Mathieu Legrand : mes souvenirs de cyclistes

7/7.  Suite et fin de notre série consacrée aux relations qu’entretiennent les athlètes nordiques avec le vélo. 

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A 21 ans, Mathieu Legrand a compris que le vélo était essentiel dans sa préparation estivale. Pour le biathlète de Villard-de-Lans, la petite reine possède un côté ludique et permet de travailler en profondeur.

 

Que vous apporte le vélo l’été ?

Il permet de varier l’entraînement mais avant tout le vélo, c’est un moyen de vraiment se faire plaisir, de faire de grande sortie, pouvoir voir pas mal de paysages. On se régale et on est en groupe. C’est important car on peut discuter, on n’est plus dans un entraînement individuel. Au niveau physique, on est dans un sport assis ce qui nous permet de faire du foncier sans avoir à endurer de trop grosses charges. Si on devait comparer, on sort moins fatigué de 2 heures de vélo que d’une séance équivalente en course à pied, en ayant fait du bon boulot. C’est beaucoup moins traumatisant et ça nous permet de récupérer plus vite. C’est très important en vue de la période automnal où on enchaîne les séances en intensité. Le vélo nous permet de faire la caisse pour encaisser ce travail.

 

Qu’est-ce qui vous plaît dans la pratique du vélo ?

On a de bonnes sensations sur la route et en descente, on arrive toujours à se faire plaisir. Comme on en fait l’été, on a cette référence du Tour de France et on s’amuse à aller sur les cols de l’épreuve. Ce sont des repères sympas. Habitant dans les Pyrénées à cette période de l’année, je suis au milieu des monuments que sont l’Aubisque, le Tourmalet, le Soulor, donc je les fais tous. On s’organise aussi des sorties à plusieurs pour aller du côté de l’Alpe d’Huez.

 

Quel est le col le plus dur que vous n’ayez jamais monté ?

C’était en Suisse allemande. Je crois qu’il s’appelle le Gothar. Sa particularité, c’est qu’ils ont gardé l’ancienne route en laissant les pavés et c’est par cette portion qu’on monte. On l’a fait l’an dernier avec l’équipe B et les pavés faisaient très mal. En fait, c’est comme un croisement entre la Tranchée d’Arenberg et l’Alpe d’Huez. Malgré la difficulté, j’en garde un bon souvenir. Je peux assurer qu’on est content en arrivant en haut.

 

Quelle la chose la plus folle que vous ayez faite ou qui vous soit arrivée en vélo ?

Les hypoglycémies. Sur le moment, ça ne fait pas rire mais ça nous laisse toujours de supers souvenirs ensuite. Je me souviens d’une fois, j’étais avec Vincent Mathieu et on rentrait du Dauphiné, qu’on était allé voir il y a deux ans. A cette occasion et comme il y avait un prologue à Grenoble, on en avait profité pour faire des tours autour de la ville avant de regarder la course. Le problème, c’est qu’on a mal géré notre alimentation et qu’on a fait une sortie trop longue. J’ai connu la plus grosse hypoglycémie de ma vie ce jour là et le pire, c’est que Vincent en a vécu une encore pire que la mienne (rires). A chaque fois qu’on y repense, on en rigole beaucoup.

 

Vous faites beaucoup de sorties en groupe ?

Autant qu’on peut. Dans le Vercors, par exemple, on arrive toujours à s’accorder avec les membres du team, puis on retrouve aussi souvent Martin et Simon (Fourcade) qui sont dans le coin pour des bons tours. Sortir en groupe, c’est vraiment plus sympa car on peut discuter. La séance passe plus vite que quand on sort seul pendant 3 heures. A plusieurs, il y a une dimension jeu, on s’amuse à gérer le vent en prenant des relais. Après, on fait beaucoup de défis comme jouer les panneaux aux entrées de villages. Le but, c’est de franchir la ligne du panneau en premier. Des fois, le sprint part à 100 m du panneau, des fois, certains tentent leur chance en s’échappant à 1 voire 2 km, c’est toujours très sympa. Après, on essaye de ne pas trop faire ça sur les premières séances pour respecter les allures d’entraînement mais la compétition ressurgit assez vite. Ça crée de l’émulation.

 

Photo : Facebook
Demain : Stéphane Bouthiaux

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