Maxime Habran après les Tuffes : « Rien ne pouvait me perturber »

Samedi, Maxime Habran a remporté le sprint lors du championnat de France qui s’est déroulé aux Tuffes, sur la commune de Prémanon. C’est un jeune homme plus combattif que jamais qui analyse sa performance, un athlète également touché par des critiques.

 

Vous avez remporté le sprint samedi aux Tuffes. Racontez-nous cette victoire…
Déjà j’avais une envie folle de courir en biathlon. Je n’avais aucune prétention de victoire ni quoi que ce soit. Je voulais juste montrer que j’étais là en donnant le meilleur de moi-même. Sur l’air de départ, je ne pensais qu’à aller à fond de A à Z, à gagner le moindre dixième, autant sur la piste de ski que sur le stand de tir.

A un moment, vous êtes-vous senti inquiété ?
Absolument pas. J’étais dans ma course, dans mon élément, Je savais ce que je faisais et je ne pensais qu’à moi, aux choses que je faisais, et à la manière dont je les faisais. J’avais une telle envie d’y arriver que rien ne pouvait me perturber.

Comment qualifiez-vous votre course de fond ?
Le format de ce sprint était différent que celui des « vrais » sprints. Il était plus court (7,5 km au lieu de 10) et 3 balles de pioche par tir. Ce nouveau format rend forcement la course beaucoup plus rapide. Je suis donc parti assez fort en me mettant en tête que je devais aller le plus loin possible sans lâcher, sans baisser le régime. Je suis content d’avoir tenu jusqu’à l’arrivée. 

Et votre tir ?
Au tir, je suis arrivé les deux fois assez fort sur le stand, j’ai vraiment relâché mon effort le plus tard possible pour encore une fois gagner les dixièmes. Une fois en position, j’ai attaqué mes tirs. Je n’ai pas mes temps mais je pense que je ne me suis pas endormi sur mon emplacement… Si j’ai osé attaquer c’est aussi parce que j’étais conscient que si je loupais une ou deux balles, j’avais droit à 3 cartouches de réserve. D’autant plus que je tire souvent mieux quand mes tirs sont rapides. J’ai eu besoin d’une pioche en couché et aucune en debout (sans pioche 4/5 et 5/5). En ski comme au tir, le mental a été au top, je n’ai rien lâché. 

Avez-vous trouvé le stade de biathlon difficile ?
Non pas trop. Il y n’y a pas de grosse difficulté sur cette nouvelle piste des Tuffes. Il manquait juste une bonne bosse pour augmenter les écarts. Ce n’est pas une piste trop dure en soit, mais il ne faut vraiment pas s’endormir. Il faut toujours être actif, la piste est tellement rapide que si l’on oublie d’envoyer ne serait ce que sur 50 m, ça se paye tout de suite en perdant les secondes.
C’est aussi très intéressant de courir sur ce genre de piste mais n’oublions tout de même pas que cette piste a avant tout été créée pour les athlètes étant de manière ponctuel ou permanente au Centre national d’entrainement de Prémanon, structure principale du Pôle France Nordique. Je veux dire par là que si une piste est trop dure à l’entraînement, ce n’est pas toujours très bon. On se fatigue et on ne récupère pas toujours bien entre les séances.

Cette victoire vous redonne-t-elle pleine confiance ?
Oui bien sûr. Même si certain objectifs n’ont pas été atteints pour plusieurs raisons,  personnelles mais pas que […], je vois de quoi je suis capable, et je ne vais certainement pas m’arrêter là. Je saurai toujours me relever pour repartir encore plus fort… Mon envie d’y arriver est telle que je me battrai jusqu’au bout quoi qu’il en coûte.


Quel est le programme à venir ?
Je vais alterner entre le circuit national biathlon et les courses populaires en fond si celles-ci concordent avec le calendrier de biathlon. Et le dernier objectif sera de remonter sur la dernière IBU cup de Altenberg, sans oublier les championnats de France de mass start le 1er avril à Bessans.