Jura : le deuxième massif français, après les Alpes du Nord, pèse 25 millions d’euros

17 OUV ENJ nordique

A lui seul, le massif jurassien côté France représente un quart du chiffre d’affaires national du nordique en France. Un marché qui, dans l’hexagone, oscille entre 5 et 10 millions d’euros selon les hivers. Or, la dernière saison, pour les sites situés à une altitude supérieure à 1 000 m, figure parmi les meilleurs crus de la dernière décennie. Nous arrivons donc à un chiffre d’affaires (CA) de plus de 2 millions d’euros pour le Jura, le Doubs et l’Ain. Soit une hausse de 33 % par rapport à 2010-2011 et de 17 % vis-à-vis de la moyenne des cinq dernières saisons, quand d’autres, à l’exemple des Vosges, des Alpes du Sud ou de la partie orientale des Pyrénées, ont enregistré de mauvais chiffres. 

« Nous sommes une vraie filière »

Thierry Gamot, directeur de Nordic France, ajoute une donnée importante pour mesurer le poids réel des activités nordiques : « Suite à un travail avec la Datar, on considère qu’1 euro de redevance génère entre 10 et 15 euros de retombées ». Espace nordique jurassien (ENJ) qui regroupe l’ensemble des 29 domaines de la chaîne jurassienne, a donc fait son calcul : plus de 25 millions d’euros sont injectés dans l’économie locale (consommation touristique, équipement des fondeurs, investissements des stations…).  Il n’en faut pas davantage à Florent Vacher, son président, pour affirmer : « Nous sommes une vraie filière, nous jouons un vrai rôle d’aménagement du territoire. »

FlorentVacher.jpgENJ est aussi le massif tricolore qui a vu son CA progresser le plus fortement. « C’est le fruit de votre nouvelle politique tarifaire, a commenté M. Gamot : Preuve que le courage paie. » L’an prochain, la saison coûtera de 82 à 102 euros, le pass hebdomadaire est fixé à 42 euros pour les adultes et 28 euros pour les jeunes.

Après cette remise à plat des prix de vente et la mise en place d’une webcam par site, ENJ lance un nouveau chantier d’envergure : la réalisation d’une cartographie commune et harmonisée qui, pour son président, dépasse de loin le simple plan des pistes. « Nous avons prévu une déclinaison Internet et pour les smarphones ». Par l’interactivité, le Jura veut modifier son image en termes de modernité et de convivialité. 

Une démarche de labellisation”

En parallèle, une démarche de labellisation des différents sites est menée avec Nordic France. « Il faut y voir un outil d’amélioration de l’offre, surtout pas une sanction », précise Thierry Gamot. Le Jura ne serait pas assez pointus sur l’aspect réglementaire, de son propre aveu. Les normes de sécurité pourraient, dès lors, être choisies comme thème de la prochaine journée du nordique qui réunit l’ensemble des acteurs. 

« Aujourd’hui, on ne fait plus du ski, on va à la montagne », a encore indiqué Florent Vacher, qui a insisté sur la nécessité pour le territoire de faire entendre sa petite musique. A commencer pour la défense de La Transjurassienne « qui fait partie de notre ADN ». « Il est inquiétant qu’un sport respectueux de la nature soit pris en otage, a-t-il regretté. C’est en mutualisant nos forces qu’on fera entendre notre petite voix. » Un slogan qui pourrait être celui de toutes les actions d’ENJ.