Le rendez-vous de Robin Duvillard #291

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RUBRIQUES – Chaque lundi, l’humour et l’humeur du skieur de fond du Vercors Robin Duvillard débarquent sur nordicmag.info.

 

 

Mes souvenirs insolites de carrière #13

Championnats du monde juniors. Sollefteå, Suède, février 03.

Pour la génération 1983, les deuxièmes mondiaux juniors en Suède constituent nos derniers avant le passage dans la cour des grands. Autant dire que nous arrivons gonflés à bloc. Mais rien ne va se passer comme prévu, enfin presque..
Déjà, le staff nous a réservé un hôtel excentré de la ville avec les sauteurs et combinés nordique français, soit disant plus propice à la performance, mais nous, jeunes ados en pleine poussée d’hormones, nous y voyons la promesse d’une soirée du dimanche soir bien triste, loin des autres équipes. Adieu donc, beautés scandinaves et autres créatures issues de nos fantasmes.

Et puis, les éléments vont contre nous.. gros loupé au fartage qui nous contraint quasi tous à l’abandon sur le 30 km skate (déjà..) puis un froid polaire qui nous cisaille sur le 10 km. Quand tu cours avec double bonnets et caleçons et straps sur nez et pommettes et que la vainqueur féminine court en manches relevées, et ben l’égo en prend un coup!
Heureusement mon compère villardien Sylvain Fanjas-Claret vient sauver l’honneur avec une belle médaille de bronze sur le sprint, précurseur d’un sprint français aujourd’hui au top!

On est soudain remotivés pour le relais du lendemain! Mais Roddy Darragon déclare forfait le soir, s’estimant hors en forme… mais moi je lui en veux parce que je voulais partager ça avec lui. Réorganisation d’urgence et mon pote Vincent Duchêne se retrouve au départ en classique, lui qui se préparait spécifiquement pour le skate depuis 4 jours. Une chute au départ lui fait lâcher le groupe et nous voilà malheureusement contraints de courir après le groupe toute la course. Je suis troisième relayeur et impatient d’essayer de revenir mais au moment d’enlever mon surchaud, mon coach Christophe Deloche me mets la main sur l’épaule et me dit « non, attends le dernier moment », et je sens là du désespoir plus que du coaching, vu que mon équipier n’est toujours pas en vue du stade.

Il me serre ensuite le bras et me demande de ne pas laisser le relais finir dernier. Je pars fort mais je me rends vite compte que ça va être dur vu que les spectateurs me traversent sur les spatules pour aller encourager les premiers qui me croisent sous une passerelle. Et là, coup de grâce, je passe devant un technicien français, m’attendant à des encouragements plein d’espoir, quand je reçois un « allez, fais toi plaisir » traduisant la gêne environnante!

Une phrase gravée dans ma mémoire d’où un rapport particulier avec le plaisir dans le ski de fond!! Mais nous finissons le boulot et terminons fièrement avant-derniers! Quelques grandes vodkas cul-sec dans la cabane pour fêter ça à l’abri du regard des coachs et nous voilà repartis pour notre hôtel plein de joie, laissant les autres nations s’amuser sans nous. Heureusement, on s’est rattrapé avec un titre de champion d’Europe quelque semaines plus tard et quelques bonnes bringues avec les Suédoises depuis aussi!

 

Pensée du jour

J’aimais beaucoup Rafa Nadal entre 2017 et mai 2019… mais depuis vendredi après-midi beaucoup moins!!!

 

L’info très insolite du jour

‘’1700 : comme le nombre de mots inventés par Shakespeare’’
Franck Ribery a encore du chemin…

À lundi prochain!

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