Maurice Manificat : « Les courses de championnat de France réservent toujours des surprises »

Après une saison marquée par une médaille de bronze olympique, Maurice Manificat, 23e fondeur mondial, veut bien terminer l’hiver notamment le 30 km du championnat de France ce samedi à Lajoux. Entretien. 

 

– Maurice Manificat, samedi sera mis en jeu le titre de champion de France longue distance à Lajoux sur un 30 km mass-start classique. Comment abordez-vous ce rendez-vous ?

Déjà ça fait plaisir de voir une épreuve comme ça. On avait demandé à la fédération de mettre en place ce genre d’épreuve en championnat de France. Le ski de fond, c’est du skate mais surtout du classique ! J’aimerais réussir ce dernier rendez-vous. A Falun, j’ai eu de bonnes sensations donc on verra demain (samedi) sachant que les conditions seront délicates à gérer. Il y a beaucoup de motivation, beaucoup d’envie de jouer devant avec un titre à la clé si possible ! Les courses de championnats de France offrent toujours des surprises, je m’attends à un gros niveau.

 

– Sur ce format, on imagine que Jean-Marc Gaillard et vous seront les principaux favoris. La course ne se résumera donc pas à ce duel ?

Non, Jean-Marc est très fort en classique. Mais pour le moment, je suis un des meilleurs classiqueurs de l’équipe mais je dis bien pour le moment ! Jean-Marc finit fort sa saison, il sera le principal adversaire. Je pense qu’il y aura du niveau avec les jeunes moins de 23 ans du groupe de Vincent Vittoz : Clément Parisse, Adrien Backscheider ou encore Ivan Perrillat-Boiteux qui peut briller sur cette distance… Ce sera une grosse bataille. Lajoux, j’y suis allé pendant le dernier stage de préparation olympique. Je connais les pistes mais cette boucle de 7 km, on la découvrira demain.

Le bonheur de Manificat, vainqueur à Davos !

Le bonheur de Manificat, vainqueur à Davos !

 

J’estime valoir plus qu’une 23e place mondiale

 

– Le week-end dernier, vous avez terminé la saison de la coupe du monde avec la 23e place du général, terminant ainsi dans le groupe rouge des 30 meilleurs mondiaux. Satisfait de cette place ?

Non, elle ne me satifait pas, j’espérais finir dans le top 15. Là, une 23e place représente un rang mondial moyennement révélateur car le classement est très serré dans le top 20. J’ai été absent à Lathi, à Oslo et fait quelques impasses avant les Jeux olympiques. Le Tour de ski ne s’est pas passé comme j’aurais voulu surtout sur la traversée de 35 km. Je retiens surtout ma victoire à Davos, et globalement mon début de saison en coupe du monde. C’est le vrai niveau que je voudrais garder tout au long d’un hiver. J’estime valoir plus que cette 23e place.

 

– Ces impasses ont payé puisqu’au-delà de ce classement, il y a bien sûr cette historique médaille de bronze en relais !

C’est vraiment le moment fort, la cerise sur le gâteau. C’est le genre de très bonnes performances qui effacent les mauvais moments d’une saison. J’espérais mieux sur cette saison, mais cette médaille partagée c’est magnifique et ce sont des émotions différentes d’un podium individuel.

 

Manificat, Gaillard, Duvillard, Perrillat-Boiteux forment une ronde pour célébrer le bronze

Manificat, Gaillard, Duvillard, Perrillat-Boiteux forment une ronde pour célébrer le bronze

 Avez-vous réalisé que vous êtes médaillé olympique à vie ?

Oui et non ! Au début pas du tout. En interne, on a ressenti que ça touchait beaucoup de monde. Et en rentrant, on a eu beaucoup de retours. On a eu la chance de courir un dimanche, de toucher beaucoup de monde. C’est ce qui aide à réaliser la portée de ce qu’on a fait. Après, on reste les pieds sur terre, la saison s’est poursuive ensuite… On aspire à encore plus que ça désormais. On ne va pas s’enfermer dans cette médaille. On va la fêter tout en regardant devant nous avec les mondiaux de Falun l’an prochain. On entre dans l’histoire certes, mais il n’y a pas de raison de stresser pour ça. On est conscient d’avoir réaliser quelque chose qui restera dans les annales mais il reste encore beaucoup de choses à faire, encore plus belles.

 

Le niveau de l’équipe de France des douanes est très dense

 

– Etes-vous impatient de fêter cette décoration lors des championnats de France fin mars à Prémanon ?

Oui c’est une belle occasion de partager cela avec tous les gens du nordique. En 2010, la fête avait été superbe, malgré notre 4e place à Vancouver. On s’attend à ce que ce soit beau et ce partage sera sympa pour clôturer l’hiver, se rappeler les bons moments avant de repartir dès le printemps.

 

– Avant ce dernier rendez-vous de la saison, vous participerez les 26 et 27 mars au tournoi international des douanes avec un 10 km skate et une patrouille. Quels y seront vos objectifs et pourquoi cette compétition est importante pour vous ?

Je suis douanier depuis 2009. Ce tournoi est un super rendez-vous convivial avec les alpins, les combinés, les biathlètes et les fondeurs. Cet échange est vraiment intéressant pour ça car finalement, on se voit peu durant la saison. Au-delà de la performance, on passe un super moment au sein de l’équipe de France des douanes avec souvent des résultats à la clé. C’est surtout un bon moment d’échange. C’est sûr que le 10 km skate demandera de s’arracher jusqu’au bout car le niveau est souvent relevé. La patrouille sera aussi un super événement entre deux fondeurs et un biathlète. Il faudra une équipe performante et jouer tactiquement pour briller : la densité est telle en France qu’on arrive régulièrement à mettre deux équipes tricolores sur le podium. Sans le soutien des douanes en tant que sportif de haut-niveau, on ne serait rien, il est très important pour nous. On se sent vraiment douanier !

Photos : Agence Zoom –

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