Le rendez-vous de Robin #110

RUBRIQUES. Chaque lundi, l’humour et l’humeur de Robin Duvillard débarquent sur nordicmag.info

 

Le fond du dico : le glacier

Comme octobre rime avec glacier (bon, en anglais ça rime du moins..) pour la plupart des skieurs nordiques comme alpins, il me semblait opportun de rentrer un peu plus dans le détail de cette pratique.
Non, je ne parle pas ici du glacier où dans une longue après-midi à lézarder sur la plage, vous allez vous prendre un cornet bien mérité rempli de vos 8 parfums favoris, tous plus naturels les uns que les autres.. Non, je parle du glacier dans la montagne, avec les crevasses et tout, et où vous pouvez skier (en théorie) même quand vos copains se font eux un gros barbecue en bas dans la vallée!
Mais alors pour quelles raisons arpente-t-on sur nos planches les neiges éternelles hors saison?
Parce qu’on a évidemment besoin et envie de skier en vue des compétitions, mais aussi pour les bénéfices physiologiques de l’altitude et pour la belle vue. Mais pas que..
C’est connu, l’altitude favorise la fabrication naturelle d’érythropoïétine, le vrai nom de l’EPO, très utile en endurance pour transporter l’oxygène aux muscles. Et comme il est plus dur de respirer en altitude, l’effort devient plus coûteux, et votre vitesse de déplacement vous donne l’impression d’avoir vieilli de 10 ans d’un coup! Donc l’acclimatation y est importante, et les scandinaves habitant généralement très bas en altitude, contrairement à nous, eux se déplacent plutôt comme s’ils avaient pris 30 ans d’un coup.. Voilà donc une troisième raison d’apprécier les stages sur glacier!
Après, il y a aussi quelques inconvénients: Se lever beaucoup plus tôt pour rallier les pistes 1000m plus haut; Amplification des conditions climatiques, où par exemple un petit vent et une pluie fine en bas dans la vallée se répercutent en haut sur la glacier par un brouillard épais qui vous fait douter de votre sens de l’orientation, et par de la neige qui tombe à l’horizontale et qui vous caresse la joue aussi agréablement que les griffes de votre chat; Tourner en rond sur une piste souvent courte et au profil peu varié et à une allure proche de ce que peut ressentir Sébastien Loeb dans une zone limitée à 30km/h; Mais aussi, fatigue et appétit plus grands au retour du ski, (même si certains ne s’en plaignent visiblement pas!) sans parler des petites flatulences occasionnées par l’altitude dans le quotidien d’une équipe d’une vingtaine de personnes, dont six poneys!
Bref, un stage sur glacier est un doux mélange de plaisir, de nécessité et de désagréments, mais, même si ça fait 18 ans que je tourne en rond à ces altitudes et que je m’en lasse un peu, (mais où au moins les mouches ne viennent pas nous importuner) viendra sûrement un temps où je regretterais cette pratique quand elle aura disparue d’ici quelques années, vu le rythme auquel fondent les glaciers… Heureusement, il restera toujours ceux du bord de plage!!

 

Ramsau

Vous l’avez compris, nous sommes donc en stage sur la glacier du dachstein en Autriche, où la neige vient d’arriver pour remonter le temps en faisant passer le glacier d’un état proche de celui d’une piste APRÈS le trophée Andros, à celui d’AVANT le trophée Andros..magique! Et si les stages estivaux sur glacier nous permettent beaucoup d’échapper à la canicule, ceux d’octobre sont plus là pour nous faire ressentir les prémisses de l’hiver, via un bon onglet notamment, et surtout pour nous permettre enfin d’utiliser sur les réseaux sociaux le fameux hashtag ‪#‎winteriscoming‬ !
Par contre je me rend compte qu’attaquer mon désert du dessert en Autriche, pays hautement réputé pour ses desserts, et en plus pendant la période de la fête de la bière, c’est pas vraiment la chose la plus maligne que je puisse faire..!

 

Sport express

– Les Norvégiens sont toujours dans l’excès, que ce soit sur les heures d’entraînement ou sur le prix de la bière, alors quand ils annoncent qu’ils ont ajouté des bosses au fameux 50km d’Oslo pour jouer au maximum avec les réglements de la FIS et atteindre la barre des 2000m de dénivelé autorisés, et ainsi en faire le 50 km le plus dur au monde, ça me fait doucement sourire.. Houhou les mecs, c’était DÉJÀ le 50 km le plus dur du monde !
– En ce moment c’est la coupe du monde de rugby. Et ce qui me plait surtout dans ce sport, au delà des petits marrons et autres bourre-pif amicaux qu’ils se distribuent discrètement dans les mêlées et les rucks, c’est de voir le concours de hauteur que se livrent les marqueurs d’essais quand ils plongent dans l’en-but.. C’est vrai que c’est tellement agréable quand tu fais 100 kg d’aller s’éclater les genoux et s’enfoncer la cage thoracique dans le gazon!

 

La pensée du jour

“quoi que tu fasses, donne 100%, à moins que ce ne soit un don du sang..”

 

L’info insolite du jour

“La puce peut sauter à une hauteur égale à 340 fois sa taille. À échelle humaine, elle arriverait presque en haut de 2 tours Eiffel mises l’une sur l’autre.” J’ai encore du job!!

À lundi prochain!!

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.