La Maille #20 est en mode Trans’

Ski, Clément Mailler
RUBRIQUES – Chaque jeudi, Clément Mailler pose les skis pour sortir sa plume aiguisée.

Ne me dites pas que vous n’êtes pas au courant, car si vous ne l’êtes vraiment pas, c’est que vous n’avez pas la foi nordique. Ce week-end, c’est la Trans !

Quand on parle de « Trans », pour le commun des mortels, ou plutôt les francophones — ce qui englobe une plus grande population que les francs-comtois seuls — c’est à l’origine un mot latin qui signifie « de l’autre côté ».

Par exemple si je vous dis « transalpins », on parle des Italiens qui sont de l’autre côté des alpes; ou encore « Transatlantique », comprenez « passer de l’autre côté de l’Atlantique ». Comme la Transat Jacques Vabre, à ne pas confondre avec le siège qui passe de l’autre côté de la baie vitrée suivant la saison.

Autre exemple, plus facile, un « Trans » est une personne qui est passée de l’autre côté de la barrière.

Bien que dans le petit monde du ski nordique, on retrouve des Transgenres, qui passent d’un style classique à un style complètement libre en l’espace d’un week-end… quand on parle de Trans c’est pour désigner la plus longue, la Transjurassienne !

Littéralement, la Transjurassienne passe de l’autre côté de la frontière Jura-Doubs. Ce magnifique évènement patrimonial et de partage de territoire n’est autre que la meilleure façon de créer une cohésion entre ces deux départements.

C’est un peu une Trans-fusion, du sang neuf qui évite la consanguinité.

On observe donc un phénomène de Trans-gène, qui ne laisse pas la place au départ aux génétiquement modifiés, ni même aux Trans-plantés.

C’est un peu une sorte de transhumance humaine, où tout un troupeau de bêtes affamées se dirigent vers un ravitaillement promis, quelques jours seulement après la Trans-jeûne.

Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que le vainqueur est couronné d’une cloche !

La longue route de 68 kilomètres ne doit cependant pas passer sur le territoire de reproduction du Tétras Lyre, bête noire Jura, pour ne pas le déranger. Ce Coq maillé, qui est au repos, mais qui cela dit en passant cherche encore sa poule.

Alors maintenant vous savez, et vous l’aurez compris, la transe porte une exaltation particulière. Et comme c’est la plus longue, à écrire comme à courir, il fallait au moins que je place le plus long des trans-mots avant la fin.

Cette Trans, on l’aime parce qu’elle est unique, et personne ne la transsubstantialiserait.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.