L’entraînement sportif est-il un sujet de philo ? L’exemple par le combiné nordique

Lundi, 481 021 candidats au bac général et technologique ont passé le bac de philo. Les sujets ont été variés : «Peut-on agir moralement sans s’intéresser à la politique?», «Que devons-nous à l’Etat?» ou «La diversité des cultures sépare-t-elle les hommes ?».

Sur son blog Plus vite, plus haut, plus fort, l’entraîneur Pierre-Jean Vazel s’est demandé si les lycéens pouvaient plancher sur l’entrainement sportif dans cette épreuve reine de l’examen. Découvrez ci-dessous un extrait de sa réponse, où il évoque le combiné nordique cher à Jason Lamy Chappuis.

 

 Sebastien Lacroix Chaux Neuve

 

(…) On touche ici à « la loi de l’interpénétration des contraires » d’Engels. On peut la décliner avec le hasard et la nécessité, qui sont finalement difficiles à démêler dans la découverte de la périodisation de l’entraînement, soit la division de la durée de préparation en cycles. D’après Zatsiorsky (voir à 45 min 45), ce concept clé viendrait du Combiné Nordique, cette discipline associant le saut à ski et le ski de fond, deux sports qui n’ont en commun que la neige, et réclamant des facultés opposées : d’une part la vitesse, de l’autre l’endurance.

La périodisation, découverte du hasard ?

 

À l’origine, leur entraînement était réuni dans la même journée, le matin était consacré au saut, l’après-midi à la course. Les résultats en compétition étant mauvais, l’expérience n’était pas concluante et il a donc fallu essayer autre chose. La pratique s’est alors dirigée vers des blocs périodiques : alterner un trimestre dédié principalement à la vitesse, puis un autre à l’endurance. Les performances sont arrivées, et ont été encore améliorées par des cycles réduits à deux semaines. Finalement, cette anecdote rejoint les propos d’Engels sur « le développement de nos connaissances théoriques sur la nature du mouvement en général, connaissances reposant sur une base empirique. » Il convient alors d’observer ce qui ne marche pas et de ne pas le reproduire. Ce que résume la troisième loi dialectique, celle « de la négation de la négation », autrement dit, le « développement par contradiction ». (…)