Le ski français épinglé par la Cour des comptes

C’est un rapport fracassant que vient de rendre la Cour des comptes qui s’est penchée sur les exercices 2003-2011 de la fédération française de ski et de l’École nationale des sports de montagne (ENSM).

 

Alors que le directeur du nordique Nicolas Michaud vient d’annoncer avec fracas sa démission de son poste pour un manque de budget alloué aux disciplines qu’il chapeautait, la Cour des comptes vient de rendre public un référé sur les comptes et la gestion de la Fédération française de ski pour les exercices 2003 à 2011 et de l’Ecole nationale des sports de montagne (regroupant le Centre national de ski nordique de Prémanon et l’Ecole nationale de ski et d’alpinisme de Chamonix) sur la période 2007 à 2012.

Le principal enseignement, dévoilé par nos confrères du site LeMonde.fr n’est pas réjouissant pour le ski français. En relevant que la FFS et l’ENSM restent « excessivement » dépendantes des subventions étatiques, la Cour rappelle que, dans un rapport publié en janvier 2013, elle avait recommandé « une réduction du soutien de l’État aux fédérations sportives, notamment lorsque la fédération se trouve dans un environnement qui lui permet d’avoir accès à des ressources financières privées importantes. Or la FFS, fédération sportive qui perçoit la subvention la plus importante dans le cadre des conventions d’objectifs passées avec l’État, se trouve précisément dans cette situation. Les grands opérateurs du “monde blanc” sont prospères et bénéficient des retombées liées aux performances du ski français et à la bonne formation des professionnels de la montagne, mais ne participent pas assez au financement de la fédération. Les conditions sont donc aujourd’hui réunies pour réduire les subventions qui sont accordées à la FFS sans que ses activités en soient affectées.»

 

La Cour des comptes préconise une baisse des subventions

La juridiction préconise une baisse des subventions versées à la FFS soit 4,5 millions d’euros par an, « la plus importante dans le cadre des conventions d’objectifs passées avec l’Etat », rappelle le quotidien du soir. Cette aide publique vient compléter les 10 millions d’euros de budget de la FFS provenant des partenaires institutionnels et privés ainsi que de la vente des cartes neige. Le rapport précise encore qu’entre 2005 et 2012, la FFS a touché 12,1 millions d’euros au titre du développement du sport via le CNDS. « En sus des crédits de l’État, il convient de noter que certaines collectivités territoriales s’associent parfois à la FFS sur des projets spécifiques. Tel est le cas des régions Rhône-Alpes et Franche-Comté. La première a ainsi versé 259 257 € à la Fédération en 2011 », poursuit la Cour des Comptes.

« Sur une longue période, les résultats, somme toute honorables, du ski français ne bénéficient que marginalement à la Fédération dans la mesure où la pratique du ski est très majoritairement une pratique de loisirs (en 2012, 98,1 %des skieurs présents sur le domaine français n’étaient pas licenciés) et que la formation au ski relève essentiellement des écoles du ski français (ESF), indépendantes de la Fédération », peut-on encore lire. Et d’en déduire qu’«il est tout à fait cohérent de faire participer les bénéficiaires des succès sportifs de la FFS au financement de la Fédération. »

 

… et des rapprochements avec l’ESF et Domaines skiables de France

Concernant l’ENSM, le rapport stipule que l’école qui a reçu une subvention de fonctionnement de 7,7 millions d’euros en 2013 fait supporter par l’Etat les surcoûts et besoins de financement « générés par son incapacité à mobiliser des ressources propres substantielles et par les spécificités de son organisation. » Cette école, qui « a échappé aux mesures de rigueur sur le plan de son financement », a vu son plafond d’emplois diminuer modestement (de 131 en 2010 à 125,5 en 2014) alors que « sa subvention est restée constante depuis sa création », ajoute Le Monde.

La haute instance recommande à la FFS de créer «les conditions d’une participation du Syndicat national des moniteurs de ski français (SNMSF) et de Domaines skiables de France (DSF) à la mesure de leur influence au sein de la Fédération et de leur place dans le monde de la montagne. »

 

Le document de la cour des comptes

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