Au sommaire de Planète Nordic #31
Philippines 🇵🇭 – Edward Limbaga, la belle histoire qui fait débat
C’est une des belles histoires comme les partisans de l’universalisme aiment les raconter. À 48 ans, le Philippin Edward Limbaga participe à sa première coupe du monde de ski de fond. Il a d’abord pris part à l’individuel classique, au sprint classique et à la mass-start libre de Ruka (Finlande), du 28 au 30 novembre. Puis a récidivé sur le sprint classique puis à l’individuel libre de Trondheim (Norvège), les 5 et 7 décembre. Une récompense pour celui qui n’a commencé à skier que quatre semaines plus tôt, après avoir longtemps pratiqué le ski-roues et le roller-hockey.

L’incongruité est permise par la saison olympique. Suivant les recommandations du CIO, la FIS a ouvert ses trois premières étapes de coupe du monde de la saison à des petites nations. L’occasion pour elles d’obtenir leur qualification pour les Jeux de Milan-Cortina (6-22 février 2026), en arrivant sous le cap des 300 points FIS requis. Une Indienne, une Taïwanaise, un Bermudien et un Péruvien ont ainsi pu prendre part à l’étape norvégienne.

Mais le cas d’Edward Limbaga a fait débat après l’individuel libre de Trondheim. Parti avec le dossard 2, celui qui vit aux États-Unis a été dépassé par une cinquantaine de fondeurs. Il a finalement terminé à 23 min 29, presque le double du vainqueur. La différence de vitesse était telle qu’il a failli faire tomber plusieurs adversaires. Parmi eux, l’Autrichien Mika Vermeulen, très sévère sur le concurrent asiatique auprès de la NRK : « C’est dangereux et absurde. C’est le plus haut niveau, et on ne commence pas par la coupe du monde. Si vous avez plus de 80 points FIS, vous n’avez rien à y faire. » Le Norvégien Jan Thomas Jenssen embraye au même micro :« Je crois qu’il ne sait même pas utiliser de bâtons de skis. Il est incapable de faire un virage. » L’intéressé assure faire de son mieux : « J’essaie de respecter les règles et de ne pas gêner les concurrents. »

Pour éviter de telles situations, les concurrents les plus faibles disputent des qualifications en début de championnats du monde. Et sont relégués dans les derniers dossards, quand ils participent aux Jeux olympiques ou en coupe du monde. La situation de l’individuel libre de Trondheim est amené à être une exception, indique le directeur de course Michal Lamplot à la NRK : « Avec la faible durée du jour à Trondheim, nous avons dû les placer en début de start-list. Sinon, la compétition aurait été trop longue et aurait coïncidé avec la course de fond du combiné nordique. » Ultime chance d’accrocher sa place aux JO à Davos (Suisse), lors du sprint libre samedi 13 et de l’individuel libre dimanche 14.
Russie 🇷🇺 – Pour le retour de fondeurs neutres sur le circuit mondial, les techniciens vont devoir s’adapter sans fluor
Longtemps un serpent de mer, l’interdiction des farts fluorés est finalement entrée en vigueur sur le circuit mondial en 2023. Toutes les nations se sont adaptées à cette nouvelle donne, et les techniciens des différentes sélections y sont désormais habitués. Tous sauf les Russes, qui en ont été exclus en 2022, au moment où le fluor n’était pas prohibé. Samedi 13 et dimanche 14 décembre, les fondeurs Saveliy Korostelev et Dariya Nepryaeva feront leur retour à l’occasion de la coupe du monde de Davos (Suisse). Ils concourront sous le statut d’athlètes neutres, mais leurs skis seront fartés par des compatriotes.

« Notre équipe technique travaille sur ces questions depuis un an », assure Alexander Pechersky, responsable des techniciens de l’équipe russe de biathlon, auprès de Sports.ru. Dans le détail, du fart non fluoré a été importé de l’étranger et comparé avec ses équivalents russes. L’équipement a été totalement renouvelé pour s’assurer de l’absence totale de fluor. Un fonctionnement similaire est probablement suivi par les fondeurs, alors que les communications sont minimales entre les collectifs russes de fond et de biathlon.
Finlande 🇫🇮 – Après l’annulation d’épreuves de coupe du monde à Ruka, la fédération dans une situation financière « très difficile »
Le vent a fait des siennes à Ruka (Finlande), dimanche 30 novembre. Il a contraint la FIS à annuler un concours de saut à ski et la mass-start de combiné nordique. Cette décision logique n’est pas sans conséquence financières pour la Fédération finlandaise de ski. Sa présidente Sirpa Korkatti a indiqué mercredi 10 décembre dans un communiqué que « la perte de revenus place la fédération finlandaise dans une situation financière très difficile ». Déjà dans le rouge, les comptes de Suomen Hiihtoliitto ne pourront absorber qu’avec parcimonie ce manque à gagner. « La fédération a déjà entamé des négociations pour obtenir des financements supplémentaires », a tenu à préciser Sirpa Korkatti.

Suède 🇸🇪 – Après un doublé, les fondeuses ont pour tradition… de prendre une douche commune
Les fondeuses suédoises ont de nouveau dominé l’étape de coupe du monde de Trondheim (Norvège). Elles ont réalisé un quadruplé sur le sprint classique (Johanna Hagstroem devançant Emma Ribom, Linn Svahn et Jonna Sundling) vendredi 5 décembre, puis un doublé sur l’individuel libre (Ebba Andersson dominant Moa Ilar) dimanche 7. Malgré la fréquence de ces performances, les Scandinaves continuent de célébrer chacune d’entre-elles. Avec notamment un rituel particulier pour Johanna Hagstroem et Emma Ribom, repéré par la SVT.

« Nous vivons ensemble dans une chambre partagée. Alors, en cas de doublé, nous avons une tradition : une douche commune, en chantant un air en choeur. C’est très amusant ! », partage Emma Ribom. Ce qui s’est produit après le sprint de Trondheim. « Seul problème : nous ne nous sentons pas vraiment à l’aise ici, car la salle de bain est extrêmement petite », reprend Emma Ribom, sous les rires de sa partenaire.
Norvège 🇳🇴 – La célébration particulière d’Einar Hedegart après sa première victoire en coupe du monde
Einar Hedegart n’en revenait pas. Les adversaires passaient et aucun n’arrivait à battre son temps sur l’individuel libre de Trondheim (Norvège), dimanche 7 décembre. Alors, lorsqu’il a compris qu’il remporterait son premier succès en coupe du monde, le Norvégien de 24 ans a illico sorti son téléphone. Et a lancé un direct Instagram, pour partager le moment avec ses 15 000 abonnés. Sauf que tout ne s’est pas passé comme prévu.

D’abord car la diffusion s’est déroulée sans son. Ensuite, car son action n’était pas autorisée, puisqu’il ne disposait pas des droits pour retransmettre une étape de coupe du monde.« J’ai reçu un message ferme au bout de quelques minutes m’indiquant que ce n’était clairement pas autorisé. Mais j’ai eu près de 6 000 spectateurs à un moment donné ! », rigolait-il auprès de la NRK, diffuseur officiel de la course en Norvège. Son initiative lui a ensuite valu de s’expliquer devant un jury… qui a fait preuve de clémence : « Je n’ai pas reçu de sanction. Il n’y aura simplement pas de diffusion en direct la prochaine fois ! »
Japon 🇯🇵 – L’inusable Noriaki Kasai vise encore des 9es Jeux olympiques
À 49 ans, le Japonais Noriaki Kasai avait manqué les Jeux olympiques de Pékin 2022. Sa non-sélection était-elle la fin de l’histoire pour le triple médaillé olympique ? Pas vraiment. Quatre ans plus tard, il s’apprête à débuter sa 37e saison professionnelle. Installé en Slovénie, il débutera par la coupe continentale de Ruka (Finlande) samedi 13 et dimanche 14 décembre. Et ne compte pas s’arrêter là. « J’ai encore beaucoup à donner. Je veux aller jusqu’à 60 ans », indiquait-il à Il Messaggero mi-novembre. Cette saison, il vise les Jeux olympiques, qui seraient ses 9es. Un record absolu.

« J’aime trop le saut à ski et je ne veux pas arrêter, défend t-il. Je suis conscient que la concurrence pour concourir sur les tremplins de Predazzo est très forte et beaucoup pensent qu’il est impossible de réussir, mais je suis en bonne forme, je suis un régime alimentaire précis, je prends soin de mon corps et je cours tous les jours. Je ne me sens pas en déclin, alors pourquoi devrais-je abandonner ? » Il part néanmoins de très loin, et n’est que le 13e Japonais au ranking olympique de la FIS, même si la décision de sa sélection reviendra à la fédération japonaise, qui devrait disposer de quatre quotas.
Finlande 🇫🇮 – Les Jeux s’éloignent un peu plus pour Kasperi Valto
L’horizon olympique s’éloigne pour le sauteur Kasperi Valto. Déjà solidement concurrencé pour les trois quotas olympiques finlandais pour Milan-Cortina 2026, il va subir une opération vendredi 12 décembre. « Il est blessé et sera absent des compétitions pendant 1 à 2 mois. Valto souffre d’une lésion et d’un détachement du cartilage du genou droit », a communiqué la fédération finlandaise jeudi 11. Il devait participer à la coupe continentale de saut à ski à Ruka (Finlande), après avoir pris part aux trois premières manches de coupe du monde à Lillehammer (Norvège), Falun (Suède) et Ruka.

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