Au sommaire de Planète Nordic #34
🇸🇪 Suède : Sebastian Samuelsson met les pieds dans le plat
C’est une vaste enquête qu’ont publié conjointement les médias publics SVT (Suède), NRK (Norvège), Yle (Finlande) et DR (Danemark) le 25 janvier. Après avoir posé la question à l’ensemble des collectifs de sports d’hiver des quatre pays, l’étude révèle que plus du tiers des athlètes concernés n’ont pas subi de contrôle antidopage en compétition dans l’année écoulée. Une part qui monte à la moitié des athlètes sur les périodes hors compétition. Ces prérogatives sont nationales, comme l’AFLD en France.

Le constat a fait réagir le biathlète suédois Sebastian Samuelsson, très engagé dans la lutte antidopage. « C’est grave. Il faudrait faire plus de tests. En même temps, c’est une tendance qui se dessine depuis quelques années, a-t-il regretté auprès de la SVT. On me répond que les tests sont très coûteux et que la quasi-totalité d’entre eux sont négatifs. Dès lors, on peut se demander : si l’on veut démasquer les tricheurs, multiplier les contrôles antidopage est-il vraiment efficace ? »

Puis, le troisième de la coupe du monde a élargi le débat sur le cas de ses adversaires : « On ne retrouve plus des victoires improbables comme il y a 20 ou 30 ans. Mais ne serait-ce que tricher pour gagner dix secondes, c’est déjà grave. Ça peut faire toute la différence. Je préfère ne pas y penser, et ne pas me demander comment je peux les battre sans. » Relancé, il s’est risqué à évaluer l’ampleur du phénomène au biathlon : « Il ne me semble pas aberrant que 2% ou 3% des coureurs au départ soient ou aient été dopés. Le dopage existe, il serait étrange que tout le monde arrête soudainement. Je suis absolument convaincu que je cours contre des coureurs dopés. »

Des propos qui interviennent alors que Martin Fourcade doit recevoir lors des JO 2026 la médaille d’or de la poursuite des Jeux olympiques… de Vancouver, en 2010. Initialement vainqueur, le Russe Evgeny Ustyugov a été suspendu et déclassé.
🇲🇳 Mongolie : le pays fait de nouveau sensation avec ses tenues pour les JO
À quelques semaines du lancement des Jeux olympiques d’été de Paris 2024, le dévoilement des tenues mongoles pour les cérémonies d’ouverture et de clôture avait fait suscité l’émoi. « Le plus bel uniforme des Jeux de Paris », avait notamment jugé le South China Morning Post. Sur les réseaux sociaux, les influenceurs mode s’étaient enthousiasmés sur ces pièces uniques s’inspirant des tenues traditionnelles mongoles. Des figures nationales ainsi que des références olympiques étaient brodées sur ces vêtements, ayant nécessité 20h de travail pour chacun d’entre eux.
Deux ans plus tard, l’engouement risque d’être plus modéré, mais les tenues mongoles pour les JO 2026 de Milan/Cortina – révélées le 21 janvier – sont de nouveau remarquables. Réalisées en cachemire, avec des finitions en soie, elles permettront aux trois athlètes mongols qualifiés (dont les fondeurs Ariuntungalag Enkhbayar et Achbadrakh Batmunkh) d’être « champion du style » selon le portail russe Sports.ru, qui juge que « les Mongols ont su allier tradition et modernité ».

« Inspirés des vêtements du Grand Empire mongol des XIIIe au XVe siècles, l’une des périodes les plus puissantes de l’histoire de notre pays, les modèles conservent des éléments traditionnels clés tels qu’une fente fonctionnelle dans la jupe pour permettre une liberté de mouvement, un col montant pour protéger du vent et du froid, et un devant entièrement fermé pour symboliser la chaleur et l’unité, précise l’entreprise Goyol, qui a réalisé ces tenues. En utilisant le cachemire mongol — une matière que les peuples nomades utilisent depuis longtemps pour se protéger des hivers rigoureux —, nous avons créé des vêtements de cérémonie qui font référence à notre histoire et à notre culture. »

À ces tenues s’ajoutent des pulls aux motifs inspirés des yourtes et du modes de vie nomade. Ceux-ci sont commercialisés et disponibles en deux coloris : blanc et bleu marine. Une écharpe suit également les mêmes motifs.
🇸🇮 Slovénie : Domen Prevc est-il responsable du vol plané de son ski ?
« Domen Prevc est sans conteste le héros sportif n°1 de la Slovénie, à une époque où tous les regards sont tournés vers les sports d’hiver », assure le pureplayer Dnevnik. Pourtant, le leader de la coupe du monde de saut à ski a été au coeur d’une polémique, lors de l’épreuve par équipe des Mondiaux de vol à ski, dimanche 25 janvier à Oberstdorf (Allemagne).
À quelques minutes de réaliser son premier saut, un de ses skis a soudain dévalé le tremplin, en heurtant les chevilles du Norvégien Marius Lindvik, avant de poursuivre sa course jusque dans l’aire d’arrivée. Avec un ski en moins, Domen Prevc n’a pas pu s’élancer dans le temps imparti et la Slovénie n’a donc marqué aucun point sur ce saut. Ce qui a mis fin aux espoirs de médaille de son quatuor.
Mais les raisons ayant entraîné cet incident restent floues. Au lendemain de son titre de champion du monde, le sauteur de 26 ans a posé ses skis contre la guérite du tremplin le temps de faire contrôler sa combinaison. Selon la FIS, il aurait effectué des bonds sur place qui auraient fait trembler la structure. Et fait glisser le ski jusqu’à la pente, bien aidé par les conditions neigeuses.
Selon le clan slovène, le déclencheur aurait été extérieur. « D’après les informations que nous avons reçues, un bénévole en haut de la piste a, involontairement, touché les skis de Domn avec son parapluie, les faisant dévaler la pente. […] Nous avons également recueilli le témoignage d’un ouvreur qui a vu exactement ce qui s’est passé », avance Gorazd Pogorelnik, président de la Fédération slovène de ski, à la RTV.

Une caméra à 360° placée au sommet du tremplin confirmerait cette version. Mais l’enregistrement n’a pas été visionné par le jury de la FIS. Le président de la fédération internationale, Johan Eliasch, a lui préféré la légèreté à propos de cet incident : « C’est la vie, que voulez-vous ? Nous avons essayé de tout faire correctement. Au final, je pense que tout le monde comprendra qu’il s’agit d’un sport de plein air. Il y a des facteurs que l’on ne peut pas toujours contrôler. C’est ainsi dans la vie. »

Un ton qui n’est pas passé en Slovénie, tout comme l’attitude ferme du délégué suisse de la FIS Mathis Hubert. Celui-ci a répété une dizaine de fois « non » au moment où Domen Prevc souhaitait s’élancer une fois le ski récupéré.
Constructeur du ski en question, Peter Slatnar a assisté à la scène, et ne mâche pas ses mots auprès de la RTV : « J’ai remarqué une expression triomphante sur le visage du contrôleur, comme pour dire : ça y est, j’ai gagné, je t’ai eu, tu méritais de ne pas concourir, je suis le sauveur qui a découvert l’erreur. Regardez les images, il rayonnait de bonheur. Il n’y a pas de place pour ce genre de comportement dans une compétition de ce calibre ! En général, il y a beaucoup de jalousie, ainsi que des provocations, des photos et des messages au contrôleur l’accusant de tricherie, ou des questions anodines sur le type de skis qu’il utilise et le contenu de ses chaussures. »
🇷🇺 Russie : une délégation fournie aux Jeux paralympiques
Une dizaine d’athlètes russes devraient prendre part aux Jeux olympiques 2026. Parmi eux, les fondeurs Saveliy Korostelev et Daria Nepryaeva, qui comptent chacun 12 départs en coupe du monde depuis le 13 décembre, avec trois top 10 pour elle et cinq pour lui (dont un sur le général du Tour de Ski). Comme depuis leur retour sur le circuit mondial, ils concourront sous bannière neutre.

Pour les Jeux paralympiques en revanche, les Russes pourront brandir leurs couleurs et entendre leur hymne en cas de médaille d’or. Si le TAS (Tribunal arbitral du sport) n’a pas encore statué sur le statut des biathlètes et qu’aucun Russe ne concourra en curling fauteuil et en hockey luge, la délégation devrait tout de même être fournie. « Il pourrait y avoir une quarantaine d’athlètes en para ski de fond, para ski alpin et para snowboard », a annoncé le 20 janvier Pavel Rozhkov, président du comité paralympique russe, sur Match TV.

Ces Jeux paralympiques d’hiver seront les premiers pour des athlètes russes et bélarusses depuis 2018. En 2022, l’invasion russe en Ukraine quelques jours avant le début de la compétition, et les menaces de boycott de nombreuses nations européennes, avaient contraint l’IPC à bannir la Russie et le Bélarus. À Pékin, la délégation était alors forte de 71 sportifs.
🇦🇺 Australie : quatrièmes Jeux pour Phil Belligham… mais dans un nouveau sport
Si 53 athlètes composeront la délégation australienne pour les JO 2026, sept d’entre eux seront engagés en ski de fond. Un record. Parmi eux, « Lars Young Vik marche sur les traces de son oncle Bjarte Engen Vik, quadruple médaillé olympique pour la Norvège », indique le comité olympique australien. Vice-championne du monde junior de l’individuel skate, Rosie Fordham sera la leader du collectif océanien. Elle sera accompagnée d’Ellen Soehol Lie, Maddie Hooker, Phoebe Cridland, Seve de Campo, Hugo Sebastian Hinckfuss.

Après trois participations olympiques comme fondeur, Phil Bellingham s’est lui réorienté vers le ski alpinisme, sport qui fera ses débuts. « Être sélectionné dans un autre sport représente beaucoup pour moi, a-t-il témoigné auprès de son CNO. Le parcours a été long et enrichissant. J’ai dû repartir de zéro, travailler les fondamentaux et me reconstruire entièrement. Mais ce processus a aussi été très stimulant, car j’ai constaté des progrès rapides et cela représentait un nouveau défi par rapport à ce que je faisais depuis si longtemps. »
Une pratique qu’il a réalisé en parallèle de sa carrière en ski de fond (31 départs en coupe du monde depuis Pékin 2022). Il compte pour meilleur résultat en ski-alpinisme une 41e place. À Bormio (le site de compétition olympique), il prendra part au sprint et au relais mixte.

La sélection est complétée par la biathlète Darcie Morton, 29 départs en coupe du monde et qui compte pour meilleur résultat une 56e place. Elle sera engagée sur l’individuel et le sprint.
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