Nicolas Michaud : “On n’est pas là pour offrir à un athlète une carrière en coupe d’Europe”

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Nicolas Michaud, le directeur du nordique français, revient en détails sur les compositions des équipes de France de ski, biathlon, saut et combiné. Et justifie ses choix en termes de stratégies, de recrutement ou encore de transversalité dans les disciplines nordiques.

Voici la seconde partie de cette interview sans langue de bois…

En fond, la fédération prévoit pour la première fois de recruter un entraîneur spécifique pour le groupe sprint. Qu’est-ce-qui motive ce choix ?

Ça fait quelque temps qu’on est au milieu du guet sur le sprint, en se demandant si on y va ou pas. Le groupe sprint se déterminant au fil des saisons, on voit bien que c’est un effort à part entière, très différent. On ne peut pas les noyer au sein d’un groupe distance avec des Manificat ou Gaillard. Le recrutement se fera très très vite, sans doute d’ici deux jours. François Faivre remplace Deloche chez les garçons et sera chef d’équipe hommes, comme Anaël Huard le sera avec les dames. François gèrera une équipe faire d’individualités et de jeunes qui arrivent ; il peut être la bonne personne pour faire prendre la mayonnaise entre ces personnes. Faire que le groupe fonctionne bien et vive bien ensemble. Vincent Vittoz et Olivier Michaud gardent les jeunes sous leur coupe avec on l’espère des résultats aussi bons que cet hiver.

 

En OPA, aucun groupe dames n’a été constitué. Cette faiblesse d’effectifs, outre un dense groupe A, vous inquiète-t-elle ?

L’an passé, il n’y avait pas de groupe B ni de juniors : la filière était vraiment cassée ! On est en train de reconstruire en amorçant la pompe par dessous en créant un groupe juniors de 6, et en espérant que ce groupe s’étoffera et montera d’un niveau chaque année pour refaire une vraie filiale ski de fond féminin. C’est un vrai souci aujourd’hui qu’il nous faut préparer et réparer dans la durée.

 

Rien n’est défini avec Marie-Laure Brunet, on doit construire un projet avec elle.

 

Que faut-il comprendre par l’annotation “Projet à définir” en face du nom de Marie-Laure Brunet ?

On a mentionné cela pour éviter toutes sortes de critiques après les Jeux olympiques de Marie-Laure… car on a essuyé beaucoup de remarques parfois très désobligeantes. Marie-Laure Brunet s’est posée beaucoup de questions pour savoir si elle continuait ou arrêtait et on a beaucoup échangé avant qu’elle parte en voyage en Alaska. Rien n’est défini, on doit construire un projet avec elle : ce sera fait dès son retour pour voir comment elle se projète dans l’équipe et sur la coupe du monde.

 

Chez les dames, la nomination de Julien Robert arrive au moment où le groupe dames s’ouvre à de nouvelles athlètes (en l’absence de Marie Dorin notamment). Certains supporteurs s’émeuvent de l’absence de la championne de France Jacquemine Baud dans les collectifs…

C’est super dur de justifier ce cas : en termes de résultats, elle fait des bonnes places en IBU cup et en championnats de France. Mais elle n’évolue pas en termes de vitesse de ski et a priori n’évoluera pas. On n’est pas là pour offrir à un athlète une carrière en coupe d’Europe : c’est dommage car elle fait le job, s’entraîne dur mais elle n’a malheureusement pas toutes les données pour y arriver et réussir en coupe du monde. 10 ans en coupe d’Europe ne servent à rien : ça doit rester un palier pour monter en coupe du monde, un tremplin et pas autre chose. C’est aussi ce qu’on constate avec l’équipe B du combiné nordique.

 

Photo : Agence Zoom –
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