Manificat : « Je voudrais tout courir aux Jeux »

SKI DE FOND – Après une saison en demi-teinte, Maurice Manificat repart ambitieux et confiant pour cet hiver olympique. « Pour le relais, on est une équipe d’outsiders », confie-t-il, avec le podium du relais dans un coin de son esprit.

 

 

Avant d’entamer un hiver olympique, quel regard portez-vous sur votre saison précédente ?

En fait, ce n’est pas vraiment une saison référence contrairement à celle d’il y a deux ans hyper aboutie avec une 2e place mondiale sur le classement distance et une 5e au général de la coupe du monde. Ma préparation estivale a été basée sur cette saison réussie. Je me sens en confiance, n’ai pas eu déplorer de blessures… J’ai pu faire les séances que je voulais. Je maîtrise à peu près les choses. Ça s’annonce bien.

 

L’an passé justement la préparation ne fut pas “parfaite”…

Non, je m’étais blessé à un orteil puis je suis tombé malade assez régulièrement ce qui a perturbé le travail de volume à faire à la belle saison. Tout cela a créé des phases d’arrêt dans la préparation dont je n’avais absolument pas besoin… Tout était décalé et reporté finalement. J’étais aussi beaucoup dans le fait de “reproduire” la saison parfaite de l’hiver précédent en me mettant une certaine pression. Et puis, on a fait évoluer nos séances de musculation aussi, en explorant des pistes avant l’année olympique. Cet été, on est revenu à des entraînements empiriques et aussi basés sur les sensations. C’est ce qui fonctionne. Sur une année olympique, on évite de prendre des risques sans non plus se freiner car tous les deux ans, on a aussi les mondiaux. On doit toujours chercher à progresser même si d’un point de vue collectif, on est passé à côté de nos mondiaux de Lahti. Cet automne, on va retrouver des rendez-vous et des stages dans des lieux connus et qui nous mettent en confiance.

 

 

On pense à comment aller à Pyeongchang dans les meilleures dispositions.

 

 

Abordez-vous différemment cette saison olympique ?

Non, pas du tout. Que ce soit une saison avec ou sans JO ou mondiaux, je n’aborde pas différemment un hiver. Je sais que c’est simplement durant les dernières semaines avant l’événement qu’on enclenchera quelque chose de spécial pour arriver avec de la fraîcheur. L’époque des athlètes qu’on ne voyait pas pendant deux ou trois ans et qui brillaient aux Jeux est révolue ! On les retrouvait d’ailleurs souvent sur les listes des athlètes dopés. En ski de fond, on a un circuit mondial chaque année et de toute manière, la densité fait qu’on ne peut pas faire ni trop d’impasses, ni des saisons off.


De quoi rêvez-vous à Pyeongchang ?

Je rêve de médaille, bien sûr. C’est un objectif même si on est encore loin du rendez-vous. Rien n’est fait encore ! L’important sera d’arriver là-bas en confiance et dans la meilleure forme possible. En ayant déjà fait des bonnes performances. C’est au dernier moment qu’il faudra être prêt. On s’y prépare : pour l’heure, on pense seulement à comment y aller dans les meilleures dispositions. Je le vois comme un Tour de ski par exemple… Je ne me vois pas viser seulement les Jeux.

 

 

Dans l’absolu, je voudrais tout courir.

 

 

15 km libre, le skiathlon ou le 50 km Cl olympiques : sont-ce là les trois courses individuelles que vous visez ?

Le nombre d’épreuves à courir dépendra de la forme du moment. S’il y a de la fatigue, je ne ferai pas tout. Le 15 skate ou le relais sont cochés, tout comme le skiathlon, première épreuve des Jeux. Il y a quelque chose à faire sur cette épreuve. Le 50 km Cl est spécial pour moi. Je me fais plaisir sur ce format mais honnêtement, ce n’est pas la course sur laquelle j’ai le plus de chance de briller. Dans l’absolu, je voudrais tout courir. On est capable de faire un Tour de ski alors je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas tout disputer aux Jeux. Les meilleurs comme Harvey, Sundby le font alors pourquoi pas nous ?

 


Après les médailles de Sochi et de Falun, le relais tient forcément une place à part non ?

C’est un rendez-vous qui nous tient à coeur au sein de l’équipe. On est une équipe d’outsiders. On sait que quand tous les élements sont en place, on est capable de faire podium. On l’a fait deux fois déjà et si on prend en compte les 4e places olympiques, ça montre qu’on a les capacités de monter sur la boite. Quand le staff, le matériel, la glisse sont là, on peut jouer devant.

Ensuite, il faut rester réaliste sur les objectifs. Autant sur les Jeux, il peut parfois y avoir des surprises, autant sur le papier les Norvégiens ou les Russes sont devant. Si on devait évaluer théoriquement les forces de chaque équipe, on n’est pas sur le podium. Mais par contre, sur le moment et dans des circonstances de course favorables, on sera présent.

 

Quels détails compteront ?

Notre sport se joue à la caisse : quand t’es au rupteur, ben t’es au rupteur ! Intrinsèquement, certains sont plus forts que d’autres, il faut l’accepter tout en jouant sur ses qualités. On peut aussi jouer des coups sur le fartage. Mais ce qui me paraît aussi très important, c’est de réussir à rentrer dans l’émotion des Jeux, de rentrer de Corée avec des souvenirs forts, positifs ou négatifs d’ailleurs. Mais surtout de vivre ça à fond.


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