essoufflée, c’était mauvais », explique Tandrevold qui reste néanmoins positive en rappelant qu’il y aura d’autres opportunités de performer.

« On a encore beaucoup de chemin à parcourir mais on veut faire mieux, on va continuer à se battre », promet la biathlète au quotidien VG. Les quatre mêmes Norvégiennes sont d’ailleurs sélectionnées pour le sprint et la poursuite.
Combiné nordique : l’or malgré les conditions de piste
Après les retraites de Jarl Magnus Riiber et Jørgen Graabak, l’équipe de combiné nordique norvégienne a eu du mal à se remettre en route cet hiver.
Alors forcément, la médaille d’or de Jens Lurås Oftebro arrive comme une délivrance sur cette épreuve individuelle du petit tremplin. « C’est complètement fou, c’est quelque chose pour laquelle toute l’équipe a travaillé très dur, c’est incroyable, confie un Oftebro soulagé et heureux au micro de la NRK. Je vais pouvoir envisager plus sereinement le grand tremplin. »
Son frère, Espen, 12e du jour, est ravi pour son cadet. « Il est impressionnant, c’est un spécialiste des grands championnats et il l’a montré de la plus belle des manières en remportant l’or dès sa première occasion », dit-il au quotidien VG. « Jens doit planer, être vraiment heureux, c’est une ivresse qu’on oublie jamais », se rappelle son ancien coéquipier Jørgen Graabak.
Ce dont Jens Lurås Oftebro était moins heureux, c’était de la piste olympique. « C’était horrible, la neige était incroyablement molle, on s’enfonçait dedans et c’était très difficile », explique le champion olympique. Malgré cette difficulté, le Norvégien a réussi à rattraper son retard de 20 secondes sur le premier du saut à ski, l’Estonien Kristjan Ilves.

« Ces conditions ne restent pas dignes d’une compétition olympique, juge l’expert NRK Fredrik Aukland avant la course. Le pire, ce sont les montées et les plats, ça passe encore dans les descentes et les virages mais ça annonce un calvaire pour ces 10 km. »
Si les athlètes ont reconnu la difficulté des conditions, ils ont affirmé ne pas pouvoir juger de ce que devait être ou non une piste olympique. Les chefs du combiné international, eux, ont affirmé avoir eu des discussions avec les chefs du ski de fond mais aussi l’organisation des Jeux. « Nous avons fait savoir que ces conditions n’étaient pas acceptables », explique Lasse Ottesen, directeur de course du combiné.

L’organisation a en revanche refusé de faire les tests de salinité demandés par les directeurs de course, sous prétexte de ne pas abîmer la neige en vue des épreuves paralympiques de mars.
Martin Uldal : « Je me sens lésé »
On connaît aussi d’ores et déjà les quatre Norvégiens alignés sur le sprint (et donc la poursuite) du biathlon masculin : Johan Olav Botn, Sturla Holm Lægreid, Vetle Sjåstad Christiansen et Johannes Dale-Skjevdal.
Une déception pour Martin Uldal. « Je trouve ça aberrant, je me sens lésé, je méritais ma place sur ce sprint et je trouve dommage qu’on donne autant d’importance au résultat de l’individuel qui est un exercice très différent », dit-il à VG, faisant entre autres référence à la sélection de Lægreid qui n’était monté sur aucun podium cette saison avant hier et a moins bien figuré sur les prochains exercices que son compatriote.

« Nous comprenons que Martin soit déçu, il était particulièrement bon sur le sprint et la poursuite cet hiver mais nous avions communiqué exactement les conditions de sélection aux athlètes en amont », déclare Per Arne Botnan, directeur du biathlon norvégien.
Sauf que pour Uldal, la condition de la participation de Lægreid au sprint était qu’il remporte l’individuel, ce qui n’a pas été le cas. « J’ai l’impression que l’équipe n’a rien retenu des problèmes de l’an dernier mais on ne peut pas vraiment dire quoi que ce soit si on veut continuer d’être sélectionné à l’avenir », continue Uldal. « Il est déçu de ne pas être sélectionné, nous l’entendons et il aura d’autres occasions », redit Per Arne Botnan. Dernière chance pour Uldal : la mass-start.
Appel aux remplaçants
Chaque équipe a choisi des remplaçants en cas de maladie mais ceux-ci n’étaient pas autorisés à voyager en Italie avant d’en avoir l’autorisation.

Avec le retour à la maison anticipé de Mattis Stenshagen, Andreas Fjorden Ree espère avoir l’opportunité de se rendre en Italie. « La fédération veut me faire venir si les règles olympiques le permettent, a-t-il confirmé à la NRK. Je m’étais résigné à ne pas faire le voyage mais j’ai à nouveau un petit espoir. »
Inside
Beaux joueurs, les Norvégiens ont invité Eric Perrot à fêter les médailles de l’individuel ensemble autour d’un verre (ou une douche) de prosecco, un gâteau et un feu d’artifice.
Et ailleurs ?
Petite journée à Milan/Cortina pour la Norvège, toujours première nation avec 13 médailles dont 7 en or.
Hormis le nordique, peu d’épreuves offraient des médailles et encore moins où des Norvégiens étaient engagés. Aucun représentant du royaume n’était en effet sur le patinage artistique, la luge ou encore le ski bosses.
Malheureusement, en ski alpin, pas de médaille sur le Super-G masculin où les Norvégiens terminent 8e, 12e et 27e. C’est la première fois depuis 1998 que l’équipe ne ramène pas de médaille du Super-G.
En patinage de vitesse, sur le 1000m masculin, pas de médaille non plus.
Au programme demain
Demain, retour du ski de fond avec le 10km féminin. La Norvège alignera Heidi Weng, déjà médaillée sur le skiathlon, Astrid Øyre Slind, Karoline Simpson-Larsen et Kristin Austgulen Fosnæs.

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