Marie-Laure Brunet : “J’ai envie et besoin de transmettre mon expérience”

Jeune retraitée du circuit international de biathlon, Marie-Laure Brunet commentera cet hiver les épreuves de coupe du monde sur Eurosport. Un rôle qu’elle partagera avec sa grande amie Sandrine Bailly et qu’elle envisage avec envie et humilité.

 

Marie-Laure Brunet, vous intégrez cette saison l’équipe de consultants de la chaîne Eurosport. Comment s’est opéré ce rapprochement ?

Assez simplement puisque on se connaît avec les gens d’Eurosport. Je sais qu’ils aiment bien avoir des athlètes à leurs côtés. Quand Sandrine Bailly, avec son magasin à gérer à Pontarlier, m’a fait comprendre qu’elle souhaitait un peu lever le pied, on en a parlé ensemble pour que j’intègre l’équipe. Du coup c’était l’occasion, sans altérer les rapports qu’a Sandrine avec la chaîne, d’apporter un nouveau point de vue aux côtés de François Schlotterer. On alternera sur les week-end de coupe du monde avec Sandrine.

 

Comment préparez-vous cette “reconversion” médiatique ?

Ce n’est pas franchement une reconversion car ça restera des interventions ponctuelles en fin de semaine. Mais oui, cela fait partie d’une construction et c’est très intéressant de passer de l’autre côté du poste de télévision. Je vais apporter mon regard sur ma discipline, apporter mon oeil d’ancienne athlète. Le fait d’avoir arrêter il y a peu me permettra de parler des athlètes facilement.

 

Justement, comment appréhendez-vous le fait de commenter les courses de celles qui étaient il y a peu vos coéquipières et vos adversaires sur le circuit de la coupe du monde ?

Plutôt bien ! Je vais devoir travailler en amont avant chaque week-end car l’exercice demande une certaine connaissance et culture générale du biathlon en général. En compétition, j’étais centrée sur moi et pas sur les autres. Là, je vais me pencher sur des points que j’évitais de regarder avant pour me préserver. J’aurai aussi en direct le retour des athlètes, ce sera très intéressant. François m’aiguillera dans le commentaire, j’apporterai mon point de vue et des infos différentes à l’antenne. La difficulté sera aussi de préserver certaines informations en ma connaissance qui font partie de la vie privée. Il faudra être vigilant.

 

Je souhaite faire avancer l’intérêt des athlètes de haut-niveau

 

Le grand public vous a quitté un jour de relais olympique malheureux du côté de Sochi. Vous avez depuis bien rempli votre agenda…

Pour tout vous dire, je suis au pôle France à Prémanon aux côtés de Laurent Schmidt où je suis intervenue ce matin lors d’une conférence avec des entraîneurs. Mon expérience est utile sur ce genre de rendez-vous. C’est vrai que les gens se souviennent de moi sur une civière… Mais en regardant les tests depuis 2006, on s’est rendu compte que depuis 2012 c’était difficile pour moi… Je ne regrette pas d’avoir arrêter mon carrière et aujourd’hui j’arrive à en parler devant les gens.

 

Vous avez été élue au sein de la commission des athlètes de haut-niveau reprenant le siège de Sandrine Bailly au CNOSF. Quelles sont vos attentes et quel rôle souhaitez-vous y jouer ?

Sandrine avait été élue par les athlètes avec Vincent Jay comme suppléant et ensuite elle s’est retirée par manque de temps. Sandrine m’en a parlé et j’ai fait une demande. Les athlètes membres de la commission m’ont co-opté pour intégrer leurs rangs. Je n’ai pas encore participer à la première réunion mais j’ai envie de faire avancer l’intérêt des athlètes de haut-niveau. C’est la mission principale de la commission : être au service des athlètes, travailler sur des sujets comme le statut des athlètes, je trouve ça intéressant après une vie d’athlète de haut-niveau de donner du temps à cette cause là. Beaucoup de gens travaillent dans l’ombre pour les athlètes.

 

Vous avez des pistes pour votre avenir ?

Plusieurs choses me plaisent, je vais passer mon DE de ski de fond et commencer mon DE d’alpin. En ce moment, j’ai besoin d’échanger et de transmettre mon expérience après ma carrière, à travers mes réussites et mes échecs, de travailler sur des interventions axées sur mon parcours où chacun va pouvoir se retrouver. Que ce soit dans les entreprises, les centres sportifs, j’ai vraiment vraiment envie de partager car le haut-niveau pour moi, c’est la réussite d’un athlète appuyé par toute une équipe. Je le mesure aujourd’hui que c’est un ensemble et un cadre qui permet l’épanouissement en tant qu’athlète. Et il est temps de replacer l’église au centre du village !

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