L’hommage de Kilian Jornet à Stéphane Brosse : « T’es parti comme tu vivais »

Stéphane Brosse, champion français de ski-alpinisme, est décédé dimanche matin à l’Aiguille d’Argentière (Valais). Accompagné de Kilian Jornet, il tentait la traversée du massif du Mont-Blanc.Stéphane Brosse, triple champion du monde de ski-alpinisme (individuel, relais et équipes), est un ancien vainqueur de la Patrouille Des Glaciers. 

208038 1051677415938 970 nHier, sur son site, Kilian Jornet lui a rendu hommage :

Je me souviens de ce cahier ou il y avait ta photo, devant mes cours du lycée. Je me souviens de te chercher avec timidité pour te demander une photo lors des grands championnats. Je me souviens de tes mots toujours aimables aux jeunes coureurs comme moi. Je me souviens de ta facilité dans les descentes, dans toutes les neiges. Je me souviens de ta sécurité, de ton pas facile dans le plus difficile. Je me souviens de ton sourire, lors que t’étais en montagne.

J’ai appris à tes côtés à sentir la montagne plus que des techniques. J’ai appris à tes côtés à vivre avec passion nos passions, dans l’effort, dans la montagne, mais aussi dans l’amitié et dans la famille. J’ai appris avec toi que les victoires ne sont pas celles des journaux mais celles de nos yeux, et ceux de nos proches. J’ai appris avec toi le valeur de la vie, de vivre et poursuivre nos rêves.

Je t’ai connu comme “le Boss”, le meilleur compétiteur de l’histoire du ski alpinisme, celui dont participation était synonyme de victoire. Je t’ai apprécié comme celui qui, inaperçu, aime son sport et transmet ses connaissances et valeurs aux jeunes plutôt que briller seul. Je t’ai aimé pour ton amour à la vie, à tes proches, pour ta simplicité et vérité.

Je suis heureux d’avoir partagé des moments avec toi, je suis heureux d’avoir connu l’incroyable personne qui était derrière l’énorme champion.

Quand on partait en montagne c’était impossible de penser que ça allait mal se passer. Ton pas sûr, détendu, facile, m’inspirait de la confiance, de la sécurité. A tes cotés on se sentait serein.

T’étais trop fort pour la montagne, Stéphane ; je t’ai vu descendre des pentes impossibles à grande vitesse, sauter des corniches énormes sans trembler, faire des virages dans des neiges inskiables… Comme disait Messner, “La montagne n’est ni juste ni injuste, elle est dangereuse”. T’es parti trop tôt, Stéphane.

T’es parti comme tu vivais, avec un sourire, avec de l’amabilité, sans faire du bruit et pourtant dans le plus haut. Sans douleur, tombant comme tombe un arbre doucement.

Adieu Stef. Tu vas rester toujours dans nos coeurs.