Les Montagnes du Jura ont dix ans

 Vendredi, à Prénovel, la marque “Montagnes du Jura” a célébré son anniversaire. Depuis dix ans, elle réunit sous sa bannière les territoires du massif jurassien côté France afin de gagner en notoriété et d’attirer les touristes jusqu’à son relief. Elle en a profité pour présenter sa stratégie marketing jusqu’en 2020.

 

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« 10 ans, 10 ans déjà pour Montagnes du Jura ». Hier, au Centre Duchet à Prénovel, Michel Cothenet, commissaire à l’aménagement du massif du Jura au sein de la Datar, était heureux, à quelques semaines de son départ en retraite, de souffler les 10 bougies de la marque créée en 2003. Celle-ci est gérée par un collectif qui réunit les comités régionaux de tourisme de Franche-Comté et Rhone-Alpes, ainsi que les CDT du Doubs, de l’Ain et du Jura. Il sait le chemin parcouru en une décennie : « Ça n’a pas toujours été très simple, assure-t-il. mais on l’a fait. » Denis Vuillermoz, vice-président du conseil régional chargé du tourisme, se souvient de « débats nourris » au moment de la première campagne de communication dans laquelle apparaissait un yéti.

Ce qui semble efficace et pertinent aujourd’hui n’était donc pas « une évidence » hier. « En 2001-2003, le mot “Jura” était interdit dans la communication du Doubs », rappelle Damien Mouchet, responsable communication de DoubsTourisme. Et d’ajouter : « Aujourd’hui, on l’assume complètement. » « Sur des cibles lointaines, il est naturel de se revendiquer des montagnes du Jura », assure également Karl Joly, directeur d’Ain Tourisme. 

« Le touriste qui vient de Bretagne ou du Nord-Pas de Calais, il ne voit pas la frontière entre Bellefontaine et Chapelle-des-Bois, ni entre Mijoux et Lajoux, surtout que l’église de Lajoux est également celle de Mijoux », confirme Michel Cothenet.

 

Une faible notoriété

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CRT et CDT
travaillent ensemble
au sein du collectif
Montagnes du Jura.

 

 

L’enjeu est de toute manière bien plus important que les querelles de clochers, et la tâche immense. En notoriété, le massif du Jura est bon dernier des massifs français. Derrières les Vosges et le Massif central donc. En dix ans, il a progressé. Mais, comme le confirme la dernière étude Ifop réalisée fin janvier auprès des cibles de Montagnes du Jura (Ile de France, Nord-Pas de Calais, Belgique et Pays Bas), les marges de progression sont encore importantes, malgré les 10 points gagnés (46 % en 2013 contre 36 % en 2003).

Au passage, on notera que, pour les personnes interrogées, le Jura est d’abord « une région de montagne », avant d’être un département, dont les produits régionaux représentent le premier critère de connaissance du territoire (merci le comté, le vin ou encore la saucisse de Morteau). Plus curieusement, la ville à laquelle on l’associe spontanément est Dole à environ 20 %, devant Saint-Claude et Besançon. Moins surprenant, on apprécie le Jura pour ses paysages et ses montagnes, sa gastronomie donc. On redoute l’incertitude concernant l’enneigement et son climat. Quand il s’agit de lui donner une note sur 10, il obtient entre 6 et 6,9 selon les sondés.

 

Nouvelle feuille de route

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Michel Cothenet, Denis Vuillermoz et Norbert Maire.


Si à Prénovel élus et des acteurs du tourisme ont dégusté le gâteau d’anniversaire, ils ont aussi songé à l’avenir. Ce que le représentant de l’Etat a appelé le « troisième souffle » de Montagnes du Jura et qu’Emilie Rolandez, chef de projet de Montagnes du Jura, a qualifié de « stratégie marketing ».

La feuille de route qui doit durer jusqu’en 2020, comprend quatre objectifs : toujours « développer la notoriété spontanée du territoire », « faire évoluer l’image des Montagnes du Jura », « déclencher le premier séjour à la montagne », « favoriser l’appropriation de la marque par les opérateurs. »

Trois cibles ont été retenues : les « voyageurs découvreurs » rejetant le tourisme “standardisé”, les familles qui ne sont jamais venus en vacances à la montagne, et ceux qui ont l’esprit nordique, c’est-à-dire ceux qui aiment bouger dans les grands espaces pour chasser le stress du quotidien.

Pour les atteindre, les moyens financiers ne sont pas négligeables : 740 000 euros cette année, ce qui permet de diffuser des publicités à la télévision ou encore à la radio (RTL).

« Nous cherchons à être ambitieux ensemble », constate Jean-Pascal Chopard, directeur de Juratourisme. Dans sa conclusion, Michel Cothenet a estimé que le massif du Jura pouvait pousser le curseur encore plus loin.