Martin Fourcade sur LCI, Canal+ et autres médias

La coupe du monde est à peine terminée que Martin Fourcade, désigné comme l’« homme de l’hiver » par France 2 dans son 20 heures de dimanche, a entamé un autre marathon : les sollicitations des journalistes parisiens. Ce matin, le biathlète catalan était l’invité de LCI, la chaîne d’information du groupe TF1.

Nous vous proposons de lire cet entretien dans son intégralité.

 

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Martin Fourcade interviewe son frère Simon à Nove Mesto
devant les caméras d’Eurosport, partenaire de Nordic Magazine
Photo : Vianney Thibault/Agence Zoom 

 

Sur LCI, Martin Fourcade est interrogé par trois journalistes. A peine l’entretien terminé, il a rejoint Canal+ pour la Matinale, avant d’assister, avec Jason Lamy Chappuis, à la conférence de rédaction de Tout le Sport à France Télévisions. Puis BeinSport, L’Equipe, Figaro, Europe 1…

 

Comment vous vous sentez, après une telle prouesse et une telle saison ?

Un peu fatigué (rires). Non, ça va bien !

 

Vous êtes satisfait ?

Très satisfait. Les objectifs ont tous été remplis ; ils ont même été dépassés, comme l’an passé. Maintenant, on regarde vers l’avant, vers les Jeux olympiques de Sochi. 

 

Vous étiez sur la piste de Sochi il y a une semaine, comment vous la sentez ? 

C’est un lieu magnifique, qui nous a tous plu. Le projet est énorme, un peu à l’image de la popularité du biathlon en Russie. Ces pistes m’ont en tout cas réussi ; je remporte deux victoires, ça me donne envie d’y retourner.

 

Dimanche, à l’arrivée de la mass-start, vous profitez sur la ligne d’arrivée, drapeau français en main, parce que c’est la dernière course. On vous a d’ailleurs un chambré pour cela.

Pour moi, c’était profiter, avoir une petite minute pour savourer cette saison, ce que j’avais fait. J’ai pris cette minute comme temps de réflexion (sourire).

 

Petit homme est devenu grand

A quoi vous pensez au moment où vous franchissez cette ligne d’arrivée ?

Soulagé…

 

…. parce que le parcours avait été compliqué la veille ?

J’avais fait une course délicate la veille. J’étais vraiment très fier de réagir.

 

On a parlé de Sochi. Vous avez fait ce qu’un seul athlète a fait, Raphaël Poirée en 2004, c’est-à-dire gagner tous les globes de cristal, mais Raphaël Poirée n’a jamais été champion olympique. Vous pouvez donc vraiment vous inscrire dans cette discipline.

C’est vrai que Raphaël n’a jamais été champion olympique. J’ai un respect énorme, c’est mon modèle en tant que biathlète quand j’étais plus jeune. Maintenant, j’ai la chance de le côtoyer. Il m’a félicité pour ces titres et pour le globe notamment. Cela m’a fait chaud au cœur. 

 

Comment il juge votre travail ? Quelle analyse il tient des prouesses que vous réalisez ?

Il m’a envoyé un SMS hier pour me dire : « Petit homme est devenu grand » ; je lui avais dit que j’avais un beau modèle, qui m’avait aidé à décrocher ça. Il y a un respect mutuel. Je pense qu’il doit être fier d’avoir été mon modèle à une époque, une source d’inspiration.

 

Simon a tracé la voie

Vous avez aussi votre frère à vos côtés, Simon Fourcade. Vous avez commencé ensemble le biathlon, vous aviez quinze ans…

Oui, c’est ça. J’ai suivi Simon car Simon est mon aîné. Ça été plus facile pour moi de quitter le milieu familial pour les Alpes pour faire du ski. Simon a tracé la voie, j’ai suivi. Pour ça, je lui suis reconnaissant.

 

Comment ça se passe entre vous, entre deux frères qui ont la même discipline. C’est une compétition saine ou il y a parfois des rivalités un peu dures ?

C’est une situation qui n’est pas facile à gérer que de se battre avec son frère pour des titres, pour des médailles. Il y a eu des moments difficiles, notamment après les Jeux de Vancouver où j’ai dépassé Simon un peu d’un coup. Maintenant cette rivalité est oubliée, on essaie de donner le meilleur de nous-mêmes tous les deux. On arrêtera d’être compétiteurs avant d’arrêter d’être frères (rires).

 

Le biathlon, c’est du ski de fond et du tir. Est-ce compatible de pousser sur les bras, d’avoir mal, puis d’ajuster une cible à 50 mètres ?

Ce sont deux sports contradictoires, l’un qui demande un très gros effort physique, l’autre une très forte concentration mentale. C’est justement ce paradoxe qui m’a plu dans mon sport. Comment c’est possible ? C’est avant tout beaucoup d’entraînement au quotidien, la répétition… C’est vrai qu’on voit le résultat final à la télé, mais pas tout le travail qui est fait en amont. 

 

Je serais très attendu à Sochi

Concrètement, quel est votre programme dans les jours à venir ?

Je serai en vacances le 8 avril, après une dernière course, une tournée médiatique, des journées avec mes partenaires. Il y a aussi les Jeux mondiaux militaires de ski  à Annecy. La dernière médaille qu’il nous reste à gagner, c’est celle-là [Martin Fourcade sort de sa poche une médaille, NDLR.]. 

 

La préparation de Sochi, vous l’entamez avec plus de pression, du fait de votre parcours exceptionnel ? 

Plus de pression, forcément oui ! Je suis très attendu à Sochi. Après, cette pression me plaît, j’aime être finalement l’homme à battre. 

 

C’est un moteur ?

Oui, c’est un moteur. J’aborde les Jeux dans les conditions où je souhaitais les aborder.

 

Vous êtes quelqu’un qu’on montre beaucoup à la télévision puisque Eurosport retransmet les épreuves. Mais les biathlètes ne sont pas très connus en France. France Football vient de publier les salaires des footballeurs. Quand vous comparez ce qu’ils gagnent et ce que vous gagnez, il y a de l’amertume ?

Je n’ai pas regardé ces salaires (rires).

 

36 millions d’euros pour Beckham par exemple.

C’est pas mal ! (rires). Non, il n’y a pas d’amertume. Concernant la médiatisation, dans certains pays comme l’Allemagne, la Russie, la Scandinavie, nous sommes un sport très médiatisé. J’ai beaucoup plus de demandes de télés étrangères que de télés françaises. Je ressens ce manque de médiatisation en France, mais pas du tout dans ma vie quotidienne. Pour ce qui est du salaire, ce n’est pas du tout ce qui me fait avancer.