JO/Biathlon : Domracheva veut briller à Pyeongchang

BIATHLON – La championne biélorusse avait conquis la planète biathlon, lors des olympiques de Sochi en 2014. Une mononucléose et l’arrivée d’un enfant dans le foyer qu’elle a créé avec Bjoerndalen l’ont ensuite éloignée des stades. À Pyeongchang, la jeune femme entend aujourd’hui renouer avec les victoires.

 

Après des Jeux olympiques de Sochi parés de gloire, Darya Domracheva n’a pas régné longtemps. Aux oubliettes la souveraine du biathlon mondial qui avait réussi l’exploit de remporter trois titres individuels en Russie, hors jeu la championne incontestée de la saison 2014/2015. La jeune femme, souffrant d’une mononucléose, a dû abdiquer. Quelques mois plus tard, alors qu’elle espérait enfin retrouver son trône, un autre obstacle l’en empêche, celui-ci moins dramatique, bien au contraire d’ailleurs : la Biélorusse, en couple avec Ole Einar Bjoerndalen, est enceinte.

Après la naissance de leur premier enfant, le 1er octobre 2016, la reine de Sochi n’a plus qu’un objectif : son retour sur la scène internationale. « C’était un vrai défi pour moi et revenir n’a pas été facile », reconnaît-elle, lors d’un entretien accordé à Nordic Magazine.
Mais le défi est relevé haut la main puisque, quelques mois plus tard, Darya Domracheva quittait les Mondiaux d’Hochfilzen avec une médaille d’argent, fruit d’un dur labeur, dans ses bagages. « J’y suis allée étape par étape, sans me presser. C’est ce qui m’a permis d’obtenir d’aussi bons résultats », analyse la championne.

Pour cette nouvelle année olympique, celle qui a habité en Russie pendant treize ans, a décidé de ne rien changer à son programme, même si elle souligne que cette décision ne garantit rien. Il n’y a pas de formule miracle, ni de secret, juge l’adversaire de Marie Dorin-Habert ou Anaïs Bescond. « Je connais le but à atteindre et je cherche le meilleur moyen pour y arriver, décrit-elle. Cette année, j’ai alterné les stages à haute et basse altitude. »

Ce programme sera-t-il suffisant pour renouveler l’exploit de 2014 ? Libérée en apparence de toute pression, la biathlète témoigne seulement de son impatience à « revivre l’atmosphère olympique. »Pour le reste, Darya Domracheva entend faire de son mieux. Un nouveau mot d’ordre pour la native de Minsk qui déclare ne plus avoir seulement le sport comme priorité. Sa maternité a tout remis en question. « Ma vision de la vie a changé, forcément, confirme-t-elle à Nordic Magazine. Quand je suis devenue maman, je me suis retrouvée responsable d’un petit être humain. Cela m’a fait grandir et j’ai réalisé ce qui comptait vraiment dans la vie. »

Maman d’une petite fille

La petite Xenia, âgée d’un an, a bouleversé le quotidien du couple vedette de la planète biathlon. Il a fallu s’organiser. Dans un foyer qui comprend deux parents sportifs de haut niveau et un bébé, il n’y a pas d’autres choix. « Je cloisonne beaucoup, explique la triple championne olympique. Quand je suis à l’entraînement, j’y suis vraiment. Avoir une nounou sur qui l’on peut compter, ça aide beaucoup à ne pas s’inquiéter et à être à fond sur les skis. » Le reste du temps, Darya Domracheva ne pense qu’à sa famille. Mieux que personne, elle sait mettre sur pied un programme plein de câlins et de jeux qui plaît à tout le monde.

Avec Ole Einar Bjoerndalen, il n’est toutefois pas interdit de parler biathlon à la maison, l’athlète admet même que c’est inévitable : « c’est intéressant pour nous deux, ces discussions nous permettent de progresser l’un comme l’autre. » Et elle ne cache pas son besoin d’être soutenue par son mari.

Ambassadrice de son sport

Une solidarité inconditionnelle qui a même amené le Norvégien à s’installer en Biélorussie. Cela n’empêche pas son épouse, parfois, de s’entraîner avec l’équipe norvégienne. Mais toujours avec leur fille dans les parages ! « Avoir un enfant, surtout lorsqu’on voyage, ce n’est pas simple, sourit la maman. Il faut transporter toutes les affaires pour bébé… Finalement, on y arrive ! C’est aussi pour cela que nous choisissons des stages plus longs que d’ordinaire. » De toute façon, hors de question pour la biathlète de s’éloigner trop longtemps de son nouveau petit trésor.

Darya Domracheva arrive parfois à allier sport et vie de famille, en créant par exemple chez elle, dans la capitale biélorusse, un City Event de biathlon. « Je l’ai créé après ma saison 2013/2014 qui avait été un vrai succès, rappelle l’athlète. Le but était de proposer des activités familiales, de faire découvrir mon sport et son atmosphère. » C’est à partir de là qu’elle a véritablement mesuré l’engouement de ses compatriotes pour sa discipline.

Elle a alors choisi d’ajouter au programme une course hors normes : la fameuse Legends Race où s’affrontent des stars du circuit. « C’est surtout une opportunité supplémentaire de populariser notre sport », assure Darya Domracheva.
Après sa participation à l’édition 2016, Sandrine Bailly, ex-biathlète française, confiait qu’elle avait été impressionnée par « cette volonté de grandeur ». De quoi séduire l’IBU ? « J’aimerais qu’un jour, on organise chez moi une étape de coupe du monde, s’enthousiasme l’enfant du pays. C’est un sport vraiment intéressant, qui tient en haleine les spectateurs. »

Lucide, elle sait que rien ne pourra se faire sans l’engouement de ses compatriotes. Et ceux-ci réclament des résultats. » D’où la persistance de la Biélorusse à toujours faire de son mieux. Le sésame pourrait d’ailleurs venir en février prochain, en Corée du Sud. Pour cela, il lui faudra réussir à défendre ses trois titres olympiques à Pyeongchang. Et être couronnée grande impératrice.

 

Photo : image d’archives NordicFocus

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