Lucas Humbert raconte son UTTJ : « Les Templiers n’ont qu’à bien se tenir » (1/2)

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Second de la première édition de Un tou en terre du Jura, Lucas Humbert a accepté, pour Nordic magazine, de revenir sur ses deux jours de course. Entre approche sportive pure et amour de son sport, il livre un récit à ne pas manquer. En voici la première partie…

UTTJ: un tour en terre de Jura… Atypique, le nom de la course l’est déjà et représente assez bien l’ esprit de celle-ci. L’ UTTJ, cette course était pour moi un vrai objectif pour de nombreuses raisons:
tout d’abord l’ idée de courir un trail longue distance sur 2 jours, chez moi, presque à domicile dans le Jura, m’a plu d’emblée. Ce genre de format de course n’ existe quasiment plus. Il n’ y a plus guère que le trail des Ecrins et l’ Aravis trail. Mais la comparaison ne s’ arrête pas là; Au niveau difficulté, j’ ai immédiatement pensé que cette petite balade pouvait rivaliser avec ses consoeurs et pouvait s’ inscrire durablement dans le calendrier ; La beauté du parcours, je la connaissais. Les crêtes de la haute chaîne n’ étaient pas le seul attrait du week-end et la journée à thème: « bosses autour de St-Claude » pouvait largement contenter les amateurs de single tracks et de parcours techniques et variés ; Enfin, l’ équipe organisatrice et l’ esprit dans lequel cette manifestation a été conçue, permettait largement d’ envisager un week-end convivial.
C’est donc avec plaisir que je me suis présenté sur la ligne de départ samedi matin. J’avais à coeur de bien faire, voire de faire au « mieux ». Pourtant, l’ Aravis’trail 15 jours avant avait fait quelques dégâts : une cheville droite pliées 4 fois dans le descente de la Tournette et la rencontre de la cheville droite sur un rocher à 5 kil de l’ arrivée avait eu raison de la malléole gauche.

J’ai bien les cannes

C’ est parti pour 56 km éprouvants à un rythme assez élevé. Pour avoir reconnu toutes les bosses autour de Saint-Claude, je savais que ce n’ était pas la peine de s’ énerver tout de suite et surtout, je savais aussi que la partie n’ était pas gagnée après Roche blanche. Et oui, 20 km derrière dans les bosses et les pâtures interminables pouvaient aussi faire leur oeuvre. Et ça c’ est confirmé….à mes dépens !
5-6 coureurs font le train dans Bayard. J’ai bien les cannes, je passe super bien la 1re bosse en mode ultra (avec pas mal de réserve donc). J’ en reprends un dans le haut. La descente sur Chaumont est super sympa. Arrivent ensuite les gorges et la remontée au Crêt pourri. Idem au sommet je reprends un coureur. Je croise pas mal de connaissances sur le parcours et aux ravitos, c’est super sympa. Je découvre ensuite le chef d’ œuvre de cette course: le descente du crêt pourri sur St Claude. Un magnifique chemin souple et très courant d’ abord puis un single track très technique sur une espèce de petite corniche avant de rentrer dans St Claude au 1er bouclage. Je trouve cette descente grandiose, les Templiers n’ont qu’ à bien se tenir !

Une ambiance de feu

Les écarts qu’on m’annonce se stabilisent autour de la minute. Je passe à Saint-Claude et m’arrête au ravito où il y a une ambiance de feu. Je suis prêt à enchaîner la 3e « petite » bosse, le Mont-Chabod. Court mais intensif, certains s’ en souviendront des petites bosses du Jura. Pour l’ avoir reconnu, je la craignais beaucoup, tout comme le haut avant la redescente au pied de Roche Blanche, technique et très dur à courir car plein de dalles calcaires. Je constate avec étonnement que les jambes ne veulent pas me lâcher. Je passe super bien et avec plaisir la difficulté. Je prends un plaisir de dingue dans les buis et je vois apparaître mes 2 prédécesseurs Olivier Morin et Grégoire Millet qui semblent plus peiner avant de basculer. Nous faisons presque la descente ensemble et passons au ravito n°3. Je repars de celui-ci avec Grégoire qui est à peine devant moi. Xavier, de l’organisation est ouvreur, il nous accompagne jusqu’au pied de Roche blanche.

Pour moi, c’est l’heure du crime

Au passage il me dit que Greg a peu d’espoir de garder le contrôle dans cette montée me sachant meilleur sur le long. Pour moi, c’ est l’heure du crime. Il faut essayer de faire l’écart dans notre Alpe d’ Huez. Les jambes sont toujours là, quelle chance. J’ essaye d’ envoyer du steack tout en ayant à l’ esprit que la course n’ est pas terminée au sommet et que… ça court demain !!! Je passe au sommet de Roche Blanche en tête, assez fier et content de moi d’ apparaître le 1er aux supporters massés au bélvédère. 35 min pour Roche Blanche, pas sur de l’ avoir passé aussi bien aux 7 monts. Je me retourne et je ne vois personne à l’ horizon. Pour moi, si je gère bien les 20 derniers kil, c’ est gagné, je pense que je ne reverrai pas Grégoire. Sauf que….
Je fais le ravito à Septmoncel. J’ ai géré la descente et la montée derrière car connaissant les courses à étapes, ça sert à rien de se dépouiller le J1 pour être sec le lendemain. Le strapp à la cheville droite me chauffe sous le talon et je fais les descentes à moitié pour pas que ça empire depuis déjà un moment. Au final, ce que je craignais arriva. Les combes en haut, c’ est long, il fait chaud et on est déjà bien entamés. Je sens que je commence à piocher un peu et comme je pensais avoir beaucoup d’ avance, j’ essaye de gérer ce passage à vide en mode 100 bornes. Pas d’affolement, on doit plus être loin de l’ écurie.

Dans la descente sur la Pesse, bien sûr, je voir apparaître Grégoire avec surprise tellement il avait l’ air mal dans Roche Blanche. 2 solutions s’ offrent à moi : m’ accrocher au risque d’ entamer mon potentiel pour le lendemain ou continuer en limitant la casse et en tentant de ne pas prendre trop cher pour demain. J’ opte pour cette solution. Je vois enfin apparaître Mijoux. J’ arrive dans la combe où je retrouve Sam Vernerey qui m’ accueille avec un drapeau made in Jura. L’ arrivée est  fort sympathique. Grégoire m’ a mis à peu près 2 min. Rien est perdu et je suis déjà super super content de mon résultat du jour vu les conditions dans lesquelles j’ ai pris le départ. Si la course devait s’ arrêter là pour moi, je serais déjà content d’ avoir passé comme ça cette étape que je craignais particulièrement.
Place au ravitaillement et à la récup : alimentation, hydratation, étirements, eau froide, etc… Il n’ y a plus qu’à monter la tente au bivouac et espérer que la journée sera aussi bonne le lendemain.

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