Nicolas Michaud, invité exceptionnel de Nordic Magazine (4/4)

Aujourd’hui, Nordic Magazine publie une longue interview de Nicolas Michaud dans laquelle le directeur national du ski nordique à la Fédération française de ski dresse le bilan de la saison 2012-2013 sans langue de bois.

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Nicolas Michaud à Val di Fiemme (Photo : Christophe Pallot/Agence Zoom)

 

Nicolas Michaud est directeur national du ski nordique. Le Jurassien est l’invité exceptionnel de Nordic Magazine tout au long de la journée. Il nous a reçu dans son bureau de Prémanon, mardi matin. Les exploits de Martin Fourcade et Jason Lamy Chappuis, l’hiver compliqué de Maurice Manificat et Marie-Laure Brunet, les difficultés du saut tricolore… Tous les sujets sont abordés sans langue de bois.

L’interview sera publiée en quatre parties. 

 

SOMMAIRE

8 h : Un hiver prometteur pour Sochi
12 h : Martin Fourcade : son avenir en équipe de France 
15 h : Les secrets de Jason Lamy Chappuis
18 h : Maurice, Marie-Laure, Vincent : ce qu’on attend d’eux 


Maurice, Marie-Laure et Vincent : ce qu’on attend d’eux 

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Marie-Laure Brunet (Photo : Christophe Pallot/Agence Zoom)

 

En fond, Maurice Manificat, chef de file de l’équipe de France masculine, a connu un hiver compliqué : il a été victime d’une lésion au genou qui l’a obligé à observer une longue période de repos, le privant de Tour de ski, puis d’une mauvaise grippe il y a quelques semaines. En prévision de Sochi, comment allez-vous palier ces absence pour lui assurer une préparation optimale ?
Maurice est un super athlète. Il a gagné le skiathlon à Canmore ; à Sochi, après sa blessure, il est revenu de belle manière avec une 10e place. Mais il ne doit pas se perdre. Bien sûr qu’il doit chercher comment améliorer son niveau, mais il ne peut le faire seul. Il doit faire confiance à son staff et aux techniciens.

On ne peut donc pas évoluer seul au très haut niveau.
C’était vrai avant, plus longtemps encore dans le ski de fond que dans les autres disciplines, comme le montrent Vincent Vittoz ou encore Emmanuel Jonnier. C’est aujourd’hui impossible.

 

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Aurore Jean à Falun (Photo : Ulf Palm/Agence Zoom)


Les filles ont elles montré de belles choses. On se rappelle qu’Aurore Jean a pris la deuxième place du sprint de Sochi derrière la référence Kikkan Randall.
Même aux championnats du monde, le bilan est positif, même si elles n’obtiennent aucune médaille. J’observe une belle mentalité et des résultats. Aurore est la deuxième femme à monter sur un podium dans l’histoire du ski de fond français, après Karine Philippot en 2006/2007. Elle a montré qu’elle avait des capacités à être présente. Encore plus que pour les garçons, les filles doivent maintenant avoir la culture de la médaille et des podiums, et non plus jouer un top 10.
Je dois dire aussi que nous avons commis quelques erreurs de stratégie sur certains formats à Val di Fiemme. Aurore devait courir le team sprint, une course très ouverte, avec Coraline Hugue, et aussi le 30 km.

Un mot sur Marie-Laure Brunet. Visiblement fatiguée après les championnats du monde de biathlon disputés à Nove Mesto, elle a annoncé qu’elle devait prendre trois mois de vacances. Avez-vous des nouvelles de la biathlète pyrénéenne ? Comment va-t-elle ?
Nous étions d’accord pour que Marie-Laure stoppe trois mois. Ce n’est pas la fatigue d’une seule saison, mais une véritable usure de plusieurs années que nous avons observée chez elle. La faculté de Marie-Laure, et c’est aussi son défaut, c’est d’aller puiser dans son mental. La saison dernière, nous ne nous sommes pas rendu compte, alors qu’elle aussi mal que cet hiver en arrivant à Ruhpolding, qu’elle était allée chercher quelque chose d’incroyable en elle pour décrocher des médailles.

Ensuite, elle ne s’est pas suffisamment reposée cet été.
Bien sûr. Marie-Laure s’entraîne et s’entraîne encore. C’est une grande professionnelle. En s’arrêtant trois mois, elle peut penser à autre chose, s’aérer l’esprit. Il lui faut se reposer, changer d’air comme lors des trois semaines qu’elle vient de passer chez Somfy. Marie-Laure a de très nombreuses qualiité, elle sera là à Sochi.

 

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Vincent Descombes-Sevoie (Photo : Christophe Pallot/Agence Zoom)


En saut à ski, dans le concours hommes du petit tremplin (HS 106) de Predazzo, le Chamoniard Vincent Descombes-Sevoie a terminé à la 14e place. Ce qui constitue tout simplement la deuxième meilleure performance de sa carrière. Coline Mattel, elle, a fini au pied du podium. Ajoutons  la 5e place du concours mixte avec Léa Lemare, Coline Mattel, Ronan Lamy-Chappuis et Vincent Descombes-Sevoie. Faut-il y voir de bons signes ?
Le saut féminin fait du bien au saut à skis. C’est positif, comme ce qu’ont montré Coline Mattel et ses coéquipières. En saut masculin, l’hiver a été par contre difficile. Malgré tout, les résultats ne sont pas mauvais. Dans le concours mixte, Vincent a figuré parmi les meilleurs sauteurs. Ronan Lamy Chappuis a tenu son rang. Mais on ne doit pas s’arrêter à cela. Nous n’avons pas les athlètes qu’il faut pour le haut niveau. Il ne faut pas le nier. Vincent est un superbe athlète, il a les qualités mentales pour ne rien lâcher, pour se battre coûte que coûte, mais nous n’avons que lui. Seul Ronan a montré qu’il avait un potentiel d’avenir. Nous allons les soutenir les deux, eux et personne d’autres, comme nous allons accompagner les jeunes sauteurs sur les petits tremplins, à l’exemple de ce qui se passe dans les Vosges. Nous avons lancé un plan national jeunes, avec la formation des cadres notamment. On commence à voir les résultats.

Aux championnats du monde juniors, les Français ont obtenu quelques médailles : Théo Hannon, le relais français de biathlon avec Clément Dumont, Mathieu Legrand, Quentin Fillon-Maillet et Davy Chavoutier, Fabien Claude, Aristide Bègue… Au vu de ces résultats, êtes-vous confiant sur les chances françaises aux JO de Pyengchang en Corée du Sud ?
Je suis confiant, mais les médailles en juniors ne sont qu’un palier. La vraie carrière se joue en seniors sur de grands événements. Il faut donc avoir la capacité de se motiver pour réussir cette seconde étape. Celui qui pense autrement, il peut se tromper. Maxime Laheurte, Jason Lamy Chappuis, Sébastien Lacroix et François Braud, médaillés en juniors, l’avaient bien compris.

 


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