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Le vol doré de Stoch, Ronan Lamy-Chappuis largué

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Auteur d’un concours parfait, Kamil Stoch est sacré champion olympique . Le leader polonais de la coupe du monde s’impose largement devant le slovène Peter Prevc et le norvégien Anders Bardal. Ronan Lamy-Chappuis a, lui, été éliminé dès la première manche (40e).

 

Il était seul et il a flanché, craqué sous une pression qui l’a inhibé. Seul français engagé après que Vincent Descombes-Sevoie, le leader tricolore de la discipline, ait été écarté de la sélection olympique par les décideurs fédéraux, Ronan Lamy-Chappuis avait certainement espéré mieux pour sa première finale olympique. En effet, à 20 ans, le sauteur de Bois d’Amont n’a rien pu faire face aux meilleurs mondiaux. Qualifié par la petite porte lors du concours de la veille à une triste 33ème place avec deux sauts qu’il a lui-même qualifié de mauvais en pointant pouce vers le bas après son passage, le tricolore n’a pas réussi à se libérer et a totalement raté sa prestation (40ème).

Dans le rythme lors du saut d’entraînement avec 96,5 à la marque et une 22ème position, le cousin de Jason s’est crispé lors de la première manche du concours. « Je fais un beau saut d’entraînement… C’est dommage, au niveau de la technique c’est maîtrisé, un peu trop. Je n’ai pas fait un grand saut… Je ne visais rien de particulier mais on est Jeux olympiques et on ne vient pas pour faire 50ème », regrettait le sauteur français après coup. Une performance créditée de 111 points, insuffisant pour se hisser dans les 30 meilleurs et s’autoriser une seconde chance en deuxième manche.  « Ca fait un peu mal au cœur », finit-il par lâcher dépité. Malgré cet échec, le jeune homme refuse de céder au fatalisme et se projette déjà vers la compétition qui aura lieu sur le grand tremplin. « Je me sens plus à l’aise, en ce moment, sur les grands tremplins que sur les petits. Je suis passé à côté de cette compétition mais je ne passerai pas à côté de la prochaine », promet-il. Le 25 janvier dernier, sur le sautoir de Sapporo au Japon, Ronan Lamy-Chappuis s’était hissé à la 11ème place du concours. De quoi donner un peu d’espoir en vu de samedi prochain.

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La perfection au polonais

Loin devant le pauvre Français, les favoris ont livré un concours de toute beauté mais sans grand suspense. La faute à Kamil Stoch. En retrait la veille lors de l’épreuve de qualification, le Polonais a survolé cette finale grâce à deux sauts proche de la perfection, alliant technique et profondeur. Dernier à s’élancer lors de la première manche, honneur dû à son statut de leader de la coupe du monde, le natif de Zakopane n’avait pas chaussé de skis mais attaché des ailes à ses membres. Très stable à la table, il prenait une impulsion puissante et se projetait dans le ciel noir de la nuit de Sochi. L’espace de quelques secondes, le dossard 50 se mit à planer, loin, plus loin que tous ses adversaires, retombant à 105,5 m. Sa réception était à la hauteur du saut et le propulsait déjà loin devant au classement avec 142 points contre seulement 135,8 à son premier poursuivant le champion du monde norvégien Anders Bardal. Derrière, Peter Prevc se tenait en embuscade au même titre que les Autrichiens Hayboeck (4ème) et Diethart ou le vétéran japonais Kasai (6ème) en vue du deuxième acte.

Mais voilà, Kamil Stoch s’était mué en Hermès, messager des Dieux de la Grèce Antique muni de sandales ailées. Devant un public polonais venu en nombre, il renouvelait sa performance de la première manche atterrissant cette fois à 103,5 m et toujours avec une propreté infinie, avant d’être porté en triomphe par ses adversaires. A 26 ans, le Polonais s’adjugeait ainsi son premier titre olympique. Du haut de ses 21 ans, Peter Prevc vengeait son compatriote Robert Kranjec qui s’était blessé la veille, et se couvrait d’argent, le bronze revenant au norvégien Anders Bardal.

Kamil Stoch porter en triomphe par son compatriote Maciej Kot et le tchèque Lukas Hlava (Nordic Focus pour FIS)

Kamil Stoch porter en triomphe par son compatriote Maciej Kot et le tchèque Lukas Hlava (Nordic Focus pour FIS)

Une issue cruelle pour le clan autrichien qui a vu ses représentants échouer au pied de ce podium olympique. Vainqueur des qualifications, puis leader à l’issue du saut d’essai, Michael Hayboeck négociait mal son ultime envol et devait se contenter de la 5ème place juste derrière son talentueux compatriote Thomas Diethart, lui aussi auteur d’un dernier saut peu soigné. Bronzé à Vancouver sur le petit tremplin, Gregor Schlierenzauer n’a pas existé dans ce concours, terminant à un lointain 11ème rang. Miraculeux après sa chute spectaculaire à Kulm, Thomas Morgenstern n’a pu compter sur sa bonne étoile (son casque était décoré d’une étoile dorée, ndlr) pour faire mieux qu’un Top 15 (14ème). Le grand perdant de la soirée s’appelle toutefois Simon Ammann. Champion olympique en titre, le Suisse n’est pas parvenu à se mêler à la bataille. Incapable de sauter au-delà de 98,5 m, il doit se résigner à une triste 17ème position, loin de la référence Stoch dont l’ombre plane déjà sur Sochi.

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