Philippe Jeanmonnot : « Sur la Pierra Menta, tout le monde souffre, du premier au dernier »

Le commerçant et sportif Pontissalien Philippe Jeanmonnot (Sports aventure) a bouclé ce week-end la dernière édition de la Pierra Menta, l’une des plus exigeantes courses de ski alpinisme au monde. Il était associé à Stéphane Courvoisier. Récit.
(ci-dessous une photo de Jocelyn Chavi et une vidéo embarquée sur la fameuse étape du grand mont.
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Philippe Jeanmonnot, vous avez participé à la Pierra Menta avec Stéphane Courvoisier ce week-end. Vous terminez 105e équipe après quatre jours de compétition. Quel sentiment domine aujourd’hui ?
Il nous reste beaucoup de souvenirs mais le sentiment qui domine est une grande satisfaction. Nous pensions sincerement pouvoir etre dans les 120, mais approcher le top 100 nous paraisait hors de portee. Finalement on se dit qu’on va etre obligé de revenir pour faire encore mieux !

Racontez-nous ces quatre journées ? Comment se sont-elles passées ?
2650 m de dénivelée, 13 manips, 19 km de long : la première journee a commencé dans la difficulté pour moi. J’étais dans le dur mon collègue était mieux et au final la tendance s’est inversée. Une magnifique arête avec un temps bleu!
2e étape : 2750 m de dénivelée, 25 km de long, 13 manips : une longue étape mais on avait une grosse caisse on a fini tres fort. Quelques portages mais pas de grosses aretes. De longues descentes qui nous avantagaient ( mon collegue et moi sommes bons descendeurs).
3e étape : la fameuse etape du grand mont. 2560 m de dénivelée, 20 km de long, beaucoup de manips et l’arête du grand mont. 3 000 spectateurs en haut nous ont offert un plaisir court mais très intense.Nous avions en plus nos supporters (une petite poignée) qui nous attendaient et ça nous a fait du bien !
4e étape : la plus courte qu’on pensait être la plus facile mais on avait une équipe de suisses derriere nous à 12 secondes et une equipe devant à 55 secondes. Donc on s’est mis une grosse pression et on a fait l’étape à bloc. Et on a bien fait on a repris 4 places pour terminer 106e.

L’étape du grand mont sort du lot pour l’ambiance”

Y’a-t-il une épreuve qui sort du lot par sa difficulté, sa technicité ?
L’étape du grand mont sort du lot pour l’ambiance. Mais toutes les étapes étaient magnifiques de par leur trace (merci les benevoles) et par leur technicité. On a fait des arêtes techniques, engagées (pas toujours d assurage) et quelques fois longues la derniere arête de l’étape du dimanche faisait 350 m de dénivelée.

Comment gère-t-son effort sur cette course de ski alpinisme qui compte parmi les plus dures du monde ?
Le plus dur est l’accumulation de l’effort et la récupération. Il faut aller suffisamment vite tout en gardant des réserves pour le jour d’après. Dès la fin de l’étape, c’était boisson de récup’, manger, dormir, massage… Et puis, avec l’experience on arrive à bien gerer tout cela !

Comment est l’ambiance sur ce genre de long week-end sportif ?
L’ambiance est très conviviale : pas de rock star dans le ski alpinisme, on a mangé à côté de Kilian Jornet, son coequipier et sa soeur ! C’est le premier à engager la conversation et te demander comment s’est passée ta journée. Tout le monde se côtoie pendant quatre jours des amitiés se tissent simplement comme dans la montagne ! Et tout le monde souffre du premier au dernier!

Quel est désormais le programme ?
Je suis engagé sur la Patrouille des glaciers avec deux collègues le 27 avril. On espere mettre moins de 10 heures. Et puis après un peu de trail…