La Maille #9 : Mois sans tabac

RUBRIQUES – Chaque jeudi, Clément Mailler pose les skis pour prendre la plume et nous livrer ses chroniques ciselées.

 

 

Vous êtes sûrement déjà à cran si vous êtes accros. Dans l’attente de la première de la saison ou de votre première de l’hiver, vous vous refaites une santé et évitez les excès? On est presque fin novembre et vous êtes au mois sans tabac, et moi sans tabou je vais pas en rajouter avec une blague-à-tabac à rouler par terre.

Quand certains sont sur les rotules, moi-gnon. Moi sans excès c’est un peu moi moche et méchant, à me faire fumer quand je mets en garde l’un-dépendant et l’autre conformiste. En ce mois sans tabac, il me faut rendre un-faux service à un ami, avant qu’il ne passe à tabac. Je parle là du tabac prisé voire très prisé des sportifs, qui n’a de chic que le nom, et qui est répandu car même Kowal-chique.

J’appelle donc mon ami dans l’espoir qu’il décroche. Si pour le mois de novembre le décrochage semble perdu, j’espère lui couper l’herbe sous le pied avant le mois de joint, ou au pire le 18 juin si il est résistant.

Ne voulant pas encore passer pour le chiant qui lui fait une piqûre de rappel, ni pour son Héro du jour, au risque de le mettre en pétard, j’essaye de l’aborder par les sentiments. Je lui fait comprendre que ce n’est pas le bon exemple à donner aux jeunes et aux fans, et qu’en se Sevran, il donne une Chance aux Chansons à l’école des fans.

Malgré mes efforts, il n’est pas réceptif. Je change de stratégie en l’invitant au restaurant, pour éviter de poser les choses sur la table.

Sur place, je poirote longuement sans le voir venir. Toujours aussi ponctuel qu’un TER, et à ce train là, il a au moins fait six-gares si ce n’est qu’il s’est arrêté se faire un rail. N’ayant rien d’autre à faire, je descends des verres de rouge et fait le plein de sulfites, ou de sul-fat, car c’est calorique. Je parais déjà bien sec même si je ne suis pas né-au-fit. À force d’attendre cet ami aux abonnés absinthe, je suis HS et j’en ai plein le fût ! S’il arrive tôt ou tard, je ne vais pas paraître mieux que l’ivre sur le sujet, et décide donc d’abandonner. En partant, je laisse un pourboire pour arrondir l’addiction.

Arrivant chez moi complètement fané, je me couche sur mon lit, las.

Je fume mes délires que je roule sur du papier, sans savoir si je suis dans l’excès.

Il est plus facile de l’écrire que de se le dire, c’est là tout le paradoxe de la-diction.

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