Mégavalanche : le récit du vainqueur François Bailly-Maitre

Document. Le vététiste François Bailly-Maître a gagné l’édition 2013 de la Mégavalanche, sur l’île de la Réunion. Le Jurassien de 28 ans s’est imposé devant Jérôme Clémentz et Rémy Absalon. Nordic Magazine publie le récit de la victoire.

 

Un terrain glissant

Arrivé sur place une semaine avant la course, j’ai un peu de temps pour m’acclimater à la chaleur humide de l’île.  On a commencé la semaine avec des recos de la Méga. Contrairement aux années précédentes, le tracé est ultra glissant et ce, dès la partie haute notamment sur les dalles de lave. La pluie a été omniprésente les premiers jours et les racines des Tamarins (arbres de la Réunion) dans la jungle ne font pas de cadeau. Rien de tel pour engranger de la confiance…

 

La partie haute fait peur, il faut passer sur les laves à fond et contrairement aux autres années ça glisse vraiment.

 

Samedi, jour des qualifs, la partie haute de la méga (1ere spéciale) a été supprimée car trop dangereuse. Ça n’empêchera pas de faire un départ le lendemain sous la pluie à 150 pilotes ! Les trois gros favoris partent ensemble sur les spéciales de l’enduro, et c’est logiquement eux que l’on devrait retrouver en tête à l’issue des qualifs.

François Bailly-Maitre

Mais à la surprise générale, c’est moi qui réalise les meilleurs temps des spéciales 1et 2. Sur la Sp3, courte, un chrono étonnant de la première vague leur redonne l’avantage et c’est finalement Nicolas Lau qui pointe en tête 2 secondes devant Jérome et moi-même à égalité. Rémy est en embuscade à quelques secondes. Rien de très important, puisque l’essentiel est de se retrouver sur la première ligne à la bonne place le Dimanche matin. C’est chose faite, et avec ces bons chronos un peu de confiance est engrangée !

 

Une bonne glace chez Marie B pour la récupération l’après midi permet de ne pas oublier
qu’on est à la Réunion et que le bon temps et le plaisir sont aussi au rendez vous cette semaine.

 

« Où est mon casque ? »

Le lendemain, place à la course. Tout est prêt, le vélo est en état, bien préparé, le moral est bon. En partant on voit que le ciel est noir et qu’il va pleuvoir pour la course. Première fois en 19 ans qu’il pleut pour le départ au sommet du Maïdo d’après les anciens. Bref, on n’a pas le choix alors on prend ce qu’on nous donne !

Une fois au sommet (plus d’une heure de route), on commence à se préparer. Et c’est là que je me dis, mais « Où est mon casque ? » Ah il est en bas ! Pas d’affolement, et des bons amis ont fait le nécessaire pour m’apporter mon casque sur la ligne de départ à 3 min du start. Merci Nico pour la session pilotage moto sur route mouillée !

 

Cet épisode oublié, un peu d’influx resté sur place,
il convient de rester concentrer et de rester focaliser sur l’événement du jour : la course !

 

Un départ toujours très délicat avec un entonnoir après 50 m de route, il ne faut pas se rater. Ça se passe pas mal pour moi, je sors dans les cinq premiers. Juste après, j’arrive à reprendre deux places, puis encore une et je me retrouve second juste derrière Nico Lau.

La première partie très délicate car très glissante sur les dalles m’effraie un peu. Je suis plus prudent, ou moins bon, que Nico qui prend rapidement un peu d’avance. Une fois cette difficulté passée, je me concentre pleinement sur mon pilotage et sur les relances. Je fais une bonne première partie physique et j’ai Nico en ligne de mire quelques secondes devant moi. Malheureusement pour lui, il va crever rapidement et me laisser le champ libre.

 

Une petite chute

Un peu surpris de la tournure des événements, j’ai mis quelques secondes à savoir quelle stratégie adopter. Ce sera finalement de rouler propre sans penser à la victoire qui semble possible (personne directement derrière). Ça se passe bien sur la première partie de la jungle où je suis content de mes lignes, je fais peu d’erreurs, tout ce qu’il faut !

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Vient la deuxième partie plus glissante, je l’entame bien. Mais un virage délicat et une petite chute me font perdre mes moyens. La potence qui tourne me met un bon coup de stress. Hormis le temps perdu à me relever, à remettre la potence dans l’axe (ce que je n’ai pas réussi à faire) je me pose du coup trop de questions. Juste avant j’avais aperçu Jérôme en embuscade quelques secondes derrière. Finalement, à force de faire des erreurs de débutant, Jey revient sur moi et me dépasse…

 

 

A ce moment-là, je me dis que c’est plié et que je ne le reverrai plus…

 

Il va prendre quelques dizaines de mètres d’avance mais heureusement j’ai réussi à me ressaisir mentalement. Finalement je fais, avec le cintre de travers, une bonne fin de Jungle et je sors quelques secondes derrière Jey au premier pédalage. J’essaie de le reprendre sur la route mais je ne fais que me rapprocher !

François Bailly-Maitre

J’arrive à l’avoir en ligne de mire et grâce au 29 pouces je garde plus de vitesse que lui dans les parties droites et rapides. Nous abordons ensemble la longue partie de pédalage. Je passe devant et accélère un peu pour voir comment il réagit… Et la réponse est : bien ! On reste ensemble, et il passe devant avant d’attaquer les champs de canne à sucre.

 

Une fin incertaine

Finalement, je réussi à passer devant lui grâce à la vitesse du 29. Je parviens à rester devant et grâce à des relances appuyées en fin de parcours, j’arrive à faire un écart de quelques mètres ! Boosté par l’idée de pouvoir gagner la Méga devant Jey, je retrouve de l’énergie et de la concentration. Tout peut encore arriver car Jérome n’est que quelques mètres derrières. La dernière partie, très exigeante et peu plaisante car très cassante pourrait me faire faire des erreurs, je reste alors très vigilant.

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Ce n’est que dans les 200 derniers mètres, lorsque j’aborde le dernier single trialisant que j’ai su que j’allais gagner, et je ne vous raconte pas la suite !

Que du bonheur et quelques secondes de roulage pour profiter de la situation ! Ce n’est pas tous les jours qu’on peut gagner une méga, qui plus est à la bataille avec le premier champion du monde d’enduro !

Photos : Manuel Vuillet

 

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