Pierre Mignerey : « le sprint n’est plus adapté pour préserver le classique »

 

SKI DE FOND – C’est le sujet qui fait débat : la disparition du sprint classique. Sachant que le style classique lui est en sursis depuis quelques années avec la forte utilisation de la poussée, les inquiétudes grandissent chez les puristes et les critiques sont nombreuses. Qu’en est-il réellement ? Pierre Mignerey, patron du ski de fond mondial à la FIS, répond.

 

 

  • Pierre Mignerey, on a appris récemment que le sprint classique allait très probablement être supprimé. Pourquoi cette décision ?

Encore une fois, l’arrêt du sprint classique n’est pour l’instant qu’une proposition. Derrière celle-ci, il y a plusieurs arguments basés sur des analyses détaillées.  Avant tout, la commission ski de fond a décidé au printemps 2016, après deux ans de discussion de tenter, de préserver le style classique traditionnel. Par traditionnel, on entend toute la diversité des différents pas dont l’alternatif. La majorité des nations pense qu’une évolution du classique vers toujours plus de poussée simultanée entraînera la fin du classique en compétition. Il a également été décidé de prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver l’alternatif, y compris de mettre en place des règles ou des solutions relativement artificielles telles que les zones techniques ou le contrôle de la longueur des bâtons. Ces décisions ne font pas l’unanimité, mais c’est la direction que nous nous sommes collectivement donnée et nous pensons qu’il faut aller jusqu’au bout de la pensée et suivre ce qui a été décidé.

Aujourd’hui, lors des sprints classiques, on voit de la poussée et, dès que le profil s’élève, de la course à pied. Cela ne correspond donc pas à la définition du style classique qu’on avait décidé de préserver. Cette tendance va s’amplifier au plus haut niveau car tout le monde travaille dans cette direction, que ce soit les athlètes ou les équipementiers. Il y a de fortes chances que cela se retrouve très rapidement à tous les niveaux et plus particulièrement chez les jeunes qui sont fortement marqués par les images qu’ils peuvent voir. Je n’ai personnellement rien contre la poussée et la course à pied en alternatif, mais il faut aller au bout des décisions. Si l’on veut préserver l’alternatif à moyen terme, alors il faut que l’on soit capable de montrer la voie au plus haut niveau en utilisant cette technique en coupe du monde. La réalité d’aujourd’hui et encore plus de demain c’est que le sprint n’est plus un format très adapté pour cela.

 

Nous ne voulons pas que le ski de fond devienne un sport où c’est le jury qui décide du résultat final.

 

En plus, cette évolution de la technique rend le style classique de plus en plus difficile à contrôler. Le nombre d’infractions au règlement se multiplie et le travail est devenu très difficile, voire parfois impossible, pour les jurys. Nous ne voulons pas que le ski de fond devienne un sport où c’est le jury qui décide du résultat final.

Sur le circuit coupe du monde, nous avons encore quelques pistes adaptées, mais c’est chaque année un peu plus difficile. Le design des pistes est important, mais il est très difficile de faire passer la piste dans des bosses en respectant une durée de sprint convenable. C’est aujourd’hui un véritable challenge de trouver des profils propices au classique près du stade. La conséquence est simple, le sprint classique devient comme déjà évoqué uniquement de la poussée et de la course à pied.

En parallèle, nous pensons clairement que le ski de fond a besoin d’être plus attractif pour les enfants et les jeunes athlètes. Il existe beaucoup de formats attractifs, comme par exemple le cross-country cross (organisé aux JOJ de Lillehammer) qui sont proposés aux enfants dans plusieurs pays et ce depuis de nombreuses années.
Mais là encore, il est important de renforcer le lien entre les formats de coupe du monde et la pratique aux niveaux inférieurs. La connexion doit être plus forte entre ce que les enfants font, ce qu’ils peuvent voir à la télé et ce que leurs idoles réalisent. On connaît tous la puissance de YouTube, des réseaux sociaux , etc. Pas mal de personnes aimeraient introduire ce format de cross-country cross comme un nouveau format de coupe du monde.

De notre point de vue, ça a plus de sens d’intégrer des éléments techniques dans nos compétitions de sprints actuelles. On ne parle pas ici d’élément artificiel. On veut jouer plus avec le terrain, avec des vagues, des virages relevés et pourquoi pas si le terrain s’y prête des petites bosses. En jouant plus avec le terrain naturel, au lieu de toujours chercher à créer des boulevards, on mettra plus l’accent sur la technique, l’agilité, le placement plutôt que la puissance pure. Donc on se rapprochera des formats qui plaisent aux jeunes. Il est clair qu’il est très difficle d’introduire ces éléments en technique classique.

 

  • Depuis quelques années en France, pas mal de propositions ont été faites lors de courses régionales et nationales pour organiser des formats du type Cross country cross / Border Cross mais les projets n’ont bien souvent jamais abouti, faute de moyens techniques, de quantité de neige suffisante pour modeler le terrain et d’un travail de préparation trop important. Est-ce que vous pensez que si ce format rentre en coupe du monde, ça va booster les circuits inférieurs à faire la même chose ?

Bien sûr, je pense que si ce type de format apparaît dans le haut niveau, ça va motiver des organisateurs de circuits inférieurs à mettre ça en place plus régulièrement. Au niveau des moyens techniques, je ne pense pas que ce soit si lourd que cela. Les organisateurs avaient plutôt dans la tête une ambition trop grande, de façon à reproduire le cross country cross des JOJ de Lillehammer qui avait été une grande réussite, mais qui avait demandé d’avoir un terrain très large et d’énormes moyens techniques. Je pense que l’idée clé est surtout de s’adapter au terrain, pourquoi pas sortir du stade pour cela.

 

Nous avons besoin de promouvoir le ski de fond comme une activité ludique.

 

Si ce type de format se développe, on peut penser que cela incitera aussi les sites nordiques à développer des terrains permanents, à travailler le terrain l’été pour que l’hiver les profils techniques de virages et de bosses soient déjà en place. Cela permettrait aussi de créer une continuité entre loisirs et compétition, d’utiliser ces terrains dès le plus jeune âge dans les écoles ou dans la pratique loisir, puis dans les clubs et enfin en compétition à tous les niveaux. C’est du ludique et nous avons besoin de promouvoir le ski de fond comme une activité ludique.

 

  • Et par rapport à la question de la neige ?

Justement je pense que si on s’enlève de l’idée qu’il faut nécessairement créer des éléments extrêmes avec grande bosse, gros virages relevés, sauts, slaloms… Si l’on adapte juste le damage au terrain en accentuant ses traits, on obtiendrait des parcours techniques sans que cela nécessite des quantités de neige extravagante et de plus en plus rare de nos jours.

 

  • Les parcours type border ne sont-ils pas plus destinés au jeune public en apprentissage technique plutôt qu’aux adultes courant à haut niveau ?

Encore une fois, je voudrais insister sur le fait que nous ne voulons pas organiser des borders cross en coupe du monde mais uniquement adapter la piste au profil du terrain pour créer des aspects techniques supplémentaires. Le ski de fond ne se résume pas en un sport de capacité physique ou à un concours de VO2 max. Le ski de fond, c’est aussi un sport plein de diversité et d’adaptation : diversité des différentes techniques et différents pas, diversité des qualités nécessaires (physiques bien entendu mais aussi techniques, tactiques…), adaptation au terrain, adaptation aux conditions de neige…

On dit souvent aujourd’hui, que l’entraînement chez les jeunes devient trop spécifique et ce de plus en plus tôt pour améliorer et développer les qualités physiques musculaires et cardiaques dès les plus jeunes catégories. En attribuant des médailles aux mondiaux juniors en skiathlon et autres formats que l’on retrouve au plus haut niveau, on favorise cette tendance. Si l’on mettait plus en valeur les aspects technique et ludique, on orienterait également l’entraînement des plus jeunes.

 

  • En sprint classique, les coureurs prenant moins de place sur la piste, il est plus facile de se replacer pendant la course et donc il est courant d’assister à des changements de leader surprenant. En skate, l’importance du placement dans les premiers mètres décidera beaucoup plus qu’en classique du résultat final ? N’est-ce pas un facteur à prendre en compte ?

Je suis d’accord qu’en classique, il est plus facile de se replacer qu’en skate. Mais on considère probablement là encore trop souvent que se replacer n’est possible que dans une portion large et droite. Je pense que si on introduit ces aspects techniques, il y aura beaucoup plus de rebondissements et les placements sur les portions techniques seront très intéressants et feront qu’il y aura aussi ces changements de leader. Le ski de fond, et notamment le sprint, n’est pas un concours de VO2 ou de puissance, on a des tapis et des ergomètres pour ça.

 

  • Dans un sprint classique, on a moins d’accrochages et de chutes. Un sprint skate, avec en plus ces profils changeants, n’accentuera-t-il pas le fait que la course devienne une loterie ?

Je ne pense pas que ce phénomène va s’accentuer. Il est question d’intégrer des portions techniques mais pas d’organiser un ski cross avec des virages et des grosses bosses. Le but n’est pas de créer des chutes et des accrochages.

 

  • Vous dites que le but d’un sprint, c’est d’aller d’un point à un autre le plus rapidement possible et que la méthode pour le faire est évidemment d’utiliser le style skate et non pas le style classique. Pouvez-vous être plus précis sur cette image ?

Ce n’est pas l’argument principal, mais l’idée de ce message est dans l’idée à nouveau de vouloir simplifier notre discipline et de délivrer un message clair au grand public. En utilisant le terme général sprint on veut signifier un effort intense et bref pour aller le plus vite possible sur une distance relativement courte.

On sait tous que pour aller le plus vite en utilisant des skis de fond c’est d’utiliser ses skis de skate.

 

 

 

  • Pourquoi dans ce cas ne pas organiser des courses en ligne droite comme en athlétisme ?

Cette question revient régulièrement. Nous avons confirmé il y a deux ans que le ski de fond est par définition un sport d’endurance. Il en a toujours été ainsi et c’est un pilier que nous voulons conserver. D’une part parce que c’est notre histoire mais aussi car nous voulons rester une seule et même famille, avec des athlètes le plus polyvalent possible.

Des sprints très courts en ligne droite auraient pour conséquence l’apparition d’athlètes à la morphologie et aux capacités physiques complètement différentes et relativement éloignées des athlètes d’endurance que sont les fondeurs aujourd’hui.

 

  • La durée des sprints est-elle limitée ?

Pas encore, mais nous le proposons également. Aujourd’hui, nos sprints et principalement ceux courus en championnat du monde tournent bien souvent autour de 3 min 30. Tout ça est dû au fait que les stades sont très grands et que rien que le fait de sortir du stade et de rentrer à nouveau dedans prend déjà beaucoup de temps. Il faut en plus souvent aller loin pour exploiter des bosses convenables. Cet argument pèse aussi d’ailleurs dans la décision d’arrêter le sprint classique.

Nous pensons que des sprints plus courts aux alentours de 2’45’’ permettront à des jeunes athlètes aux qualités d’accélération et de résistance à une certaine intensité d’effort de s’exprimer et de percer au plus haut niveau. Nous avons besoin de ce renouvellement permanent et ce notamment dans les pays d’Europe centrale. On voit souvent des jeunes très bons en qualification et en ¼ de finale mais qui ont du mal à enchaîner les tours et à être compétitifs jusqu’au bout. C’est d’autant plus le cas lorsqu’on tourne autour des 3’30’’.

 

Qui dit sprint classique aujourd’hui dit jeu avec les règles

 

  • On a vu depuis quelques années l’augmentation importante de l’utilisation de la poussée et depuis l’an passé, l’utilisation, par Klaebo notamment, de la course à pied en bosse ski aux pieds. Est-ce vraiment contre nature ?

Personnellement, je n’ai rien contre ces utilisations mais ce n’est pas la meilleure façon de promouvoir le style classique dans le sens historique du terme. Ces techniques font aussi que le style classique en lui-même est mis en danger en devenant un style où il advient aujourd’hui de plus en plus d’infractions au règlement. Qui dit sprint classique aujourd’hui dit jeu avec les règles et certains athlètes flirtent en permanence avec les limites. Donc soit le jury a maintenant une part trop importante dans la course, soit la course n’est pas fair-play. Cette question de justice est véritablement à prendre en compte comme argument en faveur de l’arrêt du sprint classique.

 

 

  • En distance classique, on a toujours aujourd’hui généralement des pas variés avec l’alternatif glissé, on a aussi en skate cette variation de pas. Mais ces variations sont en sprint, dans les deux styles très limitées. En classique, on va privilégier la poussée, en skate on va privilégier le 1 temps. Qu’en pensez-vous ?

Je suis d’accord avec vous. Je dirai que la communauté du ski de fond accepte beaucoup plus la disparition de la diversité en skate qu’en classique. Encore que je suis bien conscient du fait que la poussée ou le 1 temps comportent autant de nuances que le pas alternatif. Je pense que c’est une question de tradition. En classique, la tradition a une part beaucoup plus importante qu’en skate car c’était le style originel de la discipline. C’est pour cela que notre famille cherche à le protéger voire à le sur-protéger.

 

  • On a dans nos têtes des souvenirs de sprints classique au succès incontestable, comme celui de Falun lors des mondiaux ou celui de Drammen chaque année. Pourquoi ne pas continuer ce succès ?

Pour moi le sprint de Drammen est un succès car il a un aspect mythique traditionnel en Norvège et qu’il y a énormément de monde sur le bord de piste, mais pas parce qu’il est en classique. Il aurait tout autant de succès s’il était en skate à mon avis. Les gens se déplacent pour assister à un sprint, format qu’ils apprécient beaucoup mais pas pour assister à un sprint classique ou à un sprint skate en particulier.
Pour en revenir à Drammen, il faut rajouter que c’est le sprint par excellence qui pose le plus de problèmes au jury de nos jours. La qualité de la neige et le profil font que les coureurs partent avec des skis de skate ou sans fart et jouent avec les limites du règlement. En particulier, dans cette fameuse descente très propice aux « pas tournants » améliorés que certains athlètes connaissent très bien. La bosse ne permet pas véritablement d’imposer une zone efficace car elle n’est pas assez longue, pas assez raide au début et trop raide à la fin. Donc oui c’est un beau sprint parce qu’il y a du monde, que c’est très bien organisé par les Norvégiens mais sur le plan technique et le respect du règlement, c’est toujours à la limite.

 

  • Sur les réseaux sociaux, beaucoup pensent qu’on se dirige droit vers la fin du classique. Sprint classique et style classique, attention à ne pas faire l’amalgame ?

En effet, il ne faut pas se tromper. Comme on vient de l’évoquer, supprimer le sprint classique c’est même plutôt aller dans le sens de préserver le style classique. Je pense qu’il faut vraiment être pragmatique et concentrer nos efforts sur les formats qui se prêtent bien à l’utilisation du classique. La meilleure promotion du classique c’est le montrer sous son meilleur angle pas dans une sorte de concours de foire où le jury décide de tout ou perd complètement le contrôle de la situation.

 

  • En France, un an sur deux, La Clusaz accueille une étape de coupe du monde. Calle Halvarsson, le fondeur suédois, a récemment déclaré que : « Pour augmenter l’intérêt de la discipline, il ne faut pas bouleverser les formats et vouloir tout changer. Il faut juste organiser des courses là où il y a beaucoup de public parce que c’est bon pour les TV, bon pour l’image.» Il ajoute : «Regardez l’étape de La Clusaz, vous êtes dans la campagne française et il n’y personne à de nombreux endroits sur la piste. C’est complètement vide. Le rendu TV n’est pas bon et tout le monde pense que cela n’intéresse personne.» Que pensez-vous de cette déclaration ?

Pour l’étape de la Clusaz, c’est une déclaration très injuste car La Clusaz est loin d’être l’étape la moins fréquentée, y compris d’ailleurs par rapport à certaines autres épreuves suédoises … C’est clair qu’on voudrait tous courir devant des centaines de milliers de spectateurs comme à Ulriceham, mais ce n’est pas aussi simple que ça à faire. C’est même très dur à réaliser. D’une part il faut trouver des sites adaptés et situés dans des bassins de population suffisamment importants et avec une culture de sport d’hiver. D’autre part, la plupart des sites propices nécessitent de faire des compromis sur le plan sportif avec des profils et des largeurs de piste souvent à la limite. Cela pose donc bien la question des formats de course. Certains formats se prêtent mieux que d’autres à l’organisation de tels évènements.

D’ailleurs, la piste d’Ulriceham ne permet pas d’organiser tous les formats de courses. Cela pose donc bien la question des formats de course. Certains formats se prêtent beaucoup mieux que d’autre à l’organisation de tels évènements. Donc, sur le principe, je suis d’accord que nous devons chercher à programmer plus de week-end comme celui d’Ulricehamn mais en partique il faut aussi que tout le monde soit prêt à faire des compromis. Pas si évident si je me fie aux commentaires que nous avions entendus lorsque nous avions fait le choix de Québec pour les finales 2017…

 

 

  • Justement avant de clore cet échange, Québec organisera les finales de la coupe du monde en 2019 et 2020. On se souvient du gros succès populaire de cette étape l’an passé avec également la victoire de Baptiste Gros il y a 2 ans. Quelques mots là-dessus ?

Que du positif. Je pense que tout le monde est super content de retourner au Canada. Les critiques ont été complètement balayées par le succès phénoménal des finales 2017. Cette étape a d’ailleurs toujours été un succès.

L’an passé, on a vraiment senti que cette coupe du monde avait provoqué une sorte de déclic au Québec et apportait une dimension supplémentaire au ski dans cette région. Je pense que la fête va de nouveau être grande en 2019, suite à l’engouement de l’an passé et par l’arrêt probable de la carrière d’Alex Harvey sur ses terres. En 2020, nous retournerons à nouveau au Canada avec Québec et Canmore pour les deux derniers week-end de coupe du monde. Après 2020, ça va être plus compliqué puisque les finales devront s’orienter du côté de la Chine et de Pékin en vue des JO 2022.

 

  • En 2020, un mini-tour Suède-Norvège sera organisé.

Ou,i une épreuve de six étapes sera organisée entre la Suède et la Norvège après une ouverture de ce mini-tour avec un sprint dans les rues de Glasgow en Ecosse ou au Danemark. Il y aura dans ce mini-tour une longue distance qui passera la frontière Suède-Norvège.

 

Retrouvez l’intégralité de l’entretien avec Pierre Mignerey :

 

Photos : Agence Zoom

 

1 Comment

  1. DURAND Romain

    25/10/2017 à 8 h 17 min

    Merci pr ces entretiens très intéressants

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.