La biathlète espagnole Victoria Padial privée de Jeux

BIATHLON – La plus française des biathlètes espagnoles, Victoria Padial Hernandez, ne se rendra pas à Pyeongchang, suite à un changement des règles de sa fédération intervenue en dernière minute. « Un scandale », dénonce son entraîneur français Alexandre Nappa.

 

Après Vancouver 2010 et Sochi 2014, il n’y aura sans doute pas de Pyeongchang 2018 pour Victoria Padial. La plus française des biathlètes espagnoles voit son rêve d’une troisième olympiade s’envoler pour des raisons pas très nettes…

Invitée via une wild card donnée par l’IBU et le CIO pour participer à ses deux premières olympiades, la biathlète andalouse, suivie par le Français Alexandre Nappa, par ailleurs fondateur de la marque de farts Dragonski, avait pourtant satisfait les critères de sélections émis par le RFEDI, fédération royale espagnole des sports d’hiver, pour se qualifier pour la Corée. Mais la fédération s’est appuyée sur un point de règlement précisant « se réserver le droit d’autoriser la participation sur la base de critères techniques, laissant le sort de l’athlète à la discrétion du décideur. »

Victoria Padial avec Alexandre Nappa.

La RFEDI a également précisé que les quotas non utilisés par les nations fortes de la discipline, les 22 meilleures au classement des nations, ne seraient pas redistribués en sein de son collectif. Privant donc la biathlète d’un voyage en Corée. « Peu importe vos résultats puisque finalement, je ne faisais a priori pas partie du projet olympique de ma fédération. Ce système est injuste et non transparent », explique l’athlète à nos confrères de soloski.net. Ce mercredi, Granada Hoy ne dit pas le contraire : « Il faudrait un miracle pour que Victoria Padial aille aux Jeux ». Le site ibérique confirme que Padial a bien rempli les critères sportifs de l’IBU mais pas ceux de sa fédération nationale.

 

Nordic Magazine a recueilli la réaction des deux principaux intéressés :

  • Alexandre Nappa (entraîneur)

« La politique actuelle de l’IBU est de primer la quantité et non la qualité. 22 pays ont été retenus directement sur les bases du classement par nation de la world cup 2016-2017, sur les 43 pays participants aux circuits IBU puis 5 ou 6 wildcard avec un maximum de 2 athlètes par pays… La plupart a été obtenue par des athlètes Allemand, Français, Russe, nationnalisé(e)s. (exemple : Florent Claude pour la Belgique, NDLR). Oui, c’est frustrant de ne pas représenter son pays alors que nous sommes régulièrement placés devant des athlètes de nations “volumineuses” mais pas forcement qualitatives. Oui, c’est scandaleux de voir des pays comme le Japon, la Pologne et d’autres grandes nations mettre une pression supplémentaire sur leurs athlètes pour pouvoir participer au JO avec une misérable wildcard… »

  • Victoria Padial

« La fédération espagnole (RFEDI) a investit ZERO sur ce cycle olympique, aucune structure biathlon n’existe, Alexandre et moi nous nous sommes battus avec toute notre énergie contre des nations millionnaires en budget et en moyens humains. Ne pas mettre un euro dans une structure et nous dire depuis 2017 qu’ils n’enverrait pas d’athlètes aux JO avec une  “invitation-wildcard” ou réallocation. Pour ces JO, aucune place ne sera réallouée par l’IBU, ni celles disponibles car toutes les nations n’envoient pas les quotas maximum, ni celles libérées suites aux sanctions contre les Russes. Le CIO se lave les mains en délégant les critères de sélection à l’IBU sans aucune directive. Le discours de l’IBU c’est de nous faire croire que c’est le CIO qui impose un nombre de places… total ? par nation ? On ne le saura jamais. »

 

 

Photo : Victoria Padial

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